Le Congrès de la relance décide de soutenir la seule femme candidate à la présidentielle de 2025
- Mathieu Nathanael NJOG

- 25 août 2025
- 6 min de lecture
FRONT CAMEROUNAIS
La séance plénière de clôture de deux jours de la session mixte du Congrès national du Front Camerounais que dirige désormais Mme Chantal Kambiwa s’est déroulée le 23 août 2025 à la salle Tripartite du Palais de Congrès de Yaoundé. Elle a magnifié l’inclusion sociale à travers la mise au premier plan de la jeunesse, de la femme et des personnes vivant avec le handicap. Ceci dans la ferme ambition de retrouver sa place dans l’échiquier politique comme dans la décennie 90 et surtout donner l’opportunité à toute cette dynamique à ne plus être dans les sphères de décision.

Le Congrès national mixte (ordinaire et extraordinaire) du Front Camerounais (FC) tenu les 22 et 23 août 2025, s’est achevé par la séance plénière de clôture dans la Salle Tripartite (chargé de l’histoire du retour au multipartisme) du Palais de Congrès de Yaoundé. Pour un parti qui renait de ses cendres après plus de vingt ans d’hibernation, la mobilisation de plus de 500 délégués venus des dix régions du Cameroun et la présence des représentants du Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPRPOFF) et du Ministre de l’Habitat et du Développement Urbain (MINHDU) ainsi des leaders des partis à l’instar de : la Présidente de l’UDC, Tomaïno Ndam Njoya, et ci-devant candidate à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025; Martine Befolo, candidate du PEC recalée ; Adélaïde Nembot, 2è candidate recalée du parti Univers, Yamb Timba, l’un des multiples candidats recalé de l’UPC ; Hilaire Dzipan, candidat du MP retenu par le Conseil Electoral et recalé par la Cours Constitutionnelle, Prince Ekosso de l’USDP ; Ibrahim Yiche, candidat du Parti Action recalé ; ainsi que des délégations des partis socialistes Nigérien et Tchadien qui ont fait le déplacement pour la circonstance. Mais aussi une forte présence des leaders des Organisations de la société civile au rang desquels, Me Jean Jonathan Nyemb, Président The Okwelians ; Me Charlotte Tchakounte, Ambassadrice ONU pour la Paix ; Philippe Nanga, Coordonnateur de l’Ong Un Monde Avenir. L’un des temps forts a été les prises de parole en ligne des dirigeants de l’International Socialiste (IS) à l’instar de son Président, Pedro Sachez, et des Vice-Présidentes de la section Femme de l’International Socialiste parmi lesquels, Mme Paulina Valanovik de Grèce ; Mme Hanc Jallord Muro (Albanie).

Ces interventions venaient non seulement apporter leur soutient à Chantal Kambiwa qui après avoir occupé pendant des dizaines d’années le poste de Vice-Présidente de l’International Socialiste Femmes, a été portée il y a près de deux ans Coordonnatrice Générale de l’International Socialiste. Une première pour une femme mais aussi pour le continent africain. Preuve de son œuvre pour le rayonnement de cette organisation internationale. Toute chose qui vient consacrer l’adhésion du Front Camerounais dans le cercle très fermé et très sélectif de l’International Socialiste (avec 169 pays membres) comme membre de plein droit depuis le Congrès de l’IS à Rabat au Maroc en décembre 2024. Ce qui a été le premier challenge que Mme Chantal Kambiwa va réussir un an après avoir pris les commandes de ce parti qu’elle hérite de son fondateur feu Bernard Nya Tankeu. C’est ainsi qu’elle remet à flot ce parti dont elle prend officiellement la présidence lors du 4è Congrès National de novembre 2023. Il faudra attendre pour que le Ministre de l’Administration Territoriale (MINAT) l’entérine par décision N°01679 du 11 juin 2024. Une redynamisation qu’elle va impulser avec la remobilisation des camarades et la force de recrutement des nouveaux militants qu’elle va déployer dans une stratégie d’inclusion sociale de la jeunesse, des femmes et des personnes vivant avec un handicapé. Cela va se traduire par un Bureau du congrès essentiellement constitué des jeunes, des femmes et des personnes vivant avec un handicap. Tous issus des organisations de la société civile. Une première dans le microcosme politique dont va se targuer la Chairwoman du FC, Chantal Kambiwa : « Nous avons montré au monde que nous avons des talents. Vous avez vu que ce Congrès a été dirigé par des jeunes, des jeunes filles et des jeunes garçons, et une inclusion sociale avec les résolutions lues par une non voyante ».
Une coalition derrière la candidature de Tomaïno Ndam Njoya
Sous la conduite du Bureau du Congrès par ailleurs Bureau du Comité d’organisation dudit Congrès, qui avait pour président, Ivan Trésir Mbock assisté de Adeline Tsobgny en qualité de vice-présidente, les travaux vont se dérouler comme sur les roulettes. La rapporteure, une malvoyante va donner lecture de la mouture finale du rapport de la session ordinaire du Congrès National qui porteront sur sept résolutions dont trois principales : - Remobiliser les militants, - Poer les bases pour les élections locales de 2026, - Jouer sa partition pour l’élection présidentielle de 2025 et rappeler son attachement au respect des institutions et à l’importance de la préservation d’un climat de paix. La session extraordinaire du Congrès, sera marquée par des interventions allant dans la reconnaissance du travail abattu par Chantal Kambiwa pour implanter l’International Socialiste en Afrique et notamment en Afrique Centrale. Mais aussi, une succession de candidats recalés vont annoncer leur alignement derrière le Front Camerounais pour constituer une coalition des partis de l’opposition pour soutenir la candidate de l’UDC, Tomaïno Ndam Njoya à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. Pour la Présidente Nationale du FC, Chantal Kambiwa, il s’agit de rester fidèle à un combat engagé depuis 2004 au sein du CRI, une plateforme pour favoriser une meilleure représentativité de la femme en politique, mise en place avec des compagnonnes de combat que sont Patricia Tomaïno Ndam Njoya et Marie Louise Eteki Otabela, première dame à être candidate à une élection présidentielle au Cameroun de cette même année. Absente du pays, elle va intervenir en ligne pour saluer la pérennité du combat qui porte ses fruits avec une autre femme candidate dans la course pour Etoudi 2025. « Demain est un autre jour, parce que le Front Cameroun forme des Camerounais et Camerounaises à prendre le pouvoir. Le Front Camerounais met la femme en avant pour prendre le pouvoir », déclarera Chantal Kambiwa. Et d’ajouter : « Nous n’aurions de raison de se demander pourquoi certaines personnes restent aux affaires sans bouger, l’alternance est une donnée démocratique. Nous voulons voir des femmes à des positions importantes ».

Le CRI va recruter chemin faisant et transmettre cette flamme à plusieurs autres femmes qui ont pu depuis 21 ans être élues conseillères municipales ou députés. Martine Befolo, Présidente du PEC a reconnu que c’est cette plateforme qui a forgé sa détermination à se porter candidate pour l’élection présidentielle de 2025 malgré qu’elle sa savait préalablement disqualifier pour défaut d’élu. Ce mouvement soutenu par ONU Femmes, était parti du constat de la faible implication des femmes dans le champ politique, depuis le retour au multipartisme. Plus encore, en dehors la présidentielle de 2004, il n’y avait plus eu de femmes candidate à l’élection présidentielle, et très peu étaient en lice lors des élections municipales, législatives ou sénatoriales antérieures. Pis encore, dans les sphères de décision, les femmes sont exclues. Si oui les rations sont très faibles. Si la voix du CRI ont permis la nomination des femmes Sous-préfètes et Préfètes, Chantal Kambiwa fait remarquer qu’il n’y a toujours pas de femme nommée Gouverneur encore moins promue au grade de Général. « Il n’est pas normal qu’après 65 ans de règne, il n’y a pas de femme Gouverneur dans ce pays pour ne citer que cet exemple », déplorera Chantal Kambiwa. C’est pourquoi, le Congrès mixte du Front Camerounais réitère son soutien indéfectible à la seule femme candidate à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, Mme Patricia Tomaïno Ndam Njoya. « Ici et maintenant, nous envoyons un message fort, aux femmes de s’unir, car nous sommes plus nombreuses. Par conséquence, si aujourd’hui nous décidons de porter une femme à la présidence de la République, cela va dépendre que de nous et de nous seule », lancera Chantal Kambiwa. Très émue et ayant fait le déplacement en grande formation des militants et cadres de l’UDC, la présidente de l’UDC a remercié la présidente du FC et des autres partis politiques qui lui ont affirmé leur soutien. Toutefois, elle s’est voulue réservée pour donner une chance aux négociations qu’elle mène actuellement au sein du Groupe de Foumban pour trouver le consensus autour d’un candidat de l’opposition afin de donner une chance au changement de pouvoir dont la majorité des Camerounais aspire.
Mathieu Nathanaël NJOG
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