Le grand tour de passe-passe de Paul Atanga Nji et la réplique au cordeau des affidés de Maurice Kamto
- Mathieu Nathanaël Njog
- il y a 2 jours
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 12 heures
MINAT - MRC
Alors que le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, tente d’invalider administrativement les résolutions de la Convention extraordinaire du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) de fin 2025, le parti d'opposition réplique par une démonstration de droit implacable. Entre requalification arbitraire d’un acte déclaratif en « requête » et instrumentalisation des contestations d'anciens membres exclus, le face-à-face juridique entre Yaoundé et le MRC révèle une fois de plus les rouages d'un pouvoir aux abois face à la rigueur des textes.

Jeudi 27 août, 11h07 précises. Le téléphone sonne au Secrétariat du MRC. À l'autre bout du fil, le Ministère de l’Administration Territoriale (MINAT) demande au Premier Secrétaire général adjoint du parti de venir retirer en urgence un courrier officiel. Signée de la main du Ministre Paul Atanga Nji et datée du 19 août 2026, la correspondance portant la référence N° 001970/L/MINAT/SG/DAP/SDAAE/SAE sort l'artillerie lourde : l'administration refuse de « prendre acte» des travaux de la Convention extraordinaire du parti tenue le 21 décembre 2025. Pour justifier ce refus, le patron de l'Administration territoriale invoque l’article 3, alinéa 2, de la loi n° 90/055 du 19 décembre 1990 portant régime des réunions et manifestations publiques. Une réponse surprenante, intervenue près de huit mois après une contestation interne portée le 23 décembre 2025 par Joseph Thierry Okala Ebode, pourtant exclu de la formation politique. « En vertu des dispositions légales en vigueur, le MINAT n’a pas jugé opportun de prendre acte des travaux de la Convention extraordinaire du MRC du 21 décembre 2025. », écrit Paul Atanga Nji, Ministre de l’Administration Territoriale
La riposte juridique du MRC : « Transmettre n'est pas requérir »
Dès le lendemain, vendredi 28 août, la réplique du MRC est déposée sur la table du MINAT, preuves de réception à l'appui. Le parti ne subit pas : il documente, argumente et démonte point par point le raisonnement du MINAT. Au cœur de la contre-offensive, une interrogation fondamentale sur la légalité des actes administratifs : comment une simple lettre d’information et de transmission de documents statutaires peut-elle être unilatéralement transformée en une « requête » sujette à approbation ? Le MRC rappelle n'avoir formulé aucune demande de grâce, ni sollicité une quelconque autorisation préalable. En transmettant les résolutions révisées de sa Convention tenue en visioconférence, qui avait reconduit Maurice Kamto à sa tête, le parti s'est conformé à l'obligation légale d'information qui incombe à toute formation politique. « Le MRC n'a rien demandé, rien sollicité, rien quémandé. Il a simplement fait ce que la loi exige de tout parti politique : informer l'autorité de tutelle. Transmettre n'est pas requérir. Informer n'est pas sollicitation. », soutient la Direction du MRC, dans la réponse officielle du parti.

Le chiffon rouge de la contestation interne et la fermeté d'Albert Nzongang
L'argumentaire du MINAT s'appuyait en grande partie sur la saisine d'Okala Ebode visant l'annulation des actes de la convention. Une manœuvre balayée d'un revers de main par les cadres du parti, à l'instar de l'Honorable Albert Nzongang, qui dénonce l'instrumentalisation d'anciens membres déchus pour interférer dans le fonctionnement interne de la formation politique. Pour les juristes du MRC, le ministre commet un amalgama grossier entre le régime juridique des réunions publiques et la loi n° 90/056 encadrant spécifiquement les partis politiques. En imposant un veto sous couvert d'opportunité administrative, le MINAT s'arroge un pouvoir d’interprétation que les textes ne lui confèrent pas. « La correspondance adressée au MINAT par un ancien cadre exclu ne pouvait produire aucun effet juridique valable. Le ministère se trompe de cadre légal : le régime des partis politiques est distinct de celui des simples associations ou des réunions publiques. », affirme l’Honorable Albert Nzongang, Cadre du MRC
Une atteinte à la liberté de fonctionnement sur fond de cap sur les locales
En qualifiant la démarche ministérielle d'acte attentatoire à la liberté de fonctionnement des partis, le MRC renvoie le Ministère à ses devoirs stricts : appliquer la loi, et non la plier aux besoins politiques du moment. Le blocage administratif du MINAT, qui refuse de valider les actes sans pour autant les annuler formellement au plan juridique, illustre une stratégie d'usure par le flou. Malgré ces frictions administratives récurrentes, le MRC réaffirme sa détermination sur le terrain politique. L'agenda reste inchangé : confirmation de la participation aux prochaines élections locales et dépôt des listes de candidats dans les délais impartis. La balle repose désormais dans le camp du MINAT : répondra-t-il sur le fond du droit ou se retranchera-t-il derrière le silence administratif ? Une certitude demeure : le MRC continue d'archiver chaque manquement pour le compte de l'Histoire.
Mathieu Nathanaël NJOG
Journaliste d'Investigation, Grand Reporter & Analyste des Questions Politiques



.jpeg)
Commentaires