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Un trafic savamment entretenu par les autorités compétentes met le gouvernement à nu



EXPLOITATION DE L'OR


Depuis le 29 décembre 2025, le Ministre des Mines, de l'Industrie et du Développement Technologique, Pr. Fuh Calistus Gentry brille par une forte activité littéraire pour justifier les révélations issues des rapports respectifs d'Interpol et l'ITIE sur l’énorme écart qui existe entre les exportations d’or officiellement déclarées : 22,2Kg et celles révélées : 15,5 tonnes par le marché mondial de l’or dont la place financière se retrouve à Dubai aux Emirats Arabes Unis. Soit plus de 1 000 milliards de Fcfa ainsi distraits qui auraient permis de booster l’économie nationale et atténuer la pression fiscale. Accusez levez-vous !




Dans son rapport 2023, l'Agence internationale de contrôle de la circulation des produits miniers et des minerais : l’ITIE (Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives) a révélé que le Cameroun a exporté 15,2 tonnes à destination des Émirats Arabes Unis qui est la place financière mondiale de l’or, alors que les chiffres officiels du Cameroun font état de 22,3 Kg d’or exportés. Autrement dit, l'État n’a capté qu'une fraction infime (environ 0,14 %) de la richesse réelle produite ou transitant par son sol. Cet écart énorme de plus 14,777 tonnes met à nu le scandale d’un trafic qui doit profiter à une poignée de personnes qui sont tapis dans l’ombre soit dans les hautes sphères de l’Etat, soit couvertes par ces dernières comme en témoigne cette correspondance du Ministre des Mines, de l'Industrie et du Développement Technologique (MINMIDT) a.i Pr. Fuh Calistus Gentry, datée du 15 décembre 2023 dont nous détenons une copie à notre rédaction. Dans laquelle, il demandait à Mme le Délégué Régionale du MINMIDT du Littoral, de se rapprocher du Commissaire de l'Aéroport International de Douala, afin de restituer le 18 octobre 2023, à sieur Abba Koura Baba, une exportation sans déclaration de 44 lingots d'or d'une masse totale de 25, 910 51 Kg. Or, cette même année-là, seuls 22,2 Kg d’or sont officiellement déclarés dans les statistiques officielles des exportations des administrations compétentes (Direction Générale des Douanes, SONAMINES, MINMIDT,…). Pour l’homme politique, Mamadou Mota : « Pour 22 kg déclarés, 15 tonnes s'envolent. Ce n'est plus un écart, c'est un gouffre. C'est le pillage organisé d'un peuple, documenté noir sur blanc par ceux-là mêmes qui ont pour mission de le protéger ». Et d’ajouter : « Quand 15 tonnes de métal précieux quittent un territoire pour atterrir dans les coffres de Dubaï, ce n'est pas de la contrebande artisanale, c'est une logistique de haute voltige que seule la complicité ou l'incompétence criminelle rend possible ».

Preuve s’il en était encore besoin que le trafic illégal de l’exportation de l’or est contrôlé et protégé par le vaste réseau qui a commandité la restitution de cette saisine. Sinon, comment comprendre que cette cargaison d’or n’avait pas été remis à la Société Nationale des Mines (SONAMINES) qui est seule compétente pour commercialiser à l'étranger l'or du Cameroun. Ou encore référer le contrebandier, Abba Koura Baba, qui n’avait pas pu justifier le moindre document qui l’autorisait à transporter cette quantité d’or afin que cette société prélève l'impôt synthétique minier libératoire en nature et des droits de sortie pour le compte de l'Etat. Dans un autre communiqué du 29 décembre 2025, en notre possession, le MINMIDT, Fuh Calistus Gentry va s’essayer à une justification grossièrement maladroite de ces énormissimes écarts constatés par les rapports d’Interpol et de l’ITIE. Arguant que : « L'or produit au Cameroun provient essentiellement de l'artisanat minier et de l'artisanat sémi-mécanisé qui se mènent comme dans d'autres pays africains, sans étude de faisabilité préalable pouvant permettre à l'Etat d'anticiper sur la production attendue ». Autrement dit, le MINIMIDT reconnaît que la production n’a pas de mécanisme de contrôle permettant toute planification économique sérieuse. De quoi s’interroger sur l’intérêt du gouvernement de laisser un secteur aussi stratégique dans une situation névralgique de l’économie informelle. Pis encore, le Ministre avoue qu’en « sa qualité de comptoir unique et exclusif d'achat et de commercialisation de l'or, la SONAMINES ne dispose pas de moyens financiers et technologiques pour le rachat de la quote-part détenue par les opérateurs et le suivi de la production ». Une justification d'une légèreté outrancière qui révèle le gravissime aveux de l'impuissance et des failles systémiques de l'administration camerounaise. Par ailleurs, il évoque comme troisième raison que les écarts observés proviendraient des pays voisins dont les exportateurs utilisent l'origine Cameroun pour acheminer leur or aux Emirats Arabes Unis. Le membre du gouvernement étale ainsi le niveau de porosité des frontières camerounaises qui serait entretenu par une corruption rampante des administrations publiques compétentes.




Le Cameroun perd des milliers de milliards de FCFa en devises


L’homme politique, Me Christian Ntimbane bat cela en brèche pour souligner que : « C'est le document douanier de déclaration d'exportation des Douanes camerounaises, et/ou par la SONAMINES, émis au moment de l'exportation de l'or qui sert de preuve ou d'attestation de l'origine camerounaise en commerce international ». Sentant que cette communication a été contre-productive, le Ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique va publier sur sa page Facebook un document de la revue UN Comtrade  Swissaid  présentant l’ampleur du phénomène des écarts entre les chiffres officiels et ceux du marché mondial dans sept (07) pays Afrique au cours de l’année 2024 : - Soudan , 29 tonnes ; - Togo, 32 tonnes ; - Lybie, 97 tonnes ; - Tchad, 28 tonnes ; - Rwanda, 19 tonnes ; - Ouganda, 9 tonnes ; Ghana, 80 % de l'or importé échappe au circuit formel... Et de commenter que : « Ces chiffres démontrent à suffisance que les écarts entre les quantités déclarées et les quantités importées ne sont pas un phénomène typiquement camerounais, bien au contraire, et selon les experts, les mesures de sauvegardes implémentées par le gouvernement camerounais à partir de janvier 2026 via le MINDMIT pourront faire du Cameroun le leader mondial en matière de captation des ressources aurifères ». Une comparaison que le gouvernement utilise pour exhiber la médiocrité comme un critère d’excellence afin de justifier les pillages à ciel ouvert. Des pillages qui font perdre à l'Etat du Cameroun l'équivalent en devises de milliers de milliards de FCFA chaque année selon les données ITIE. Un autre témoignage fait état de ce qu’un pays comme le Ghana a tiré les leçons de ses dérives dans l’exportation clandestine de l’or et depuis 2025, qui a permis de générer 5 000 milliards de FCFA (soit environ 10 milliards de Dollars en devises). Soit 85% du budget du Cameroun, simplement en sécurisant les opérations d'exportation de l'or artisanal.

A contrario, au Cameroun, le Ministre par intérim chargé des Mines, Fuh Calistus Gentry, déclare que les actions menées par son Ministère et la SONAMINES ont permis d'augmenter les réserves d'or du Cameroun 37 Kg à environ 1 500 Kg au cours des dernières années. Un chiffre dérisoire, comparé aux 15,200 tonnes exportées clandestinement en une seule année.  Vivement que les actions annoncées pour faire du secteur de l'or une niche exceptionnelle de ressources financières pouvant contribuer à l'élargissement de l'assiette fiscale et au renforcement des réserves d'or de l'Etats soient efficientes et efficaces. Des observateurs avertis en doute, car les pontes du régime, des membres de leurs familles et leurs complices étrangers, ne sont pas prêts à lâcher prise sur ce réseau bien huilé qui permet de vendre clandestinement des tonnes d’or et d’autres minerais (tel que le diamant) en toute impunité à travers le monde. Or en exploitant de manière efficace la production de l’or et du diamant, le Cameroun pourrait drastiquement augmenter ses recettes budgétaires à plus de 20 000 milliards de FCFA par an. Ainsi, « le Cameroun n'irait plus s'endetter pour avoir des devises comme il le fait en ce moment auprès des institutions de Bretton Wood afin d'obtenir ce qu'on appelle des DTS (Droits de Tirage Spéciaux) qui ne sont rien d'autre qu'un ensemble de devises qui auraient permis d’équilibrer la balance du commerce extérieur», soutient notre source qui poursuit : « Avec son or, le Cameroun peut aussi créer sa monnaie et sortir du FCFA comme l’appelle de tous leurs vœux la majorité des Camerounais ». En l’état actuel de la situation, ce n’est rien plus qu’un détournement de patrimoine commun par une poignée d’individus. Il serait important de savoir qu'on ne cultive pas ces minerais. Que leur exploitation sauvage les vide et ils ne repoussent plus. A la vérité, ce réseau mafieux est en train de faire du mal au Cameroun et aux générations futures en appauvrissant ce pays durablement, pour leurs intérêts personnels.

 

Mathieu Nathanaël NJOG

 
 
 
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