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La PLAFOSIL tire la sonnette d’alerte sur la menace qui plane à l’orée de la Présidentielle 2025

LIBERTE D’ASSOCIATIONS


Les organisations de la société civile du Littoral ont donné à Douala un point de presse le 25 juin 2025 pour prendre à témoin l’opinion publique nationale et internationale sur les restrictions prises par le Gouvernement, pour non seulement, les empêcher à se mouvoir mais aussi à engager leur survie. Mettant ainsi en péril l’avenir même de notre démocratie.


En Décembre 2024, le Ministre de l’Administration Territoriale (MINAT) Paul Atanga Nji a signé une série d’Arrêtés visant à suspendre pour trois (03) mois sept (07) organisations de la société civile (OSC) pour toute activité. Curieusement, sans aucun avertissement ni mise en demeure. Parmi lesquelles le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (REDHAC), Reach Out, L.M Nanje Fondation INC,.. Il s’en suivra que les OSC vont découvrir une note signée le 27 mars 2025, frappée du sceau confidentiel que le MINAT a adressé aux Représentations diplomatiques et aux Partenaires techniques au développement avec pour objet : « financement des organisations à but non lucratif (OBNL) » à laquelle sera jointe une liste de 104 organisations à but non lucratif (OBNL) comme étant les seules habilitées à exercer au Cameroun. Pourtant, les documents officiels reconnaissent plus de 60.000 OBNL. La Plateforme des Organisations de la Société Civile (PLAFOSCIL) souligne pour le dénoncer qu’elle compte au moins 50 OBNL disposant d’un siège, or elle n’a aucune organisation figurant sur cette liste. Pis encore, dans la même lettre, le MINAT met en avant certaines dispositions qui selon lui, accordent l’exclusivité de subvention à ces OBNL.

Un état des lieux que le Secrétaire Exécutif, Marius Kaptouom résume pour s’en offusquer : « Depuis plusieurs mois, nous observons une multiplication de signaux inquiétants : suspension ou fermeture d’organisations indépendantes, limitations arbitraires d'activités publiques, et plus récemment, la diffusion par le Ministère de l’Administration Territoriale d’une liste restreinte d’ONG dites en règle. Une initiative qui, au lieu d’encourager la régulation, contribue davantage à fragiliser la liberté d'association, à semer la confusion, et à délégitimer des acteurs de terrain porteurs d’engagements citoyens sincères ». Face à ces manœuvres de restriction de l’espace civique au Cameroun, la plateforme des OSC du Littoral et le Groupe Action 237, tous les acteurs soucieux de démocratie, de justice et de libertés fondamentales s’interrogent sur l’intérêt de s’attaquer à la liberté d’association et à ses sources de financement au moment où les OSC sont appelées à se déployer sur le terrain, pour la prévention des conflits électoraux, la préservation de la paix et la cohésion sociale alors que le Cameroun va entrer dans les quinze mois qui suivent ses actes du MINAT dans un période électorale dense et importante avec en perspective, l’organisation de l’élection présidentielle, les élections régionales, les élections couplées Législatives et Municipales,…


Mobilisation de près de 300 OBNL

C’est pourquoi, ces deux plateformes de la société civile qui compte près de 300 OSC sont montés au créneau pour dénoncer cette forfaiture du gouvernement. Multipliant des actions pacifiques, et diplomatiques pour ramener le Gouvernement à de meilleurs sentiments. A cet effet, le Coordonnateur de l’ONG Un Monde Avenir, Philippe Nanga rappelle qu’en plus des concertations menées à l’interne, l’impulsion suscité au sein de toutes les OBNL, membres pour se mettent en conformité avec la réglementation en vigueur et même les exigences supra du MINAT, sans oublier les requêtes introduites auprès du Ministre de l’Administrations Territoriale pour qu’il se ravise, les OSC ont été obligées de saisir le Premier Ministre dont elles attendent impérativement l’arbitrage. Parce qu’elles soulignent avec véhémence que : « Ces quelques clichés présentés sont l’illustration la plus parfaite de l’atteinte aux idéaux de la démocratie et de l’État de droit arrachés de haute lutte dans les années 90 ». Pourtant, le Cameroun se prévaut être un État de droit en raison de ses engagements régionaux et internationaux, notamment en matière de liberté d’association. A l’instar de : - Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples Art 10 ; - Les Lignes Directrices sur la liberté d’association et de réunion ; - La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme Art 20 ; - Le Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques Art 22 ; - La Convention de l'Organisation internationale du Travail (OIT) n° 87 sur la liberté syndicale.

Par ricochet, Me Alice Kom et Me Charlotte Tchakounte, porte-parole de la Plateforme des OSC pour la circonstance de souligner que : « Tous ces textes internationaux précédemment cités étant librement signés et ratifiés par le Cameroun, leur respect aussi bien par les citoyens que nous sommes que par les dirigeants (Président de la République, Ministre, Gouverneur, Préfet et Sous-Préfet) ne saurait souffrir d’aucune entorse ». Et d’ajouter : « En ce qui nous concerne, nous ne pourrons fléchir face à aucune autorité tant que nous serons convaincus que nous sommes du côté de la loi comme c’est le cas actuellement ». Dans ce contexte, il devient donc urgent pour les OSC « engagés » qui sont notamment ainsi visées par ses actes du MINAT de dénoncer ces dérives et menaces à la construction de la démocratie ; de réaffirmer leur attachement aux principes universelles de participation, de liberté d’expression et d’organisation. « Nous ne pouvons pas rester silencieux face à ce climat. Car il ne s’agit pas simplement d’une atteinte à des structures ou à des textes – il s’agit d’un rétrécissement des possibilités d’action pour les citoyens et communautés. Il s’agit de l’avenir même de notre démocratie », clame Marius Kaptouom, Secrétaire Exécutif de la PLAFOSIL. Par conséquence : « Ensemble, nous avons le devoir de défendre les droits civils et politiques comme socle de toute société juste. Ce combat n’est pas celui d’une seule organisation. Il est collectif. Il est urgent », soulignera-t-il.


Mathieu Nathanaël NJOG




Article publié dans le journal Le Canard Libéré du Cameroun

www.lecanardlibere237.com


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