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Fongod Edwin Nuvaga fait de la sortie du Cameroun de la liste grise du GAFI est une priorité


DIRECTION GENERALE DES DOUANES

La question a été abordée le 08 Décembre 2025, avec beaucoup d’intérêts lors de la traditionnelle réunion hebdomadaire du Comité de Direction que préside tous les lundis le Directeur Général des Douanes. La Division de l'Informatique, et la Division de la Législation et du Contentieux ont présenté les axes de sortie du Cameroun de la liste grise du GAFI.




La Cameroun est dans la liste grise du Groupe d’Action Financière (GAFI) depuis 2023. Autrement dit, il est parmi les pays sous surveillance. C’est dire l’urgence qu’il y’a d’en sortir mais surtout d’éviter de glisser sur la liste noire, constituée des pays dits à haut risque et non coopératifs. A cet effet, le GAFI a défini une feuille de route des actions fortes qui sont dévolues à l'Administration des Douanes Camerounaises, aux fins de la sortie du pays de la liste grise en avril 2026. A sept mois de l’échéance, la Division de la Législation et du Contentieux, et la Cellule de la Législation, ont porté ce sujet d’intérêt stratégique lors de la réunion du Comité de Direction du lundi 08 décembre 2025 que présidait personnellement le Directeur Général des Douanes (DGD), Fongod Edwin Nuvaga. Le Chef de la Division de la Législation et du Contentieux, Yves Patrick Tchami, et le Chef de la Cellule de la Législation, Guy Innocent Diffouo, ont sensibilisé les hauts responsables sur l’accent à mettre sur la relève de cet engagement à cette échéance et notamment sur le rôle déterminant des Agents des douanes. Parce que les administrations de douane sont dans tous les pays en première ligne dans la mise en application des lois visant à identifier, intercepter et démanteler les activités criminelles et terroristes qui exploitent les frontières. Autrement dit, elle est l’une des autorités compétentes dans la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Chaque année le GAFI qui a été institué par les membres du G7 au Sommet de Paris en 1989 dans la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme dresse un tableau critique des Etats sur la base de certains critères. Sur cette considération, deux listes de pays critiques sont identifiées, à savoir : la liste grise et la liste noire.

Dans cette perspective, l’exposé du Chef de la Division de la Législation et du Contentieux a rappelé que le GAFI avait dressé une feuille de route dans laquelle il ressortait des actions fortes dévolues à l'Administration des Douanes Camerounaises, aux fins de concourir à la sortie du pays de la liste grise en Avril 2026. Il s'agit notamment : - du renforcement des contrôles des flux transfrontaliers ; - de la densification des saisies de devises effectuées par les unités opérationnelles ; - de la détection des liens possibles entre les réseaux criminels ; - de la transmission rapide des informations à la Cellule du Renseignement Financier ; - du renforcement de la collaboration entre les structures nationales de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme ; - du renforcement de la coopération internationale ; de l'utilisation d'une approche basée sur les risques ; - de la formation continue des agents des douanes; de la tenue de statistiques fiables et exploitables. Mais aussi des actions résiduelles attendues : - - l'organisation des sessions de formation des agents des douanes sur la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme; - l'organisation de rencontres entre les agences en charge de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme; - la constitution d'un fichier hebdomadaire des saisies ; - le renforcement de l'architecture légale de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.



Selon le GAFI, le blanchiment des capitaux est défini brièvement comme « le fait de retraiter les produits d’origine criminelle pour en masquer l’origine illégale afin de légitimer ces gains mal acquis du crime ». Selon le règlement CEMAC en son article 8, le Blanchiment des capitaux est défini comme : - La conversion ou le transfert de bien provenant d’un crime ; - La dissimulation ou le déguisement ; - L’acquisition, la détection ou l’utilisation ; - La participation à l’un des actes visés ; - Le fait de s’associer, de tenter de le commettre, le fait d’aider, - le fait de conseiller ou le fait de faciliter l’exécution d’un acte de blanchiment. Les opérations du blanchiment consistent à : - L’introduction des fonds dans les circuits financiers ; - Le déplacement des fonds ou la modification leur forme ; - L’intégration dans le circuit financier et économique « normal ». Tout récemment, la BEAC a prescrit trois piliers essentiels : vigilance (identification et suivi des clients), organisation interne (procédures et surveillance), et coopération (déclaration des opérations suspectes). Il est impératif pour le Cameroun de renforcer ces dispositifs, d'autant plus que le pays figure sur la liste grise du GAFI. L'enjeu est d'éviter un basculement vers la liste noire, ce qui aurait de lourdes conséquences économiques et financières. Selon un rapport international du GAFI de février 2025, il ressort que le Cameroun a favorisé le blanchiment de milliers de milliards FCFA. D'après ce rapport, le cas du Cameroun est assez particulier car les fonds blanchis proviendraient beaucoup plus des détournements de fonds publics, malversations financières ainsi que du trafic de drogue.




Mathieu Nathanaël NJOG

Envoyé spécial à Yaoundé

 
 
 

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