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22 milliards de FCFA pour accueillir 09 personnes secrètement expulsées par États-Unis ?

MIGRATION

L'administration Trump a expulsé secrètement le 14 janvier 2026, neuf (09) personnes vers le Cameroun, malgré le fait que plusieurs d'entre elles bénéficiaient de protections accordées par des tribunaux américains contre une telle mesure et qu'aucune d'elles n'était originaire du Cameroun, a rapporté le New York Times dans son édition du samedi 14 février.



Menottés et enchaînés, neuf (09) hommes et des femmes ont été expulsés au Cameroun dans un vol du 14 janvier 2026 en provenance d'Alexandria, en Louisiane, révèle le journal Américain « The New Tork Time » dans son édition du samedi 14 février. Selon des documents gouvernementaux consultés par ledit journal pour vérifier leurs expulsions et leur statut de protection, le journal atteste que la plupart bénéficiaient d’une protection contre l’expulsion. Et que l'Administration du Président Donald Trump n'a encore aucun accord officiel signé par lequel le Cameroun aurait accepté d'accueillir des personnes expulsées par des Etats-Unis. Selon le journal américain, les personnes ainsi expulsés et qui seraient placés en détention à leur arrivée au Cameroun ne seraient pas de nationalité Camerounaise. Depuis la révélation de cette affaire, le Department of Homeland Security (DHS) et le Ministère des Relations Extérieures (MINREX) du Cameroun n'ont pas encore répondu aux demandes de commentaires sollicitées par les confrères étrangers. En se référant aux documents gouvernementaux et au avocats des personnes expulsées, la presse américaine indique que certains des neuf (09) personnes expulsées des Etats-Unis vers le Cameroun bénéficiaient d’ordonnances judiciaires les protégeant de leur renvoi dans leur pays d’origine ; mieux contre une telle mesure et qu’aucune n’était originaire du Cameroun.

Les organisations de Défenses des Droits de l’Homme à l’instar de l’ONG Un Monde Avenir qui a un volet sur la Défense de l’Immigration sont préoccupées par cette révélation. Pour l’instant, les interrogations fusent sur les raisons qui ont contraints le Cameroun a accepté d’accueillir ces expulsés. Les observateurs avertis se demandent si le Cameroun a reçu une quelconque contrepartie pour être le pays destinataire de cette vague des expulsés. Surtout que certains, soupçonnent le gouvernement américain d’avoir versé plus de 40 millions de dollars (environ 22 milliards de FCFA) aux pays d’accueil. Un montant qu’une enquête de la Commission des Affaires Etrangères du Sénat, d’après publiée vendredi 13 février 2026, aurait révélé comme étant contenu dans le cadre des accords d’expulsion « tacite » avec des pays tiers acceptant d’accueillir ces expulsés. Le journal américain a eu des entretiens téléphoniques avec quatre passagers du vol concerné et leurs avocats. Les migrants ont témoigné sous couvert d’anonymat, par crainte de représailles. Les personnes expulsées ont décrit un sentiment de traumatisme et d’épuisement face à l’incertitude dans laquelle elles se trouvent désormais. Ils ont raconté avoir été transférés de force par des Agents du Département de la Sécurité Intérieure depuis différents centres de détention pour migrants à travers le pays – où certains étaient détenus depuis plus d’un an – jusqu’à Alexandria, l’un des principaux centres d’expulsion de l’administration Trump, sans aucune information sur leur destination.



Des expulsés ou des colis encombrants

Selon, l’un d’eux d’origine zimbabwéen de 37 ans, il a comparé l’expulsion à une opération de trafic d’êtres humains et a déclaré que lui et les autres migrants avaient été « déposés comme des colis » au Cameroun. Après avoir vécu aux États-Unis depuis 15 ans, cet homme affirme que les autorités camerounaises les pressaient de retourner dans leur pays d’origine. Or pour son cas, il dit avoir quitté le Zimbabwe après avoir été arrêté pour avoir refusé de s’enrôler dans l’armée et craindre pour sa vie s’il y retournait. Le Conseil de ces migrants, Joseph Awah Fru, un Avocat au Barreau du Cameroun a déclaré que dans les négociations avec les autorités locales, deux (02) des neuf (09) personnes arrivées au Cameroun par ce vol avaient choisi de retourner dans leur pays d’origine. Et de poursuivre que huit (08) des neuf (09) migrants, bénéficiaient de la protection contre l’expulsion accordée aux personnes pouvant convaincre un tribunal qu’elles risquent d’être persécutées si elles sont renvoyées dans leur pays d’origine. Parmi ces personnes expulsées actuellement détenues à Yaoundé figurent des individus qui affirment avoir échappé à l’emprisonnement pour leurs convictions politiques, avoir survécu à des guerres ou avoir fui des pays où leur orientation sexuelle est criminalisée. Mais beaucoup ont déclaré que rentrer dans leur pays serait dangereux pour leur vie.

Rappelons que l’Administration Trump a de plus en plus recours à l’expulsion de migrants vers des pays autres que le leur. Il s’agit d’un moyen non seulement de dissuader les migrants de choisir la destination des États-Unis, mais aussi d’expulser rapidement celles qu’il serait difficile de renvoyer dans leur pays d’origine pour diverses raisons, notamment l’absence de relations diplomatiques ou la difficulté d’obtenir des documents de voyage. Certaines personnes expulsées par les États-Unis vers des pays tiers dans le cadre d’accords secrets ont été renvoyées dans les pays qu’elles avaient fui. L’année dernière, plusieurs pays à l’instar de la Guinée-Equatoriale qui avait accueilli aussi neuf (09) expulsés. Huit (08) des neuf (09) migrants expulsés vers dans leur pays d’origine, dont un demandeur d’asile, dans le cadre d’un autre accord non rendu public.  C’est ainsi que l’immigration est passé de 81% durant l’année fiscale 2019 à 62% pour l’année fiscale 2020. Les Camerounais, ainsi que les demandeurs d’asile d’autres pays d’Afrique, ont été de plus en plus systématiquement placés en détention sous l’administration Trump. Des études ont permis d’établir que les immigrants placés en détention étaient en général moins susceptibles de recevoir une assistance juridique et d’obtenir l’asile ou d’autres formes de protection contre une éventuelle expulsion. L’administration Trump a également apporté de nombreuses modifications au système d’octroi de l’asile, destinées à rendre extrêmement difficile l’obtention de l’asile par qui que ce soit. En 2020, deux vols aveint ramené au Cameroun des personnes expulsées des États-Unis, plus précisément le 13 octobre et le 11 novembre, auraient transporté respectivement 57 et 37 Camerounais. Ces 94 Camerounais expulsés par l’ICE dépassaient déjà le nombre total des ressortissants camerounais renvoyés par l’ICE au Cameroun lors des années fiscales 2020 (49), 2019 (74) et 2018 (68).



Delphine M. N. Nkengni (Stagiaire)

 
 
 

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