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Les journalistes veulent contribuer efficacement aux processus électoraux crédibles aux Cameroun

7è FORUM NATIONAL DE LA LIBERTE DE LA PRESSE


Dans le cadre de la semaine de la célébration de la 32è Journée Mondiale de la Liberté de la Presse, l’Ong Un Monde Avenir en collaboration avec un collectif des journalistes et bénéficiant du soutien du partenaire technique et financier, CCFD Terre solidaire, a organisé le 6 mai 2025, la 7è édition du Forum National sur la Liberté de la Presse et l’Accès à l’Information placée sous le thème : « Désinformation et Discours Haineux : L’enjeu de la liberté de la presse en contexte électoral ». Dans l’optique de relever le rôle d’une presse libre dans la construction d’un Etat démocratique et l’enjeu d’un processus crédible dans la préservation de la paix



Le dernier rapport de Reporters Sans Frontières (RSF) où le Cameroun est classé au 131e rang sur 180 dans le classement mondial de la liberté de la presse 2025, dégringolant d’une place au regard du 130è rang qu’il occupait en 2024, a été abondamment mis en exergue au cours de la 7è édition du Forum National sur la Liberté de la Presse et l’Accès à l’Information organisé le 6 mai 2025 à Douala par l’Ong Un Monde Avenir en collaboration avec un collectif des journalistes du Cameroun. Pour indiquer que ce classement se justifie entre autres par un environnement caractérisé par un régime d’insécurité pour les journalistes et professionnels des médias qui sont régulièrement « attaqués, emprisonnés, censurés, intimidés, victimes de violences ou même tués, simplement pour avoir fait leur travail », comme l’a relevé António Guterres, le Secrétaire Général de l’ONU dans son message à l’occasion de cette célébration. Les chiffres indiquent qu’entre 2019 et 2025, au Cameroun quatre (04) journalistes ont été tués (Samuel Wazizi, Martinez Zogo, Rév Ola Bébé, Any Ndeh Nso) et les coupables non toujours pas été ni identifiés ni punis ; cinq (5) autres journalistes sont encore maintenus en prison pour des délits déguisés en crimes (Thomas Awah Junior, Mancho Bibixy, Kingsley Njoka, Amadou Vamoulke,...). Last but not the least, 48 heures avant la tenue de ce Forum, le journaliste de Cameroon Tribune, Fred Vubem a été enlevé dans la région du Nord-Ouest par l’un des gangs armés qui entretiennent la crise sécuritaire dans laquelle est plongée les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest depuis près de dix ans. Si à cela, on ajoute une régulation répressive et partiale, cela confirme que : « Malheureusement, ce travail est plus difficile chaque année. Et plus dangereux » au Cameroun aussi, comme l’a indiqué António Guterres, dans le message suscité.



Untel climat n’est pas favorable a assuré la construction d’un Etat démocratique et un processus électoral sain. D’où la nécessite de créer un environnement propice pour les journalistes. Cela implique de nombreux niveaux d’action parce que cela relève d’un des nombreux défis qui ne peut pas être relevé tout seul. Dans cette optique, la célébration de la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse, chaque 3 mai, sonne comme une occasion idoine de rappeler aux gouvernements la nécessité de respecter leurs engagements en faveur de la liberté de la presse et de servir de réflexion profonde pour les professionnels des médias sur les questions relatives à : - l’évaluation de la liberté de la presse au Cameroun, - la défense des principes fondamentaux de la liberté de la presse et l'indépendance des médias, - la promotion de l’éthique professionnelle et la déontologie, - la commémoration des journalistes qui ont perdu la vie dans l’exercice de leur métier. C’est dans cet optique le thème de cette 7è édition est intitulé : « Désinformation et discours haineux : Enjeu de la liberté de presse en contexte électoral ». Il était question de s’arrimer à l’actualité qui veut que le Cameroun va organiser dans les prochains douze mois, quatre (04) élections (Présidentielle, Régionales, Législatives et Municipales) très importantes et très déterminantes dans la vie d’un pays. « Les journalistes et les médias ont un rôle important pour assurer un processus électoral crédible. Parce que la liberté de la presse et la liberté électorale sont des moyens nécessaires et indispensables de lutter contre les discours haineux et les discours tribaux. Ce d’autant plus que ces fléaux sont favorisés par l’opacité de l’information et les dysfonctionnements électoraux », a souligné Philippe Nanga, Coordonnateur de l’Ong Un Monde Avenir. Et de poursuivre : « Sans les médias libres en contexte électoral, on s’expose à des crises sociales incontrôlables. Parce que les médias sont au cœur de l’éducation et l’accompagnement des publiques en cette période sensible. Raison pour laquelle les administrations publiques doivent comprendre l’intérêt et l’importance de protéger la liberté de la presse et la liberté électorale ». Parce qu’il faut éviter comme le dit le chanteur Alpha Blondy dans la chanson en hommage à Norbert Zongo: « La démocratie du plus fort » continue à prospérer



La centaine de participants, parmi lesquels des journalistes, des professionnels des médias, des universitaires, des institutions publiques sectorielles, et la société civile, réunie au cours de ce Forum, présidé par le Gouverneur de la région du Littoral, représenté ; accompagné par des représentants de la Délégué régionale de la Communication, de la Chef d’Antenne régionale d’Elecam et du Chef d’antienne de la Commission Nationale de la Promotion du Bilinguisme et du multiculturalisme du Littoral, ont parcouru « l’ensemble des enjeux complexes de cette longue période électorale et surtout interpeller la responsabilité de tous ces acteurs dans la préservation de la paix au sortir de tous ces scrutins en contribuant au renforcement de la liberté de la presse et aux valeurs démocratiques, et non à leur érosion », a déclaré Mathieu Nathanaël NJOG, Président du Comité d’organisation du Forum. Après les discours des officiels, les enseignements des experts, les travaux en ateliers, les participants ont produit une déclaration et un communiqué final dans lesquels ils ont affirmé la nécessité du renforcement de la liberté de la presse et l’accès aux sources d’informations officielles. Parce que sans la liberté de la presse, il n’y a pas de liberté. Autrement dit, la liberté de la presse est le fondement même de la démocratie et de la justice.  Surtout que pour l’Unesco, « L’information est un bien public, le journalisme libre et indépendant est un bien commun essentiel ». Parce que les médias indépendants nourrissent la démocratie en informant les citoyens, en améliorant leur connaissance des affaires publiques, en favorisant le dialogue et une interactivité. Conséquence, des citoyens bien informés et bien renseignés peuvent participer activement à la démocratie et prendre des décisions éclairées. Et António Guterres de souligner que : « Le journaliste est l’épine dorsale de la transparence, de la justice, de l’égalité et des droits humains. Partout, les journalistes doivent pouvoir informer librement, sans crainte ni parti pris. Lorsque les journalistes sont empêchés de faire leur travail, c’est toute la société qui en paye le prix ».



Delphine Nkengni (Stagiaire)




Article publié dans le journal Le Canard Libéré du Cameroun

www.lecanardlibere237.com


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