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Le Groupe chinois CFHEC décroche le premier marché de 18,6 milliards de FCFA

27 juil.
9 min de lecture

Dernière mise à jour : 29 juil.


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BRT DE DOUALA


Après plusieurs années d’incertitudes administratives, d'études techniques et de négociations financières, le projet de Bus Rapid Transit (BRT) de la capitale économique camerounaise franchit une étape décisive. L’entreprise China First Highway Engineering Company (CFHEC) s'est vu attribuer le premier marché d’aménagements routiers pour un montant de 18,6 milliards de FCFA.


Le dossier du Bus Rapid Transit (BRT) de Douala entre progressivement dans sa phase opérationnelle. Le 14 juillet 2026, la société chinoise China First Highway Engineering Company (CFHEC) a été officiellement désignée adjudicataire du premier lot des travaux d'infrastructures pour une enveloppe globale de 18,6 milliards de FCFA. Ce premier marché porte sur la réhabilitation et l'aménagement de 12,6 kilomètres de voiries structurantes sur un total prévu de 28,2 km. Le cahier des charges confié à la CFHEC comprend notamment : - La réfection et le recalibrage des chaussées destinées à accueillir les futurs couloirs ; - La construction de trottoirs sécurisés et le curage ou l'aménagement du réseau d'assainissement (caniveaux) ; - L'installation d'abris-bus, de feux tricolores de régulation et d’un nouveau dispositif de signalisation routière ; - Le déploiement d'un réseau d'éclairage public alimenté à l'énergie solaire. Le contrat stipule un délai d'exécution de 18 mois, bien que la date précise du premier coup de pioche sur le terrain n'ait pas encore été annoncée par les autorités urbaines. L'objectif à terme est de doter la capitale économique du Cameroun d'un système de transport de masse moderne et décarboné, capable d'offrir une alternative crédible à la saturation routière chronique.

Le projet est louable dans son intention de fluidifier nos déplacements dans cette capitale économique à l'agonie respiratoire. Mais encore faudrait-il savoir de quoi l'on parle exactement quand on extrait des tiroirs ministériels des projections sorties de la baguette magique de théoriciens du transport. Dans un élan d'optimisme béat, on nous assène des chiffres harmonieusement alignés : 4 lignes structurantes, 28 kilomètres de couloirs strictement réservés, 48 stations modernes et 5 gares multimodales. C’est magnifique sur le papier ! C’est d’une précision chirurgicale... pour un jeu de Monopoly. Mais Douala n’est pas un plateau en carton, c’est un monstre urbain vivant. Sur la carte, le tracé est fluide, élégant, presque poétique. Sur le terrain, Douala reste ce territoire tentaculaire où l'incivisme routier le dispute à l'anarchie foncière. Comment compte-t-on insérer 28 kilomètres de voies réservées exclusives dans un tissu urbain déjà congestionné jusqu'à la moelle, où le moindre mètre carré de trottoir est d'ores et déjà confisqué par le commerce informel, les étals de brochettes, les conteneurs sauvages et les dépôts de pneus ? Car qui dit des kilomètres d'aménagements lourds au cœur de Douala dit inévitablement des embouteillages dantesques, des déviations improvisées dans la boue et des heures perdues dans la poussière.

 

 

L'épreuve du feu pour la capitale économique

La transformation d’une métropole ne se fait certes pas sans casse ni grincements de dents. On nous lance sur le visage sans sourciller qu’on ne fait des omelettes sans casser les œufs. La modernisation des transports collectifs est une urgence absolue si l'on veut éviter le carambolage systémique. Le système BRT constitue le volet central du Plan de Mobilité Urbaine Soutenable (PMUS) de la ville de Douala, initié en décembre 2017 sous le programme MobiliseYourCity a été approuvé en juillet 2019 pour une enveloppe globale de 335,3 milliards de FCFA. Pour réaliser cet exploit, l'édile de la ville, Roger Mbassa Ndine, qui est en fin de son premier mandat, en espérant qu’il ait un second pour parachever cet œuvre gigantesque monte régulièrement au créneau. À chaque sortie médiatique, l'honorable Maire nous rejoue la partition de l'optimisme managérial : « Nous avons élaboré un plan pour optimiser l’utilisation du financement déjà disponible pour le projet BRT », martèle-t-il avec la sérénité du timonier qui a vu passer bien des tempêtes administratives. Sept ans ? Dix ans ? Onze ans ? Les historiens de la bureaucratie camerounaise finiront par se perdre dans le décompte exact du temps écoulé depuis la toute première annonce du projet BRT.

Chaque Ministre qui passe y va de sa promesse solennelle, chaque mission d'évaluation de la Banque Mondiale rajoute une couche d'études d'impact socio-environnemental, et chaque Maire ajuste le chronomètre. Mais le plus délectable dans cette attribution du 14 juillet 2026 reste le grand mystère entourant le premier coup de pioche. La société chinoise CFHEC a le marché en poche, le chèque de 18,6 milliards de FCFA est prêt à être décaissé, le délai contractuel de 18 mois est gravé dans le marbre des conventions... mais aucune date officielle de démarrage effectif des travaux n'a été communiquée ! Pour le Maire de la ville, Roger Mbassa Ndine, l'aboutissement de ce processus d'attribution concrétise un plan d'optimisation des financements mobilisés auprès des bailleurs de fonds, notamment la Banque mondiale. L'entreprise adjudicataire, déjà rompue aux grands chantiers d'infrastructures en Afrique, est désormais attendue au tournant de l'exécution dans les délais impartis. Au-delà de l'exécution technique des 12,6 km attribués à la CFHEC, la CUD et les administrations partenaires devront coordonner la libération des emprises routières, la déviation provisoire du trafic dans les zones à forte congestion (Akwa, Ndokoti, Bonanjo) et le déplacement préalable des réseaux d'eau, d'électricité et de télécommunications.


Défis logistiques et incertitudes sur le calendrier

Mais en tant que futur usager, modeste bétail urbain quotidiennement broyé par les embouteillages d'Akwa, de Ndokoti ou de la Pénétrante Est, une interrogation piquante brûle les lèvres : Mais où allons-nous donc bien passer pendant ces dix-huit mois de chantiers annoncés ? En attendant que les premiers bus articulés ne viennent fendre la cohue d'Akwa, il nous reste la patience, la prière et l'humour noir. Roger Mbassa Ndine et la CFHEC pour ce lot 1 sont désormais au pied du mur ou plutôt au pied de la chaussée. Il ne reste plus qu'à transformer l'essai.  Selon les projections de la Communauté Urbaine de Douala (CUD), ce réseau exclusif doit permettre de réduire significativement les temps de parcours entre les principaux bassins de vie et zones d'activités (Akwa, Ndokoti, Bonanjo, Pénétrante Est). Les Doualais ont déjà trop attendu ! Il faut dire que cette attribution concrétise une démarche institutionnelle initiée plusieurs années auparavant pour moderniser les transports de la métropole. Le projet s'inscrit dans la continuité des décrets présidentiels N°2024/307 et N°2024/308 signés le 22 juillet 2024 par le Président de la République, Paul Biya. Ces actes présidentiels avaient habilité le Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT), Alamine Ousmane Mey, à conclure deux accords de crédit d'un montant total de 261 milliards de FCFA auprès du Groupe de la Banque Mondiale.

La signature de ces accords avait permis de pérenniser les financements approuvés initialement en juin 2022 par le Conseil d’Administration de la Banque Mondiale. Dans le cadre de ce programme de Mobilité Urbaine Durable, la CUD a également mobilisé une contrepartie financière évaluée à 12,4 milliards de FCFA, dédiée principalement à l'indemnisation et à la réinstallation des personnes impactées par le tracé. Outre le BRT, le Schéma Directeur de Mobilité prévoit à terme des partenariats public-privé (PPP) à hauteur de 62,1 milliards de FCFA pour restructurer la Société Camerounaise du Transport Urbain (SOCATUR), développer une ligne de tramway de 18,5 km (Bekoko - Bonabéri - Agip), implanter un transport par câble (Cableway) de 10 km et aménager des voies de contournement sur les berges du Wouri. Mais à Douala, la mémoire collective est échaudée par des chantiers éternels, ces « éléphants blancs » ou ces tronçons routiers livrés avec des années de retard et des surcoûts budgétaires abyssaux. Pendant que la diplomatie des chantiers s'active entre la Communauté Urbaine de Douala, les institutions de Breton Wood, et l’entreprise adjudicataire, le citoyen lambda, lui, se demande à quelle sauce il sera mangé durant les deux prochaines années.

Mathieu Nathanaël NJOG & André Som N.

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Il fallait voir avec quelle componction solennelle les dépêches officielles et les communiqués lissés au papier glacé nous ont annoncé la grande nouvelle ce 14 juillet 2026. L’entreprise China First Highway Engineering Company (CFHEC) a décroché le pompon. C'est le premier lot routier d’une saga à rebondissements qui menace de rivaliser avec les plus longues séries télévisées mexicaines. On nous promet l’Éden sur terre : des trottoirs tout neufs pour que le piéton ne se fasse plus faucher par un « bend-skin » téméraire, des caniveaux curés pour accueillir les pluies diluviennes de Bonanjo, un éclairage solaire pour dissiper les ténèbres de nos nuits d'insécurité, des feux tricolores rutilants et des abris-bus où l’on pourra attendre, sous une brise imaginaire, des véhicules qui ne sont pas arrivés au port de Douala-Bonaberi. C’est beau comme un conte de fées comptable. On en viendrait presque à écraser une larme de soulagement sur le pare-brise fissuré d'un taxi jaune. Mais en tant que futur usager, modeste bétail urbain quotidiennement broyé par les embouteillages d'Akwa, de Ndokoti ou de la Pénétrante Est, une interrogation piquante me brûle les lèvres : mais où allons-nous donc bien passer pendant ces dix-huit mois de chantiers annoncés ?

 

L'épreuve du feu pour la capitale économique

Car enfin, louable est l'intention de fluidifier nos déplacements dans cette capitale économique à l'agonie respiratoire. Mais encore faudrait-il savoir de quoi l'on parle exactement quand on extrait des tiroirs ministériels des projections sorties de la baguette magique de théoriciens du transport. Dans un élan d'optimisme béat, on nous assène des chiffres harmonieusement alignés : 4 lignes structurantes, 28 kilomètres de couloirs strictement réservés, 48 stations modernes et 5 gares multimodales. C’est magnifique sur le papier ! C’est d’une précision chirurgicale... pour un jeu de Monopoly. Mais Douala n’est pas un plateau en carton, c’est un monstre urbain vivant. Sur la carte, le tracé est fluide, élégant, presque poétique. Sur le terrain, Douala reste ce territoire tentaculaire où l'incivisme routier le dispute à l'anarchie foncière. Comment compte-t-on insérer 28 kilomètres de voies réservées exclusives dans un tissu urbain déjà congestionné jusqu'à la moelle, où le moindre mètre carré de trottoir est d'ores et déjà confisqué par le commerce informel, les étals de brochettes, les conteneurs sauvages et les dépôts de pneus ?

Pour réaliser cet exploit, l'édile de la ville, Roger Mbassa Ndine, qui est en fin de son premier mandat, en espérant qu’il ait un second pour parachever cet œuvre gigantesque monte régulièrement au créneau. À chaque sortie médiatique, l'honorable Maire nous rejoue la partition de l'optimisme managérial : « Nous avons élaboré un plan pour optimiser l’utilisation du financement déjà disponible pour le projet BRT », martèle-t-il avec la sérénité du timonier qui a vu passer bien des tempêtes administratives. Sept ans ? Dix ans ? Onze ans ? Les historiens de la bureaucratie camerounaise finiront par se perdre dans le décompte exact du temps écoulé depuis la toute première annonce du projet BRT. Chaque Ministre qui passe y va de sa promesse solennelle, chaque mission d'évaluation de la Banque Mondiale rajoute une couche d'études d'impact socio-environnemental, et chaque Maire ajuste le chronomètre. Mais le plus délectable dans cette attribution du 14 juillet 2026 reste le grand mystère entourant le premier coup de pioche. La société chinoise CFHEC a le marché en poche, le chèque de 18,6 milliards de FCFA est prêt à être décaissé, le délai contractuel de 18 mois est gravé dans le marbre des conventions... mais aucune date officielle de démarrage effectif des travaux n'a été communiquée !

 

Rendez-vous dans dix-huit mois... ou plus ?

On attribue, on célèbre, on signe des paraphes au champagne, mais quant à savoir quel jour précis le premier engin de chantier viendra bloquer le carrefour Makepe ou paralyser le boulevard de la Liberté, mystère et boule de gomme ! C'est la signature de la maison : on lance le projet avec faste, et l'on laisse les usagers dans l'attente contemplative. Pendant que la diplomatie des chantiers s'active entre la Communauté Urbaine de Douala et Beijing, le citoyen lambda, lui, se demande à quelle sauce il sera mangé durant les deux prochaines années. Car qui dit 12,6 km d'aménagements lourds au cœur de Douala dit inévitablement des embouteillages dantesques, des déviations improvisées dans la boue et des heures perdues dans la poussière. On vous dire qu’on ne fait des omelettes sans casser les œufs. La transformation d’une métropole ne se fait certes pas sans casse ni grincements de dents. La modernisation des transports collectifs est une urgence absolue si l'on veut éviter le carambolage systémique. Mais à Douala, la mémoire collective est échaudée par des chantiers éternels, ces « éléphants blancs » ou ces tronçons routiers livrés avec des années de retard et des surcoûts budgétaires abyssaux.

L'entreprise CFHEC n'en est pas à son coup d'essai sur le continent africain, et personne ne remet en doute sa capacité technique à couler du béton ou à poser du bitume. La question fondamentale réside dans la gouvernance globale du projet et la gestion des réseaux concessionnaires. A-t-on pensé à déplacer les tuyaux de la Camwater et les câbles d'Eneo avant de poser l'enrobée, ou assistera-t-on au spectacle habituel du bitume tout neuf creusé trois semaines après sa livraison pour réparer une fuite d'eau ? Les grincheux diraient qu'il vaut mieux un projet qui piétine qu'un projet enterré. Ne boudons pas totalement notre plaisir : voir 18,6 milliards de FCFA s'engager concrètement sur le terrain est une avancée que l'on n'osait plus espérer. Si les 48 stations, les 5 gares multimodales et l'éclairage solaire voient effectivement le jour dans les temps impartis, Douala fera un pas décisif vers la modernité urbaine. En attendant que les premiers bus articulés ne viennent fendre la cohue d'Akwa, il nous reste la patience, la prière et l'humour noir. Roger Mbassa Ndine et la CFHEC sont désormais au pied du mur ou plutôt au pied de la chaussée. Les 18,6 milliards de FCFA sont sur la table, la promesse est publique. Il ne reste plus qu'à transformer l'essai. Mais de grâce, messieurs les décideurs, ne nous rejouez pas le coup de l'Arlésienne : les Doualais ont déjà trop marché !

André Som N.


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