Polémique autour du remplacement du Chef de l'Antenne Protocolaire et Consulaire du Littoral
- Mathieu Nathanael NJOG

- 21 mars
- 3 min de lecture
MINISTERE DES RELATIONS EXTERIEURES
La salle de banquet des Services du Gouverneur de la Région du Littoral a servi de cadre, le 10 mars 2026, à la cérémonie d’installation de Madame Dangezana épouse Essimi, Ministre plénipotentiaire, au poste de Chef d’Antenne Protocolaire et Consulaire par intérim du Ministère des Relations Extérieures à Douala.

Dans une ambiance sobre, le Gouverneur de la Région du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua a présidé le 10 mars 2026, dans la salle de conférence de ses Services la cérémonie d’installation de Mme Dangezana épse Essimi, Ministre plénipotentiaire en qualité de Chef de l'Antenne Protocolaire et Consulaire par intérim du Ministère des Relations Extérieures à Douala. C’était en présence du Représentant du Président du Conseil Régional du Littoral, du Préfet du Département du Wouri, du Maire de la ville de Douala, du Chef de Mission du Minrex, du Procureur près la Cour d'Appel du Littoral, de l'Avocat Général, des membres du corps diplomatique basé à Douala. Celle qui cumule avec ses fonctions de Chef de poste E-Visa à l'Aéroport International de Douala remplace Simon Pierre Omgba Mbida rappelé à d’autres fonction par le Ministre des Relations Extérieures, Lejeune Mbella Mbella, quelques jours après avoir accordé une interview à la chaine de télévision Canal 2 International dans laquelle il a critiqué l'attaque de l'Iran par Israël avec le soutien des USA le 28 février 2026.
Dans son discours d’installation, le Gouverneur de la région a rappelé que le personnel des institutions diplomatiques doit faire preuve de « réserve et de discrétion ». Levant le voile sur la vive polémique que suscite cette décision sous fond de sanction. Certains observateurs soutiennent que ces déclarations sont incompatibles avec l’obligation de réserve qui s’impose aux diplomates. Ainsi sur le plan administratif, la mesure peut être interprétée comme un rappel classique à la discipline dans un corps où la parole publique est strictement encadrée. Ainsi, plusieurs soutiennent que la décision est triste, mais elle est en accord avec le positionnement diplomatique du Cameroun sur la scène internationale. Il repose sur la non-ingérence et le non-alignement. C'est ce qui explique le mutisme de la diplomatie camerounaise sur des questions clés de la scène internationale. Précisant que, lorsque le théâtre international devient une « scène internationale » (contexte de guerre) les postures diplomatiques sont extrêmement contrôlées et alignées.
Ils sont arrivés à la conclusion que : « Malheureusement, le diplomate camerounais investi d'une mission diplomatique de par sa fonction a tenu des propos contraires à la posture de son pays sur la scène internationale ». Et d’ajouter que : « On peut critiquer la décision, mais elle est tout à fait en accord avec la politique diplomatique et la posture du Cameroun sur les questions internationales ». Toutefois, ils soulèvent une question de fond. Celle de savoir : « Si cette posture n'est pas désuète ». A contrario, d’autres y voient en cette sanction une affaire qui va au-delà du simple cadre administratif. Une lecture de l’aspect juridique soulève une question de parallélisme des formes qui aurait été violé. Du fait que la nomination du diplomate a été faite par décret présidentiel, mais curieusement sa révocation qui aurait dû suivre la même procédure a été faite par arrêté ministériel. La dimension politique n’est pas en reste, comme en témoigne la réaction du Professeur Claude Abé, Sociologue et Coordonnateur d’un Comité Ad hoc de la formation politique : le Parti des Démocrates Camerounais (PDC) qui dénonce cette sanction qu’il qualifie « d’abus de pouvoir » et y voit une atteinte grave à la liberté d’expression. Une sortie qui se justifie au regard de ce que Simon Pierre Omgba Mbida est le fils de feu André-Marie Mbida, figure historique de la vie politique camerounaise. Non seulement, il a inauguré la fonction de Premier Ministre avant les indépendances, mais encore, il était fondateur du PDC.
Mathieu Nathanaêl NJOG



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