Après les conférences budgétaires, cap sur la session budgétaire du Conseil des Ministres de l’UEAC
BUDGET 2027 DE LA CEMAC
Dans le cadre de l’élaboration du budget de la Communauté pour l’exercice 2027, les institutions communautaires de la CEMAC ont tenu en visioconférence, leurs traditionnelles conférences budgétaires du 14 au 18 septembre 2026. Placée sous le signe de la rigueur et de l'efficacité, cette édition revêt une importance capitale pour l'avenir de l’intégration régionale.

Le rituel est connu, mais cette année, son écho prend une résonance toute particulière. Du 14 au 18 septembre 2026, l’état-major financier de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) s’est enfermé, par la magie des câbles et des écrans interactifs, dans ce qui constitue la matrice même de la vie communautaire : les traditionnelles conférences budgétaires. Cinq jours de palabres techniques, d'arbitrages chirurgicaux et d'auscultations minutieuses des comptes, visant à façonner le budget de la Communauté pour l’exercice 2027. Dans une Afrique centrale confrontée aux secousses économiques mondiales et à des contraintes structurelles tenaces, l’exercice de cette année dépassait la simple arithmétique comptable : il s'agissait de redonner de la voix et du souffle à l'intégration régionale.
Les consignes de fer du Président Baltasar Engonga Edjo’o
À l’origine de cette dynamique d'austérité assumée, une feuille de route sans concession. Dans sa lettre de cadrage budgétaire, le Président de la Commission de la CEMAC, S.E. Baltasar Engonga Edjo’o, a donné le ton : l'heure n'est plus aux envolées lyriques ni aux prévisions hors sol. Le maître du palais de la Commission a fixé des gardes-fous d’acier autour de trois piliers fondamentaux : - Une prudence de sioux sur la TCI : Les prévisions de ressources liées à la Taxe Communautaire d’Intégration (TCI) doivent être abordées avec la plus extrême réserve. Tant que le mécanisme de recouvrement automatique n'est pas intégralement déployé et fonctionnel dans l'ensemble des six États membres, pas question de vendre la peau de l'ours. - L’étanchéité absolue du bilan : Règle d'or décrétée par la haute hiérarchie : aucun engagement financier ne saura être pris s'il n'est adossé à des ressources certaines, liquides et immédiatement disponibles. L'ère du crédit virtuel est révolue. - Le scalpel dans les dépenses : Les crédits disponibles iront en priorité absolue aux actions à fort impact communautaire et aux projets arrivés à pleine maturité. Les projets fantômes et les saupoudrages budgétaires sont renvoyés aux oubliettes. C'est fort de ces instructions que le Vice-Président de la Commission et Président du Comité Budgétaire a ouvert les débats, rappelant aux participants que ces assises ne relevaient pas d'une routine technocratique, mais bien d'un moment de vérité pour évaluer la capacité réelle de la CEMAC à répondre aux aspirations des populations de la sous-région.

La mécanique Beyeme Nguema et le saut historique du « Budget-Programme »
Sur le terrain de la manœuvre technique, c’est le Commissaire en charge du Département des Politiques Économique, Monétaire et Financière, Monsieur Nicolas Beyeme Nguema, qui a tenu la barre. Avec la rigueur méthodique qu'on lui connaît, il a supervisé l'épluchage systématique des rapports d'activités, le bilan d'exécution des exercices écoulés et l'examen de passage des projets soumis par le maillage institutionnel de la Communauté. Mais le grand tournant de ces conférences budgétaires 2026 restera incontestablement l’expérimentation pilote du Budget-Programme pour le projet de budget de la Commission. Une véritable révolution de palais dans la culture managériale de l'institution ! Fini le temps des budgets de moyens alignés par habitude bureaucratisée. Désormais, chaque franc CFA injecté doit correspondre à un objectif stratégique mesurable, en adéquation étroite avec le Plan Stratégique 2027-2030 de la Commission. Si le Comité Budgétaire a salué la maturité de cette grande première, il a aussitôt invité l'ensemble des acteurs à enfoncer le clou pour affiner la lisibilité et la performance des politiques publiques communautaires.
Arbitrages, prescriptions et horizon UEAC
Pendant cinq jours, Cours communautaires, Parlement, écoles de formation, institutions spécialisées et agences d’exécution sont passés au grill des arbitrages. À la sortie de ce marathon visuel, la synthèse des Recommandations s'articule autour de trois impératifs de survie institutionnelle : - La stabilisation définitive du recouvrement de la TCI ; - La diversification urgente des ressources propres de la Communauté ; - La maîtrise drastique des charges de personnel couplée à un provisionnement prudentiel des risques. La parenthèse des conférences budgétaires s'étant refermée sur un « optimisme pragmatique », les yeux sont désormais rivés vers le Conseil des Ministres de l’Union Économique de l’Afrique Centrale (UEAC). Par une note circulaire signée le 16 septembre 2026, le Président Baltasar Engonga Edjo’o a formellement balisé le calendrier de la 46ème session ordinaire de cette instance décisionnelle, concertée avec la présidence du Conseil. Le rouleau compresseur institutionnel est en marche : du 26 au 28 septembre 2026, le Comité Inter-États épluchera les synthèses budgétaires, avant de transmettre son verdict définitif le 02 octobre 2026 aux ministres pour l’adoption solennelle du budget communautaire 2027. L’intégration en Afrique centrale a trouvé son cap : celui de la responsabilité budgétaire et du résultat tangible.
Mathieu Nathanaël NJOG
Journaliste d'Investigation, Grand Reporter & Analyste Spécialisé des Questions Economiques


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