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Polémique autour de la périodicité qui passe de deux à tous les quatre ans

COUPE D'AFRIQUE DES NATIONS


Lors de l’Assemblée générale de la Confédération Africaine de Football qui a précédé le démarrage de la 35è édition de la Coupe d’Afrique des Nations, le président Patrice Motsepe a annoncé que la compétition sportive la plus prisée du continent va changer de périodicité pour passer de deux à quatre à partir de 2028, avec la compensation d’une Ligue des Nations pour s’aligner sur ce qui se fait en Europe, Amérique du sud, et Asie. On y voit un changement imposé par la FIFA qui pose un sérieux problème d’identité du football africain.





L’annonce a été faite à Rabat au Maroc, lors de la session ordinaire de l’Assemblée Générale de la Confédération Africaine de Football (CAF) qui a précédé le démarrage de la 35è édition de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN). La compétition sportive la plus prisée du continent et la deuxième au niveau mondial va changer de périodicité pour passer de deux à quatre à partir de 2028, avec en compensation l’organisation d’une Ligue Africaine des Nations pour s’aligner sur ce qui se fait à l’UEFA (Europe), l’AFC (Asie), et la CONMEBOL (Amérique du Sud). Pour la circonstance, le Président de la CAF, Patrice Motsepe était en compagnie Gianni Infantino, Président de la Fifa. Depuis que ce dernier dirige la faîtière du football mondial, sa détermination à bouleverser le football africain et lui faire perdre son identité est affichée. Après avoir obtenu l’éviction d’Issa Hayatou à la tête de la CAF au profit du Malgache Ahmad Ahmad, il avait réussi avec le soutien de la Fédération de Marocaine Football de faire déplacer l’organisation de la CAN aux années paires pour les placer aux années impairs et des mois de janvier-février pour ceux de juin-juillet. Malgré l’évocation du climat, avec les fortes pluviométries des mois de juin et juillet dans la majorité des pays africains, pour résister à cette réforme,  le Maroc avait donné son coup pouce dans l’espoir de faire appliquer ces changements lors de cette 35è édition de la CAN. Mal lui en a pris, il y a eu à chaque fois chevauchement avec l’organisation d’une compétition FIFA. La Coupe du Monde des clubs en juillet 2025, et la Coupe du Monde en juin-juillet 2026.

Maintenant, comme un couperet, Patrice Motsepe vient céder à la pression de la FIFA et des clubs européens pour que la compétition reine du football africain, ne soit organisée que tous les quatre ans à partir de 2028, au lieu de deux ans actuellement. Les voix s’élèvent pour dénoncer cette inféodation de la FIFA sur la CAF aussi au plan organisationnel, calendaire et même marketing. « Il est temps de le dire avec clarté : le football africain n’a pas à se plier, une fois de plus, à des injonctions venues d’ailleurs », s’offusque Gérard Dreyfus, journaliste à la retraite et expert du football africain. La CAN s'est mise en difficulté. La dernière CAN à avoir eu lieu dans son ADN remonte à 2012. Conséquence plus personne ne connait sa périodicité et on aboutit à des changements de dates pour des organisations de sauvetage. Or, la CAN est pour le continent, bien plus qu’un événement sportif. C’est une célébration de son identité, un puissant levier de cohésion sociale, et surtout une manifestation concrète de l’investissement des peuples africains. Parce que, contrairement aux compétitions de la FIFA ou de l’UEFA, le financement de la CAN repose majoritairement sur les États africains et donc sur le contribuable africain : - Prise en charge des sélections nationales, - ⁠Construction et réhabilitation des infrastructures, - Équipements logistiques et sécuritaires, - Paiement des droits de retransmission par les chaînes publiques. Dans ce contexte, il est injustifiable et économiquement inéquitable d’imposer un modèle calqué sur les standards de la FIFA et de l’UEFA. Parce que, le faire reviendra à spolier les peuples africains qui se retrouvent contraints de perdre son identité.


Dénonciations


Pour plusieurs observateurs avertis, la CAF prend avec cette réforme le risque de mettre à mal son équilibre financier et singulièrement de ses fédérations membres. Puisque, la vérité est que la CAN est aujourd'hui la seule compétition qui rapporte de l'argent à la CAF, aux Fédérations membres, aux joueurs locaux, aux médias, aux supporters, et aux économies nationales. C’est dire que la priver de sa fréquence actuelle, ce serait l’amputer de sa force. C’est pourquoi, certains pensent que les gouvernements africains doivent s’intéresser à cette réforme et parler d’une seule voix pour refuser cette colonisation. Car, in fine, il s’agit de l’identité, de l’histoire, des archives, de la culture, des héros et de la mémoire collective du peuple africain qui est ainsi pris en otage. Il s’agira d’un geste politique dans le sens noble du terme, et l’Afrique doit saisir cette brèche. Parce qu’il s’agit derrière chaque CAN de célébrer une Afrique populaire, celle qui vibre dans les rues, dans les quartiers, et dans les cœurs. Ce ne serait pas une immixtion dans une affaire associative parce que la CAN relève d’une question de souveraineté et de patrimoine stratégique du continent. Même s’il y a des africains qui trouvent ce changement annoncé comme une révolution. Soulignant qu’elle va permettre de s’arrimer à la donne mondiale et aussi rendre plus onéreux les droits télés, les droits sponsorings. Sur le plan sportif, la CAF dit compenser ce décalage quadriennal avec le lancement « d’une nouvelle Ligue Africaine des Nations (bisannuelle) passionnante » et garantit qu’elle accueillera, chaque année, une compétition d'équipe nationale senior de classe mondiale à laquelle les meilleurs joueurs africains participeront.

Seulement, il y a une vingtaine de nations africaines qui n'ont pas de stade homologué à domicile pour accueillir les matches de cette nouvelle compétition. Ce qui va enlever la ferveur populaire. Pour Gérard Dreyfus, il ne l’omnbre d’aucun doute que La volonté de faire passer la CAN d’un rythme biennal à un rythme quadriennal n’a rien d’innocent. C’est une tentative de réduire la visibilité du football africain, de le rendre plus discret, plus docile, plus compatible avec les agendas européens et les logiques commerciales qui ne profitent qu’à quelques-uns. « On voudrait que l’Afrique se contente des miettes, qu’elle renonce à son propre tempo, à sa propre dynamique, à sa propre fête ». Au final, les experts avec des avis plus médians reconnaissent les perturbations que la CAN a enregistré ces quinze dernières années avec les annulations, déplacements et reports incessants ont fait beaucoup de mal à la crédibilité de la compétition et du football africain. Mais continue à soutenir que la réforme constitue une révolution pour le continent même s’ils reconnaissent que cela risque d'ébranler cet édifice, certes fragile qui a été bâti depuis 70 ans. C’est pourquoi, sans appeler à la résistance de la CAF, ils appellent les instances dirigeantes à rassurer et à éclaircir certains points, notamment cette succession de deux CAN en deux ans (2027 et 2028) annoncée pour servir de phase transitoire.




Mathieu Nathanaël NJOG

 
 
 
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