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Le PAD répond à la sortie du GECAM sur la crise du scanning des conteneurs

PORT DE DOUALA-BONABERI

N’ayant pas apprécié la sortie du Groupement des Entreprises du Cameroun, qui adresse un ultimatum à tous les autorités compétentes, 24 heures après les dirigeants du Port Autonome de Douala riposte. En sourdine, les acteurs exerçant sur la place portuaire estiment que cette réplique n’apporte pas de réponse efficiente aux dénonciations faites et aux conséquences multidimensionnelles de cette crise portuaire liée à la compétence du prestataire devant assure la gestion du scanning des conteneurs au port de Douala-Bonanberi.





Alors que la Premier Ministre, Chef du Gouvernement a instruit à l’issue de la réunion du 26 janvier 2026, le maintien de SGS pour la poursuite des opérations de scanning au Port de Douala-Bonabéri, sur le terrain l’imbroglio est maintenu avec la société TransAtlantic-D S.A., dont le Directeur Général de Edwin Ngumbi Che affirme publiquement que sa société continue d’opérer au port, au nom d’un contrat qu’elle dit avoir signé avec le Port Autonome de Douala (PAD). Un imbroglio qui a obligé les organisations patronales de sortir de leur réserve. Après le Syndicat des Industriels du Cameroun (SYNDUSTRICAM), ç’a été le tour du Groupement des Entreprises du Cameroun (GECAM), portant la voix de la Communauté des affaires de monter au créneau avec un ultimatum ferme. En dénonçant « avec la plus grande fermeté une situation inédite et totalement inacceptable, dont les incidences sont significatives sur les Entreprises et l'économie Camerounaise, en l'occurrence » indique le communiqué signe le 12 février 2026 par Célestin Tawamban, Président du GECAM. Cette sortie fait suite du constat sans ambages de l’enlisement de cette crise portuaire dont les désagréments et les conséquences prennent chaque jour des proportions pouvant conduire allégrement vers un soulèvement social. Curieusement devant une situation aussi gravissime, où l’attendait les chefs d’entreprises, le Chef de l’Etat, Paul Biya n’a pas cru bon d’évoquer un traitre mot en guise d’arbitrage dans son adresse du 10 février 2026, en prélude à la célébration de la Fête de Nationale de la Jeunesse. Pourtant, dans cette allocution, il a incité les jeunes à avoir l’esprit entrepreneurial et plusieurs jeunes, patrons des PME subissent de plein fouet les affres de cette crise portuaire qui entraine « la détérioration majeure de l'environnement des affaires ».

Le Top Management du PAD, n’a pas apprécié cette sortie. Il l’a manifesté 24 heures plus tard, dans un communiqué signé ce jour (13 février 2026), de son Chef de la Division de la Communication, Raoul Simplice Minlo : « Le PAD marque son étonnement que ce groupement patronal, dont il est membre actif, n'ait pas privilégié, en direction de l'Autorité Portuaire de Douala, sa démarche prudentielle habituelle de consultation et de concertation, qui lui aurait permis d'avoir une meilleure compréhension des sujets évoqués ». Selon des indiscrétions recueillies au GECAM, il s’agissait de répercuter les plaintes et complaintes des entreprises exerçant dans l’espace portuaire de Douala-Bonabéri, pas de prendre la défense de l’une des parties en conflit. En cela, seuls les membres du Groupement concernés étaient les meilleurs interlocuteurs de cette démarche. Ce qui a été fait. Les représentants des principaux acteurs de la place portuaire de Douala-Bonabéri, présents à cette concertation qui a débouché sur des désagréments qu’ils subissent du fait de cette crise à savoir  : - L'augmentation des coûts de passage du fait de la double facturation systématique des prestations de scanning et des surcoûts logistiques y afférents (taxes d'encombrement, surestaries etc.) ; - les ralentissements de production subséquents et risques de rupture d'approvisionnement de certains produits sur les marchés, avec pour corollaire une incidence sur les prix aux consommateurs finaux et le développement de la contrebande, le Communiqué du PAD se dédouane et met à l’index les services des Douanes : « Il importe de rappeler que c'est la décision unilatérale prise par l'Administration des Douanes de ne plus procéder à la liquidation des déclarations qui constitue un véritable risque systémique pour l'activité économique, et non le scanning 100% des marchandises ».

 

La Communauté des affaire se dit pas du tout ébranlée par cette réplique

En outre, esquivant royalement la question de la double facturation imposée comme solution palliatif à la bataille de compétence des deux prestataires privés sur la gestion de scanning, le PAD par la voix de son Chef de la Division de la communication a décidé de s’appesantir sur la dénonciation des surcoûts logistiques y afférents (taxes d'encombrement, surestaries etc.) évoquée par les acteurs de la place portuaire pour soutenir que « les mesures et dispositifs de contrôle non-intrusif de tous les flux imports/exports, marchands et non-marchands, en transit au Port de Douala-Bonabéri, en cours de réorganisation, s'inscrivent en droite ligne des directives des pouvoirs publics, notamment celles prescrites par Monsieur Le Premier Ministre, Chef Du Gouvernement, qui sont mises en œuvre conformément aux lois et réglementations applicables en la matière ». Et de poursuivre que : « Relativement aux tarifs applicables aux Port de Douala-Bonabéri, le PAD précise qu'ils ne peuvent être opposables sans avoir au préalable été homologués par l'Autorité Portuaire Nationale (APN), après un long processus de consultation et d'examen par les membres de la Communauté Portuaire de Douala eux-mêmes. C'est le cas des tarifs appliqués par le PAD depuis janvier 2019 pour les services offerts aux usagers du port de Douala-Bonabéri. Il en est de même, pour les services offerts par tous les opérateurs privés ayant bénéficié des autorisations du PAD pour exercer leurs activités dans le Combinat portuaire de Douala-Bonabéri ».

Pour la Communauté des affaires dont le GECAM est le porte-voix, cette diversion n’enlève en rien sur les exigences adressées aux autorités compétentes : - La normalisation immédiate de la situation en consacrant une seule opération de scanning et de paiement ;  - La mise en place d'une Commission mixte (Administration-Secteur privé) chargée d'évaluer les surcoûts subis par les Entreprises et de procéder au remboursement intégral ; - Le gel des augmentations tarifaires décidées par le PAD, jusqu'à l'évaluation de l'impact sur les coûts de passage et leur incidence sur les Entreprises. Pour lesquelles si aucune réponse efficiente et efficace n’est toujours apportée avant le deadline fixé, leur ultimatum sera mis en exécution. « En l'absence d'une issue définitive à cette crise, les Entreprises n'auront d'autre alternative que de mettre en œuvre, à titre conservatoire, dès le lundi 16 février 2026, une suspension temporaire des levées de Déclarations d'importation et d'exportation ainsi que des déclarations en douane ». Parce qu’elle dit ne pas comprendre que pour les tarifs appliqués pour les frais logistiques, le PAD dit appliquer les instructions du Premier Ministre, mais pour ce qui est de l’arbitrage souveraine du même Chef du Gouvernement, sur le prestataire devant assure la gestion du scanning en application du contrat en vigueur, le Top management du PAD fait dans la roublardise. Et se content tout simplement de rassurer que « le PAD reste toutefois persuadé qu'aucune circonstance ne devrait conduire à la perturbation des procédures de passage portuaire ». Sans pour autant inviter le GECAM à un dialogue qu’il a évoqué dans cette réplique sous fond dit-on de roublardise : « Il invite donc l'ensemble des acteurs de la chaîne logistique et des procédures du commerce extérieur, à privilégier le dialogue constructif et la continuité des opérations, dans l'intérêt supérieur du commerce extérieur et des économies nationale et sous-régionale ».




Mathieu Nathanaël NJOG

 
 
 

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