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Le marathon des chantiers de la Maire Dénise Fampou sur fond de pré-campagne tendue

il y a 43 minutes
4 min de lecture

COMMUNE D’ARRONDISSEMENT DOUALA 2e

À quelques semaines seulement de la convocation stratégique du corps électoral en vue des municipales, Denise Fampou multiplie les descentes à haut risque sur le terrain. Entre pression maximale sur les entreprises du BTP, offensive contre le désordre urbain et opération séduction auprès des riverains, l’édile de Douala 2e joue son va-tout. Une démonstration de force qui vise autant à rassurer une population exigeante qu’à fermer la porte à une opposition en embuscade et à neutraliser les frondes internes au sein de sa propre famille politique, le RDPC.


C’est un rituel bien connu des fins de mandatures locales, mais celui-ci prend une coloration singulièrement nerveuse dans les artères populeuses et bouillonnantes de Douala 2e. Ce mardi 22 septembre 2026, la silhouette familière de Me Denise Fampou s’est à nouveau découpée sur le décor en béton, en latérite et en tôle ondulée des grands projets de la commune. Accompagnée d'un état-major municipal sur le qui-vive, l’avocate de formation et patronne de l'exécutif communal a arpenté sans ménagement les zones névralgiques de son territoire. L'objectif affiché reste technique : inspecter, contrôler, sommer. Mais dans les couloirs du pouvoir local et les états-majors politiques, nul n’est dupe. À mesure que se rapproche l'échéance fatidique du renouvellement des conseils municipaux, chaque coup de pioche validé et chaque coup de semonce contre un entrepreneur en retard ressemblent à des arguments électoraux gravés dans le marbre. Pour l’édile sortante, l'heure n'est plus à la théorie : il faut livrer, et vite.

Le Monument de l'Indépendance et la Cité Municipale : le pari des symboles

Premier arrêt de ce parcours du combattant : le Monument de l’Indépendance. Sur ce site emblématique, véritable miroir des ambitions patrimoniales de la municipalité, l’évaluation affiche un taux d’avancement d’environ 80 %. Un chiffre encourageant, mais qui ne tolère aucun relâchement. Denise Fampou y a exigé une accélération de la cadence pour les finitions et l'embellissement. L’enjeu dépasse la simple maçonnerie : il s’agit d’offrir aux citoyens un repère mémoriel digne, capable d'incarner le renouveau esthétique de la commune avant le grand rendez-vous des urnes. Quelques centaines de mètres plus loin, la pression ne retombe pas à la Cité Municipale. Ce projet d’envergure, pensé pour regrouper et moderniser les services publics locaux, touche enfin au but. Si le Bloc Administratif est désormais achevé, imposant sa structure moderne comme un nouveau phare institutionnel, les bâtiments résidentiels et annexes sont en phase finale d'aménagement. En inspectant ces espaces, le maire sait pertinemment qu'elle joue une carte maîtresse : prouver que sous sa gouvernance, l'administration de Douala 2e s'est dotée d'infrastructures pérennes et crédibles pour les décennies à venir.

 

La guerre du désordre urbain

Mais la politique locale à Douala ne se joue pas seulement dans le prestige de la pierre ; elle se gagne dans le quotidien des marchés et la fluidité des axes routiers. Sur le Boulevard des Nations Unies, la municipalité s’attaque à un véritable serpent de mer. Ce tronçon stratégique, qui relie l’ancienne pharmacie Tokoto au carrefour Total Nkololoun, subissait depuis des années une dégradation accélérée, rongé par l’occupation anarchique des chaussées par le commerce de fruits et de produits vivriers frais. En lançant la réhabilitation complète de cet axe, Denise Fampou s'attaque frontalement au désordre urbain, tout en promettant une bouffée d'oxygène aux usagers et aux riverains. Lors de son passage au Marché Gare-Épices, la méthode s'est faite plus pédagogique mais tout aussi ferme. S'adressant directement aux commerçants et aux acteurs économiques du secteur, le maire a rappelé les exigences fondamentales de salubrité et d'hygiène. Pas question de laisser l'anarchie gâcher les efforts d'aménagement. Pour l'exécutif municipal, la lutte pour un cadre de vie propre est une responsabilité partagée, mais dont l'impulsion doit rester politique et intransigeante.


Opposition, fronde RDPC et batailles du 4e mandat

Cette frénésie de chantier et cette omniprésence sur le terrain s'inscrivent dans un contexte politique d'une densité rare. À Douala 2e, le fauteuil de maire est au centre de toutes les convoitises, transformant cette fin de mandat en une arène à trois bandes : - Une opposition en embuscade : Consciente des enjeux symboliques et économiques de cet arrondissement stratégique de la capitale économique, l'opposition entend bien exploiter la moindre faille, le moindre chantier en retard ou la moindre frustration populaire pour réaliser un coup d'éclat lors du scrutin à venir. - La fronde interne au RDPC : Le danger ne vient pas seulement de l'extérieur. Au sein même de la section RDPC locale, qui contrôle pourtant majoritairement le conseil municipal, des voix s'élèvent discrètement, mais fermement, pour contester la perspective d'un 4e mandat consécutif pour Me Denise Fampou. La tentation du renouvellement des cadres et les querelles de positionnement font faire rage en coulisses. La réponse par l'action : Face à ce double front, le maire sortant choisit la politique du fait accompli. En mettant une pression maximale sur les entreprises adjudicataires pour qu'elles livrent les chantiers avant l'ouverture officielle de la campagne, Denise Fampou entend couper l'herbe sous le pied de ses détracteurs, qu'ils soient camarades de parti ou adversaires politiques.

Le terrain comme ultime juge de paix

Qu’il s’agisse des inspections menées ce 22 septembre ou des descentes précédentes, la ligne stratégique reste immuable : opposer le béton des réalisations à la volatilité des discours politiques. En se positionnant en garante de l'intérêt général, de la salubrité et de la modernisation des équipements publics, Denise Fampou tente de verrouiller son bilan. Alors que la convocation du corps électoral n'est plus qu'une question de jours, la course contre la montre engagée sur les chantiers de Douala 2e prend des allures de véritable test de survie politique. Entre la pression exercée sur les prestataires du BTP et l'écoute attentive des doléances populaires, le maire sortant abat ses dernières cartes. Reste à savoir si cette omniprésence sur le terrain suffira à convaincre une population exigeante et à faire taire les velléités de succession au sein de son propre camp. Le verdict des urnes, désormais imminent, s'annonce plus décisif que jamais.

Delphine Nkengni N.


 
 
 

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