Le DG du PAD accepte de céder la reprise à SGS, mais ne capitule pas
- Mathieu Nathanael NJOG

- il y a 4 heures
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SCANNING PORT DE DOUALA- BONABERI
Alors que le Communauté portuaire était de plus en plus inquiéte sur l’enlisement de la crise portuaire avec des répercussions sur la dématérialisation des marchandises et l’engorgement du port de Douala-Bonabéri, amis aussi surtout sur le tissu économique national et sous-régional, dont le GECAM et le SYNDUSTRICAM ont tiré la sonne d’alarme, une note confidentielle du Directeur Général du Port Autonome de Douala adressé au Ministre des Finances, ne date du 12 février 2026, redonne une lueur d’espoir sur une issue de cette crise dans le strict respect des instructions du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Chief Joseph Dion Nguté qui remettent la SGS Cameroun en qualité d’unique opérateur du scanning des marchandises dans ce port qui est la principale porte d’entrée et de sortie du commerce extérieur.

Dans une correspondance datée du 12 février 2026 et frappée du sceau confidentiel que nous eue pu obtenir dans notre rédaction, que le Directeur Général du Port Autonome de Douala (PAD), Cyrus Ngo’o a adressé au Ministre des Finances, Louis Paul Motaze, avec pour objet : « Reprise, par la SGS S.A, des opérations d'inspection des marchandises par scanning au Terminal à Conteneurs du Port de Douala-Bonabéri », il va de soi qu’il a accepté sportivement sa défaite face à une solidarité sans pareil des membres du Gouvernement concernés derrière leur Chef, Joseph Dion Ngute. Même s’il reste convaincu qu’il était dans son bon droit et que sa décision de changer de prestaire dans la gestion du scanning au port de Douala-Bonabéri était une réforme visant d’en faire une affaire de souveraineté nationale. Dans cette correspondance, le DG du PAD sollicite une assise tripartite convoquée par le Ministre des Finances au regard de ce que la Directrice Générale de la SGS avait décliné la réunion du 04 février 2026 en déclinant certains points de l’ordre du jour, notamment celle qui envisageait de faire travailler SGS et TransAtlantique-D SA dans la gestion dudit scanning. « Je vous réitère à nouveau la disponibilité du PAD à recevoir et å organiser in situ, et de manière concertée, la reprise, sans délai, des opérations de la SGS S.A au TAC (Ndlr : Terminal à Conteneurs), dans le cadre d'une réunion d'experts tripartite souhaitée par cette dernière ».
Alors que certains observateurs pouvaient y voir une capitulation, le DG du PAD ne semble par démordre dans sa détermination à ne pas laisser que la réunion soit circonscription uniquement dans la directive du Premier Ministre comme le rappelait encore la DG de SG : « L’organisation pratique pour la reprise par la SGS des opérations de scanning des marchandises au port de Douala-Bonabéri ». Puisqu’il poursuit : « En même temps que seront abordées les autres questions relatives au respect, par cette entreprise installée au Port de Douala-Bonabéri, de ses obligations découlant de l'application des lois et règlementations relatives à la sécurité et à la police d'exploitation portuaires, auxquelles vous ne pouvez demeurer insensible ». Dans les pénates du Ministre des Finances, il est remarqué que le DG PAD ne se contente pas de solliciter la convocation d’une réunion tripartite, non seulement, il ne tient pas à y participer, mais c’est aussi lui qui décide que cela ne devrait réunir seulement les experts des administrations concernés. « Une roublardise dès lors que ces experts ne peuvent rien décider. Ou encore peuvent voir leur hiérarchie remettre en question la validation d’une décision qui ne sied pas avec leur aspirations », confie une source anonyme au MINFI.
A cet effet, il nous a été confié que cette réunion décisive ne peut se tenir être présidé que par le Ministre des Finances en personne en présence des Directeurs Généraux : -des Douanes, du PAD, et de la SGS. Dans une moindre mesure, accompagnés de deux ou trois collaborateurs au plus. Parce qu’il est clairement relevé que le DG du PAD s’obstine à rester dans le canevas de la réunion qu’il avait convoqué le 04 février avec la DG de la SGS Cameroun. Puisqu’il insiste que l’ordre du jour proposé à la DG de SGS Cameroun soit maintenu : « Notre démarche, qui semble ne pas avoir été bien comprise, procède simplement de ce que la SGS S.A ne peut pas réussir à elle seule la reprise de ses opérations sur le terrain, sans pour cela bénéficier de l'assistance du PAD, qui doit réorganiser, de manière concertée avec les acteurs de la Communauté Portuaire de Douala ». D’ailleurs, dans sa correspondance, il s’offusque de ce que : « Curieusement, au moment où je m'attends à ce que la réunion MINFI-PAD-SGS se tienne, tel que souhaité par la SGS S.A, il m'a été rapporté que les services de la douane ont décidé unilatéralement, le 10 février dernier, de démobiliser tout le dispositif d'exploitation des images scanner mis en place, non seulement en retournant tous les 30 ordinateurs portables mis à sa disposition et à sa demande par la société TRANSATLANTIC D. SA, mais aussi et surtout, en décidant de ne plus procéder à la liquidation des déclarations en douane non couvertes par les images scanner de la SGS S.A, avec blocage au port des conteneurs concernés ».

Le prétexte du Code ISPS est-il convainquant ?
Pour justifier cette position, il déclare que: « Le circuit des opérations de scanning; restant entendu qu'assumant ses prérogatives de puissance publique, le PAD est tenu de veiller à ce que le reste du trafic, qui n'est pas pris en compte par la SGS S.A, soit également inspecté, pour les besoins de sécurité des Installations portuaires, des navires, des personnes et de leurs biens, conformément au Code international pour la sûreté des navires et des installations portuaires (CODE ISPS), édicté par l'Organisation Maritime Internationale (OMI), qui par ailleurs établit le principe de rotation: Sécurité Inspection Sortie, pour tous les flux portuaires imports/exports ». Ce qui vise toujours à vouloir maintenir TransAtlantic-D SA dans la game. En indiquant dans les aéroports, les passagers passent par un scanning opéré par les ADC, puis par un autre scanner de la Douane si nécessaire. C'est le même système qui est en cours au port de Douala-Bonaberi. Or les experts font savoir que contrairement à ce qui est souvent avancé, le Code ISPS n’impose pas le scanning systématique à 100 % des cargaisons. Il prévoit des mesures de sûreté fondées sur l’analyse de risques, adaptées au contexte de chaque port. « Les niveaux de risque indiqués dans le code ISPS, mais sans préciser que les mesures de contrôle à mettre en œuvre sont justement liées à ces niveaux de risques (1 à 3) : Le scanning systématique étant couramment utilisé en cas de menaces accrues ».
Le scanning généralisé relève donc d’un choix opérationnel, non d’une obligation internationale automatique. Mieux encore, la partie B du Code ISPS sur les recommandations pour la mise en œuvre pratique, notamment l'évaluation de sûreté et le plan de sûreté doivent être validé par l'État et non une décision unilatérale par l’autorité portuaire. En faisant allusion au fait que TransAtlatique-D SA opère au port de Kribi pour soutenir la position du Top Management du PAD, les experts arguent que : « La comparaison avec le port de Kribi doit également être nuancée. Kribi est un port récent, conçu avec des infrastructures modernes et des volumes encore maîtrisés. Douala-Bonaberi, port ancien et congestionné, ne peut appliquer mécaniquement les mêmes dispositifs sans impacts significatifs sur les délais, les coûts et la fluidité logistique ». Et de souligner : « Il est enfin essentiel de distinguer sûreté portuaire et contrôle douanier. Si la sécurisation physique relève du PAD, le scanning des cargaisons, lorsqu’il sert à l’analyse et au ciblage, s’inscrit historiquement dans une logique douanière. L’absence de clarification des rôles, de la gouvernance et des coûts explique en grande partie les tensions actuelles ». Heureusement, le DG du PAD, Cyrus Ngo’o a conscience que si la situation perdure, elle « aura pour conséquence, dans les heures qui suivent, entre autres, de bloquer les flux physiques des conteneurs dans le port, de créer l'engorgement total du Terminal à Conteneurs (TAC), d'asphyxier la fluidité portuaire, de bloquer l'accueil des navires en escale au port de Douala-Bonabéri, principale porte d'entrée des marchandises au Cameroun et dans la sous-région d'Afrique Centrale, et in fine de bloquer toute la chaîne d'approvisionnement de l'économie nationale et sous-régionale. Elle est en outre constitutive d'une privation des droits et taxes au Trésor public, dans un contexte de rareté des ressources budgétaires de l'Etat ». Une alerte que le GECAM portant la voix des principaux acteurs de l’espace portuaire a fait le même jour à l’issue d’une concertation urgente.
Mathieu Nathanaël NJOG


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