top of page

La Maire Denise Fampou accusé de se servir de sa fonction pour mener des investissements à son compte personnel

MARCHE DES FEMMES DE DOUALA


L’affaire de la démolition des commerçants et habitations sur le site du marché des femmes de New-Bell pour sa reconstruction en espace marchands moderne s’enlise. Le projet est loin de démarrer. Les déguerpis grognent. La Maire de la Commune d’Arrondissement de Douala 2è fait face à une forte opposition. Cela a donné lieu à une bataille judiciaire qui n’est qu’à ses débuts et à une autre crise au sein du Conseil municipal frisant une implosion pouvant entrainer la destitution de la Magistrate municipale et servir de terreau fertile à l’opposition. Une commission mixte vient de séjourner à Douala pour faire toute la lumière.



Dans la nuit du 10 au 11 juillet 2025, la Mairie d’Arrondissement de Douala 2è a engagé, sans aucun préavis préalable adressés aux occupants, une gigantesque opération de démolition forcée des commerces et habitations sur le site du Marché des Femmes sis au quartier Foken de New-Bell, jouxtant le Marché Central de Douala. Une action menée en violation d’une instruction donnée en mi-avril 2025 par le Ministère de l’Administration Territoriale (MINAT), Paul Atanga Nji aux Gouverneurs des régions de suspendre les opérations de déguerpissements forcés en cette année électorale pour préserver la paix. Pris au dépourvu, 3 000 commerçants qui y avaient des mises en valeur ont été jetés dans la rue sans avoir pris des dispositions pour leur recasement. C’est après coup que la Maire Denise Fampou va rencontrer les victimes pour annoncer que cette opération entre dans son vaste programme de réaménagement des espaces marchands dans son territoire de compétence, et les promettre qu’ils seront prioritaires dans l’attribution des boutiques au terme d’un projet de reconstruction qui devrait durer 24 mois. Aussitôt, elle va faire face à une forte opposition des personnes qui vont se déclarer propriétaire dudit domaine en faisant prévaloir la détention de 21 Titres fonciers sur ledit site. L’affaire est portée devant les juridictions. Sentant le roussi, les commerçants en détresse décident d’organiser des manifestations pacifiques de protestation. Lors de la dernière manifestation, la Maire Denise Fampou est allée calmer les ardeurs des manifestants en les rassurant que la justice va très vite se prononcer sur ce litige foncier. Et par la suite de déclarer comme un aveu de culpabilité que le Marché des Femmes était le mieux aménagé et le mieux structuré. Raison pour laquelle, les observateurs avertis ne cessent de se demander ce qui justifiait l’urgence de cette démolition en une période politique très sensible et très délicate ?



Se servir insidieusement de la Commune

A ces voix, va se joindre ceux des Conseillers Municipaux qui venaient de faire la paix des braves avec Mme la Maire Denise Fampou à la suite d’une crise qui avait paralysé les assises de l’organe délibérant de cette Commune pendant près d’une année et qui avait failli conduire à la destitution de la patronne de l’exécutif municipal. Heureusement que le Préfet du département du Wouri, Sylyac Marie Mvogo et le Maire de la ville de Douala, Roger Mbassa Ndinè avaient user de leur entregent pour sauver les meubles. Cette fois encore, les Conseillers Municipaux vont dénoncer comme c’était déjà le cas pour la destruction du Marché de la Gare, la violation des dispositions de la loi portant Code Général des Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) puisqu’elle n’a pas cru bon dans les deux cas d’obtenir préalablement l’aval du Conseil Municipal. « Pour preuve, ces projets d’aménagements des espaces marchands ne ressort pas dans les plans de campagne des exercices 2023, 2024, et 2025 », confient Jules Minamo, Conseiller Municipal. Outrepassant ainsi les prérogatives du Conseil Municipal (Organe Délibérant) telles que le prescrivent les articles 39, 71 et 168, qui lui confèrent un rôle principal lorsqu’il s’agit de la création, la gestion et le contrôle à priori et à posteriori des intérêts collectifs, notamment dans l’aménagement des marchés. Sur le plan politique, les Conseillers Municipaux fustigent une énième action qui pourrait impacter négativement sur la campagne électorale et sur le score du candidat du RDPC au soir du 12 octobre 2025. Surtout que cette démolition violente et sauvage s’est produite le jour de la convocation du corps électoral. Les Conseillers ne seront pas au bout de leur surprise, lorsque leurs investigations vont révéler la découverte d’un scandale foncier dans lequel des prédateurs fonciers agissent avec la complicité de quelques autorités de la ville avec en tête de file, Denise Fampou pour spolier les commerçants du Marché des Femmes de leurs sites. D’ailleurs, la Maire est accusé de faciliter la tâche aux opérateurs économiques détenteurs desdits Titres fonciers en déguerpissant les commerçants, ce qui leur démandait de résoudre une équation cornélienne à plusieurs inconnus en terme de coût exorbitant, d’indemnisation et de recasement.



Vers un Fampougate

En effet, des opérateurs économiques en la personne de Kontcheu Clovis et Dame Foumi vont obtenir du Gouvernement cet espace qui tombe dans le domaine privé de l’Etat dans l’optique de construire un gigantesque Centre Commercial dédié au Marché des Femmes (voir photo). La Commune d’Arrondissement de Douala 2è n’étant pas propriétaire du terrain ni du Marché de la Gare ni du Marché des Femme ne peut se prévaloir d’aucun droit. Dans la volonté de respecter les usages en vigueur, ils vont entrer en contact avec la Maire Denise Fampou pour une Joint-Venture. Malheureusement, elle va proposer un deal qui sera au-delà de leurs attentes. C’est ainsi que la Maire de la CAD IIè pour faire valoir son autorité de Magistrate Municipale, va aller chercher d'autres partenaires en la personne de Nguefack Maurice et Kenmoe Carlos. Des opérateurs avec lesquels, elle a déjà mené des investissements similaires (site de l’ancienne station Total jouxtant le Lycée de New-Bell, la reconstruction des Blocs du Marché de la Gare, Espace vert du carrefour Shell New-Bell, …) dans cette Commune, certes de faible envergure. Pour les Conseillers Municipaux ayant encore un peu de scrupule, ils vont exiger un minimum dans le respect de la légalité, et justifier leur désolidarisation de la démarche de la Maire Fampou par leurs soucis de faire savoir aux populations et aux victimes que dans cette opération de démolition et des aménagements des espaces marchands, ce n’est pas la Mairie qui y est engagée, mais la personne de Denise Fampou puisque le Conseil Municipal n’a jamais donné quitus au Maire de mener un quelconque projet sur ses sites. D’ailleurs, dans le cas du Marché de la Gare 3, le projet de reconstruction a été attribué dans un Partenariat-Public-Privé (PPP) à un Conseiller Municipal pour un investissement d’un montant de 1,168 milliards FCFA sans appel d’offre et sans appel à la concurrence. Pis encore, cela relève d’un conflit d’intérêt. Dans cet imbroglio, une Commission Mixte (Ministère de l’Administration Territoriale et Ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières) dans laquelle on retrouvait des fins limiers du Contrôle Supérieur de l’Etat et de la Chambre des Comptes à séjournée à Douala en fin août. Ce qui pourrait aboutir à un Fampougate. S’il venait à se confirmer les montages fonciers et financiers occultes qui se susurrent. Certaines indiscrétions font état de ce que dans les bilans financiers présentés lors de la session ordinaire consacrée à l’examen du compte administratif de l’exercice 2024, on ne retrouverait pas les recettes communales issues des retombées provenant des espaces marchands construits au Marché de la Gare.



André Som N.


Laisser un commentaire et Abonnez-vous .

 
 
 

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
  • Facebook
  • Twitter
WhatsApp Image 2023-07-27 at 17.40.26 (1).jpeg
bottom of page