L'agneau sacrificiel d’un coup d’état institutionnel manqué dans l’ombre du palais no comment
- Mathieu Nathanael NJOG

- 2 juil.
- 4 min de lecture
AFFAIRE OSWALDE BABOKE
Ce qui s'est joué ces derniers jours à la Cameroon Radio Television (CRTV), le média de garnison du régime, n’est pas un simple dysfonctionnement technique ou une fausse alerte de réseaux sociaux. Non. C’est le frisson glacial d'un séisme politique majeur : une tentative de coup d’État institutionnel, minutieusement programmée, qui vient de buter sur les ultimes verrous du sanctuaire présidentiel. Alors que le mystère est entretenu sur le décret du remaniement, des sources concordantes et foudroyantes révèlent que le décret de la vice-présidence portait un nom, un seul : Oswalde Baboke, l’actuel Directeur Adjoint du Cabinet Civil de la Présidence de la République. Que doit-on comprendre ?

Le Cameroun d'Etoudi ne dort plus. Il somnambule dans les couloirs du temps, bercé par le cliquetis des dagues que l'on aiguise dans l'ombre. Au centre de ce cyclone de velours et de sang : deux décrets présidentiels fantômes. Le premier nommait un vice-président de la République, figure légale de la succession dauphinale et le second redessinait entièrement l’architecture du futur gouvernement. Deux textes d'une gravité absolue que la tour de Mballa II s'est abstenue de lire in extremis, saisie par un effroi de dernière minute. Alors que le contenu exact du remaniement est resté sous boisseau, des sources concordantes et foudroyantes révèlent que le décret de la vice-présidence portait le nom d’Oswalde Baboke, l’actuel Directeur Adjoint du Cabinet Civil de la Présidence de la République. Pour les sémiologues des arcanes de notre faune politique, à l’instar de Valère Bessala, énarque déchu et Président de parti politique Jouvence, dont le franc-parlé est légendaire, le constat est sans nuance : Baboke, qu’il ne porte pourtant pas dans son cœur, est le grand sacrifié de cette guerre des clans. Car ces décrets, soutient Bessala avec la précision d'un horloger du droit administratif, n'avaient rien de la vulgaire contrefaçon internet : leur immatriculation chronologique respectait scrupuleusement la nomenclature officielle d'Etoudi. Ils étaient vrais dans leur genèse, mais avortés dans leur exécution. Face à ce tsunami, les voix s’élèvent pour dénoncer une manipulation de haute voltige. Le Dr Chuo Walters, analyste rigoureux des usages de l’État, rappelle à juste titre que l'annonce d'un décret présidentiel à la radio nationale répond à un protocole hautement sécurisé, quasi liturgique : acheminement par le service du courrier de la Présidence sous pli scellé, ouverture solennelle de l'enveloppe officielle en présence physique du Directeur Général de la CRTV, et lecture en direct par des journalistes dûment mandatés et triés sur le volet.
La mécanique de la « Cabale Noire »
La diffusion ou le blocage de ces documents ne relève donc en rien de l’amateurisme d'un blogueur en mal de sensations. Nous sommes en présence d’une « cabale noire », orchestrée par des officines de l’ombre et des cabinets noirs qui ont décidé de jeter Oswalde Baboke en pâture à la vindicte populaire. L’objectif est limpide : brûler les ailes de ce haut commis de l'État en le plaçant, de gré ou de force, dans la posture de l’usurpateur ou de l’ambitieux pressé, afin de le disqualifier définitivement de la course au sommet. Surtout qu’on le sait très proche de la Première Dame, Chantal Biya. Il faut dire que depuis quelques mois, le ciel s’est singulièrement assombri au-dessus de la tête d’Oswalde Baboke. L'homme, d'ordinaire réputé discret, pondéré et viscéralement patriote, voit son nom jeté dans des dossiers d'une singulière toxicité. Les « bookmakers » de la République et du sport l’accusent d'être l'un des soutiens indéfectibles et occultes de Samuel Eto’o Fils, le Président de la Fecafoot, aujourd'hui cloué au pilori par une partie de l'establishment. Plus grave encore, des rumeurs persistantes l'associent à des affaires peu orthodoxes d'exploitation et de vente d'or à l'Est du pays, sa région d'origine. Un enrichissement jugé « incompréhensible » par ses détracteurs, qui pointent du doigt une contradiction flagrante avec ses attributs de pasteur d’une église de réveil. Sa dernière tribune spirituelle résonne d'ailleurs comme une étrange et prémonitoire confession. En pleine prédication, l'homme de Dieu enseignait à ses fidèles qu'il faut « délaisser l'or et rechercher avant tout le Royaume des cieux », assénant cette formule terrible : « L'argent est pour le diable ».

Indira Baboke : dégât collatérale ?
Prêchait-il pour exorciser les démons politiques qui le traquent, ou pour envoyer un signal de détachement à ceux qui veulent sa peau ? Quand la politique des adultes s'avère impuissante à détruire un homme, elle s'attaque à sa chair. Livré à la vindicte, Oswalde Baboke commence à payer le prix du sang à travers sa famille. Il y a quelques heures, sa fille, la jeune artiste de gospel et jeune médecin Indira Baboke, a été la cible d'une lâche et violente agression à Dubaï. L’indignation est générale, mais la colère de la famille est volcanique. « Nous sommes très fiers de notre fille. Elle est le symbole de la réussite et du travail. Elle allie son activité de louange au Seigneur avec des études de médecine. Nous n'allons pas nous laisser faire. Notre famille a des personnes pour nous défendre et tenez-le pour dit... », tempête dans les réseaux sociaux un proche de la famille sous le choc. La réalité sur Indira Baboke est en effet à mille lieues du portrait de « vendeuse d'or » dessiné par un harcèlement extraordinaire de lanceurs d'alerte stipendiés. Après l'obtention de son doctorat en médecine l'année dernière à Yaoundé, la jeune femme s'est envolée pour les Émirats Arabes Unis afin de s'inscrire en Master en Intelligence Artificielle et Informatique Médicale au Thumbay College of Management and AI Healthcare à Ajman, visant une spécialisation d'élite en chirurgie robotique. Les vérifications officielles sont formelles : ni son nom, ni celui de ses parents n'apparaissent dans les registres des entreprises aurifères du Ministère des Mines et du Développement technologique (MINMIDT). Cette agression physique n'est que le bras armé de la cabale psychologique initiée au pays. Derrière ce théâtre d'ombres, une question taboue brûle désormais toutes les lèvres à Yaoundé : Oswalde Baboke doit-il dorénavant se méfier de sa très forte proximité avec la Première Dame, Chantal Biya ? Au sein du sérail, les murmures se font assassins.
Mathieu Nathanaël NJOG



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