Des Conseillers municipaux de la CAD IIè dénoncent les casses controversées de la Maire Dénise Fampou
- Mathieu Nathanael NJOG

- 18 juil. 2025
- 5 min de lecture
MARCHE DES FEMMES DE NEW-BELL
Malgré une forte opposition des commerçants qui a conduit à une vive altercation avec les responsables de la police municipale, les engins de démolition ont procédé le 11 juillet 2025 à la destruction des espaces marchantes des commerçants exerçant au marché des femmes situé à proximité du Marché centrale de Douala. Des Conseillers municipaux dénoncent le forcing, le timing, et l’inopportunité à l’orée d’une grande joute électorale qu’est la présidentielle d’octobre prochain..

Dans sa politique de lutte contre le désordre urbain et surtout dans sa détermination à moderniser la Commune d’Arrondissement de Douala 2è (CAD IIè) en général et les espaces marchands en particulier, la Maire Dénse Fampou a lancé un vaste programme de reconstruction de certains marchés qui étaient nés spontanément depuis plus d’une trentaine d’années autour du Marché Central de Douala, à l’instar du marché de la Gare ferroviaire et maintenant du marché des Femmes de New-Bell. C’est ainsi qu’ayant appris tous étonnés et sans aucun préavis préalable, en début du mois de juillet 2025 que la Maire de la CAD IIè avait décidé de démolir tous leurs espaces marchands dans la nuit du 3 juillet, aussi bien construite en matériaux définitifs que provisoires, les commerçants vont engager des démarches auprès des autorités administratives (Préfet du Wouri et Sous-Préfet de Douala 2è) et des élus municipaux pour pour comprendre cette décision non sans la déplorer. C’est alors qu’ils vont apprendre de ces différents interlocuteurs hiérarchiques qu’ils ne sont pas informés de cette initiative. Les Conseillers municipaux vont même insinuer que cela n’a jamais fait l’objet d’une résolution de l’organe délibérant de cette Mairie. C’est alors qu’ils vont mener une énergique opposition à toute velléité de destruction au point de faire un pied de grue devant leurs boutiques pendant plusieurs nuits. Le Préfet du Wouri, Marie Sylyac Mvoga va même conseiller à la Maire de surseoir à cette opération au regard du climat politique qui prévaut d’autant plus qu’il pourrait conduire à des tensions pouvant menacer gravement l’ordre publique. C’est alors que la Maire Denise Fampou va passer outre sa tutelle administrative pour aller obtenir du Gouverneur de la région du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua une réquisition des Forces de Maintien de l’Ordre (FMO) pour encadrer l’opération de démolition qui a eu lieu le 11 juillet 2025. C’est finalement le 15 juillet, après coup qu’elle décide de rencontrer les commerçants pour un échange d’apaisement.
Le mal était déjà fait, les engins de démolition vont passer par là et en toute délectation vont tout raser. Le secteur dénommé Marché des Femmes, n’est plus que ruine. Construit par les commerçants, qui payaient en outre des taxes communales pour occuper ces espaces publics, sont dans le désarroi et la colère. Il y en va de même des habitants du quartier Funkel qui arbitrent ce secteur où les commerçants vendaient les produits prisés par les femmes (layette, pagne, sous-vêtements, ustensiles, produits de beauté,…) mais aussi où plusieurs autres commerces (vivres, cafeterias, moulins,…) s’étaient agglutinés. Depuis lors, plusieurs interrogations fusent au sein de cette masse populaire pour comprendre la motivation et l’urgence, alors que l’ambiance était dans l’attente de la convocation du corps électoral de l’élection présidentielle qui a eu lieu ce même jour en mi-journée. Ouvrant ainsi la phase décisive du processus électoral devant conduite au scrutin présidentiel du 12 octobre 2025. Plusieurs élus (sénateurs, députés et conseillers municipaux) de cette circonscription électorale dénoncent cette décision de la Maire Denise Fampou. Ils estiment que ni le timing, ni l’opportunité, ni l’urgence ne pouvait justifier cette opération qui soit dite en passant est justifiable dans le cadre de la lutte contre le désordre urbain et l’assainissement de certaines zones tels que tous les marchés spontanés qui ont fait de cette commune, une Collectivité Territoriale Décentralisée (CTD) essentiellement commerciale. Pour beaucoup d’observateurs, il s’agit d’une opération engagée aux forceps pour prendre une revanche sur la défunte Présidente dudit marché, Mme Hadja Yenou Hawa, par ailleurs une militante très influente du RDPC dans cette circonscription électorale, récemment décédée. Car cette dernière avait réussi à faire échec à plusieurs tentatives de déguerpissement des commerçants sur ce site. La dernière en date est celle de septembre 2024 qui malgré une forte opération de démolition sur le long du Boulevard des Nations Unies, qui débouche sur ce marché avait réussi à réinstaller les commerçants sur le même site.

Pourtant, le prétexte était de redonner ses lettres de noblesse à ce Boulevard jadis prestigieux parce qu’il était emprunté pour le bain de foule des Présidents de la République, Ahmadou Ahidjo et Paul Biya lors de leur séjour dans la ville de Douala dans les années 1980. Dans cette controverse, les militants du RDPC qui doivent remobiliser l’électoral pour la réélection de leur champion à la présidentielle d’octobre 2025, dans un environnement politique très électrique et très concurrentiel, ne comprennent pas cet entêtement de la Maire Denise Fampou, dont les réalisations pour la transformation et la modernisation de cette Commune d’Arrondissement de Douala 2è sont déjà élogieuses. « Surtout que cet autre chantier de construction sur le site du marché des Femmes, qu’elle veut engager pour sa gloriole, comme celui réalisé à l’ancienne Gare ferroviaire de New-Bell, ne va pas être achevé ni avant l’élection présidentielle d’octobre 2025 ni avant les élections municipales de février 2026. Au contraire, cette précipitation va gravement nous desservir et peut être capitaliser par nos adversaires politiques », confie un Conseiller municipal de cette Commune et responsable de Sous-section RDPC qui a voulu garder l’anonymat. Soutenant que : « C’est bafoué l’œuvre de la défunte présidente Hadja Yenou Hawa qui était parvenue à faire convertir les habitants du quartier Funker et plusieurs commerçants de manière indéfectible au RDPC et au soutien de son Président National ». D’autres élus du RDPC s'inquiètent davantage sur la soutenabilité et l'interprétation politique de ses actes de la Maire Dénise Fampou au point de multiplier les interrogations insidieuses : « Comment en sa qualité de Maire de la Commune d'Arrondissement de Douala 2è et Présidente de la Section de l'Organisation des Femmes du RDPC de Wouri 2 aurait-elle pu faire ce forcing si ce n’est motivé soit par des prioritaires financières, soit par un agenda caché méconnu de la hiérarchie du Parti ? » ; « Quel est l'intérêt politique de provoquer des mouvements d'humeurs à l'orée d'une échéance politique aussi majeure qu'est l'élection présidentielle ? » ; « Quelle est la porte de cette opération, si elle n'est dirigée contre le RDPC et son Candidat naturel vers un vote sanction au profit de ses adversaires politiques ? »
André Som N.
Article publié dans le journal Le Canard Libéré du Cameroun
www.lecanardlibere237.com
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