Le REDHAC veut relever des défis communs en matière de paix et de sécurité dans les deux pays
- Mathieu Nathanael NJOG
- il y a 5 jours
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CAMEROUN-TCHAD
Des Parlementaires et Autorités locales, des Institutions Nationales des Droits Humains, des Avocats, des Organisations de la Société Civile, et des Défenseurs des Droits Humains et des journalistes travaillant sur les questions de liberté fondamentales venus du Cameroun et du Tchad ont participé au Forum Régional de Haut Niveau d’Echanges et de Solidarité Coordonnée, organisé du 15 au 16 janvier 2026 à Douala par le Réseau des Défenseurs des Droits Humains d’Afrique Centrale.

Le constat est sans équivoque, le Cameroun et le Tchad font face à des défis communs persistants en matière de paix et de sécurité, de gouvernance démocratique, de cohésion sociale et de respect des droits humains. Cet environnement marqué notamment par l’extrémisme violent, les conflits communautaires et les crises humanitaires, a des répercussions directes sur la stabilité régionale et sur les populations civiles, en particulier les femmes, les jeunes, les défenseurs des droits humains et les journalistes. A cela s’ajoute un environnement géopolitique mondial violent qui met à mal le droit international et le droit humanitaire. La dernière actualité marquée par l’enlèvement le 03 janvier 2026 du Président du Venezuela, Nicolás Maduro par les forces américaines sur ordre du Président Donald Trump, sous le nom de code opération Absolute Resolve (Opération Détermination absolue) est suffisamment évocateur pour organiser un cadre stratégique sous-régional visant à renforcer le dialogue, la coordination, l’apprentissage mutuel et l’engagement politique autour des enjeux communs de paix, de sécurité, de gouvernance inclusive, de lutte contre les effets néfastes de l’intelligence artificielle et de protection des acteurs clés de la démocratie.
C’est dans ce contexte que le REDHAC a organisé du 15 au 16 janvier 2026, le Forum Régional de Haut Niveau d’Echanges et de Solidarité Coordonnée. Auquel a pris part une trentaine de participants (Parlementaires et autorités locales, Institution nationale des droits humains, Avocats, des Organisations de la société civile, et des Défenseurs des droits humains et journalistes) venus des pays du Cameroun et du Tchad. Sous la coordination du membre du Conseil d’Administration, Le Sénateur Pierre Flambeau Ngayap et la Directrice exécutive, Maximillienne Ngo Mbé, ils ont travaillé sur des thématiques liés à : - L’intelligence Artificielle : défis et perspectives pour les DDH et journalistes ; - Solidarité inclusive entre OSC et journalistes pour réduire l’environnement géopolitique mondial violent présenté par l’expert en cybersécurité Paul Joël Kamtchueng; - Paix et sécurité humaine dans les contextes fragiles, y compris FPS (résolution 1325 et suivantes) et YPS (résolution 2250) qu’a présenté Pr Louison Essomba. Les travaux se sont déroulés dans une approche participative, inclusive et orientée vers l’action, fondée sur la mise sur pied des panels de haut niveau ; l’incitation des dialogues entre pairs (décideurs, autorités, OSC) ; organisation des ateliers thématiques interactifs ; et une intégration transversale de l’approche genre et des droits humains.

Les objectifs spécifiques étant : - Le renforcement du dialogue et la solidarité constructive à travers la coopération sous régionale Cameroun–Tchad sur les enjeux de paix, sécurité et gouvernance tout en promouvant l’intégration effective de l’approche genre dans les politiques et mécanismes de prévention des conflits et de gouvernance ; - La facilitation du partage d’expériences, de bonnes pratiques et de leçons apprises entre acteurs étatiques et non étatiques en vue de favoriser des engagements politiques et institutionnels concrets et un mécanisme de suivi post-forum ; - L’amélioration de la protection et la reconnaissance du rôle des défenseurs des droits humains et des journalistes. À l’issue du forum, il a été mis sur pied : - Un cadre renforcé de dialogue et de solidarité régionale entre le Cameroun et le Tchad est établi, intégrant l’approche genre dans les politiques de paix, sécurité et gouvernance, sous forme de plan d’action inclusif partagé entre les différentes parties prenantes ; - Des outils techniques et pratiques sur la sécurité numérique, la protection physique, la protection contre l’influence néfaste de l’Intelligence Artificielle dans le travail des Défenseurs des Droits Humains et des journalistes; et - Un accent particulier a été mis sur la création d’un espace de dialogue sécurisé, favorisant des échanges ouverts et constructifs entre les participants.
Et pour cause, les participants ont été unanimes que malgré l’existence de cadres nationaux, régionaux et internationaux relatifs à la paix, à la sécurité, à l’égalité de genre, à la gouvernance inclusive et à la protection de l’espace civique, les réponses demeurent fragmentées et insuffisamment coordonnées entre les deux pays. Les opportunités d’échanges structurés entre pairs et de coopération transfrontalière restent limitées, alors même que les réalités et défis sont largement partagés. Par ailleurs, un mécanisme de suivi post-forum a été mis en place, comprenant : - La désignation de points focaux Cameroun–Tchad ; - La mise sur pied d’un forum d’échanges et de partage d’expériences ; - Un plan de suivi des recommandations ; - Des revues périodiques ou réunions de capitalisation.
Mathieu Nathanaël NJOG


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