AFRIQUE CENTRALE La FAO aide les villes côtières à faire face aux menaces des changements climatiques
- Mathieu Nathanael NJOG

- 19 déc. 2025
- 4 min de lecture
AFRIQUE CENTRALE |
Douala a abrité les 18 et 19 décembre 2025, le Forum sous-régional sur le renforcement de la résilience aux changements climatiques des villes et écosystèmes côtiers des pays d’Afrique centrale élargie au Burundi. Il était question de trouver les solutions visant à améliorer les conditions de vie des populations et promouvoir une coopération transfrontalière pour une gestion durable et inclusive des zones côtières.

Les pays d’Afrique centrale comptabilisent près de 3 600 Km de littoral et 1 223 675 Km² de zones économiques exclusives. Cette bande côtière regroupe douze (12) villes dans six (06) pays à savoir Mayumba, Port gentil, Libreville et Coco Beach au Gabon ; Bata et Malabo en Guinée Equatoriale ; Sao Tomé et San Antonio à Sao Tomé et Principe ; Banana en République Démocratique du Congo ; Pointe Noire au Congo ; Kribi et Douala au Cameroun. A ces 12 villes s’ajoutent Bujumbura et Rumonge au Burundi compte tenu des similitudes observées sur les rives du Lac Tanganyika. Il accueille environ 70 % de la population globale de la sous-région. Cet écosystème très varié et riche abrite des forêts de mangroves, des récifs coralliens et des herbiers marins qui hébergent de nombreuses espèces animales et végétales. Cet écosystème côtier est important pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle, le travail et les revenus des populations locales et abrite des secteurs économiques extrêmement importants, tels que le transport maritime, la pêche, le tourisme, l’agriculture et l’énergie. En somme, il est le substrat de la prospérité économique et du développement social et culturel. « En dépit de leur importance, les villes et les écosystèmes côtiers sont et restent l’une des zones les plus vulnérables aux risques climatiques avec des inondations répétées et la perte d’habitations, de moyens de production, de bâtiments commerciaux, des services de base, des emplois et l’endommagement des infrastructures de transport », a déclaré Oumar Ndiaye, le représentant du Coordonnateur sous-régional de la FAO en Afrique centrale, Dr Athman Mravili (empêché).
Voilà pourquoi, la conférence de Belém sur les changements climatiques, ou la COP30 qui s'est achevée le 22 novembre 2025 par un appel à atténuer et inverser les dommages causés par la péjoration climatique à travers l’érosion côtière et par un accord appelant à tripler le financement accordé aux pays en développement afin de protéger leurs populations contre les effets croissants de la crise climatique. C’est fort de ces recommandations que l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), en partenariat avec ses partenaires sous-régionaux (COMIFAC, CEEAC), a organisé du 18 au 19 décembre 2025 à Douala, un Forum sous-régional sur le renforcement de la résilience au changement climatique des villes et écosystèmes côtiers des pays d’Afrique centrale (Gabon, Cameroun, Congo, Sao Tomé-et-Principe, Guinée Équatoriale, République Démocratique du Congo) et du Burundi. Il a réuni des participants venant de tous ces pays, dont des Maires des villes côtières, des cadres ministériels, des experts, des Organisations sous-régionales et des organisations de la société civile. Les échanges porteront principalement sur : - les vulnérabilités des zones côtières : élévation du niveau de la mer, inondations, érosion, perte de biodiversité ; - Le partage des meilleures pratiques en gouvernance adaptative ; - La mobilisation des ressources pour la résilience climatique ; et – La création d’un réseau sous-régional et d’une plateforme d’échanges. « L’objet général de ce forum est de renforcer la résilience des villes côtières des pays d’Afrique centrale face au changement climatique et améliorer les conditions de vie et le bien-être de leurs habitants », a précisé Oumar Ndiaye, Chef de Section des Terres & Eaux au Bureau sous régional de la FAO.

Les participants ont pendant deux jours : - Examiné les vulnérabilités spécifiques des zones côtières d’Afrique centrale face au changement climatique, notamment l'élévation du niveau de la mer, les submersions marines, les inondations, l'érosion, la perte des terroirs agricoles et de biodiversité et les événements extrêmes ; - Présenté et partagé les meilleures pratiques en matière de gouvernance adaptative et d’atténuation de la vulnérabilité et des risques des villes côtières face au changement climatique ; -Favorisé la production et diffusion d'informations pour la résilience au changement climatique des villes côtières des pays de l’espace COMIFAC ; -Facilité la collaboration à travers, le développement des partenariats, la création des réseaux et des plateformes d'échanges entre différentes villes côtières et acteurs pour aborder les défis communs de manière collective ; et - Formulé un draft de note conceptuelle qui propose des solutions inclusives basées sur la nature et prenant en compte les besoins et perspectives de tous les groupes de populations, les différentes catégories socio-professionnelles et systèmes productifs des villes côtières. En somme, le forum a consisté à rassembler les parties prenantes et à fournir un espace pour les synergies et les échanges, ainsi que le développement d’un mécanisme à long terme visant à assurer une coopération transfrontalière et une approche sous-régionale en matière de gestion résiliente des villes côtières. Parce qu’il devient urgent d’accélérer la prise de décisions majeures pour renforcer la résilience au changement climatique des villes et écosystèmes côtiers de l’Afrique centrale. « Il est temps que tous les différents secteurs, à quelque niveau que ce soit, les Maires, les universitaires, les chercheurs, les experts sous-régionaux se mettent ensemble pour partager les savoirs, les savoir-faire et porter un enjeu »i, a conclu Dr Paul Tchawa, Secrétaire général du Ministère de l'Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable.
Mathieu Nathanaël NJOG


.jpeg)
Commentaires