La Douane veut serrer la vis à l'export pour contribuer la traçabilité de l'or et du cacao
DIRECTION GENERALE DES DOUANES
Modernisation informatique, traçabilité de l'or et sécurisation des recettes sont au cœur de la feuille de route dictée lors du Comité de direction de la Direction Générale des Douanes ce lundi 21 septembre 2026 à Yaoundé. En l'absence du Directeur Général, les travaux ont été ouverts par Konneh Gasper Neba, Chef de la Division des Études, de la Facilitation des Échanges et de l’Analyse des risques, avant d'être conduits par Madame Bowombe Tabi Angele, Chef du Centre d’Instruction Douanière. Cette session stratégique a permis de passer au crible la matrice des activités de l'administration douanière camerounaise, avec une priorité absolue : optimiser les performances et verrouiller les canaux de fuite des capitaux.

Ce lundi 21 septembre 2026, l’enceinte de la Direction Générale des Douanes (DGD) à Yaoundé a abrité une session particulièrement dense du Comité de direction hebdomadaire. Dans une conjoncture économique internationale où chaque centime de recette publique compte pour préserver l’équilibre budgétaire du Cameroun, l’administration douanière n’entend concéder le moindre répit aux fraudeurs et aux circuits informels d'évasion financière. En l’absence du Directeur Général, la séance s’est ouverte sous la houlette de Konneh Gasper Neba, Chef de la Division des Études, de la Facilitation des Échanges et de l’Analyse des risques. Après la fixation du cadre méthodologique et l’évaluation préliminaire des indicateurs de risques, la conduite opérative des travaux a été confiée à Mme Bowombe Tabi Angele, Chef du Centre d’Instruction Douanière. Dans ce cadre d'arbitrage pragmatique, la hiérarchie a passé en revue la matrice d’activités globale des douanes camerounaises avec un mot d’ordre d’une netteté absolue : optimiser les performances de collecte et verrouiller sans complaisance tous les canaux de fuite des capitaux.
Le coup d'arrêt à l'hémorragie des ressources
L’un des moments forts et les plus révélateurs de ce Comité de direction réside dans la présentation détaillée faite par la Division des Statistiques et du Recouvrement (DGD7), axée spécifiquement sur la problématique de la fuite et de l'exportation illicite de l'or. Les flux transfrontaliers non déclarés ou sous-évalués privent l’État de ressources financières considérables, tout en alimentant des circuits financiers opaques. Pour contrer cette fraude structurelle, la Direction Générale des Douanes innove en proposant l'instauration d'un mécanisme audacieux : le « parallélisme des données ». Cette démarche novatrice consistera à croiser systématiquement et en temps réel les déclarations d'exportation enregistrées au Cameroun avec les données douanières consolidées des pays de destination finale. Grâce à cette recoupement documentaire automatisé, l'administration compte déceler instantanément les écarts de valeur, de poids et de nature des cargaisons.
Dans le même sillage, la DGD entend durcir drastiquement le contrôle de la notion d'origine des métaux précieux. La hiérarchie juge sévèrement les attestations d’origine actuelles, trop souvent adossées à de simples déclarations de bonne foi des opérateurs économiques, un dispositif qualifié de vulnérable et insuffisamment fiable. Désormais, des exigences de preuves matérielles et de certification rigoureuse viendront conditionner toute formalité douanière sur les substances précieuses. Parallèlement au dossier de l'or, la situation des exportations de cacao camerounais vers le Nigéria, en particulier dans la Région du Sud-Ouest, a été portée au centre des délibérations. Face aux réseaux de contrebande transfrontalière et aux fuites de récoltes échappant au circuit officiel de commercialisation et de taxation, la DGD a acté qu'un examen plus approfondi sera consacré à ce dossier hautement sensible lors des toutes prochaines sessions du Comité de direction.
Un verrouillage méthodique du « Top 70 » des produits stratégiques
Face à l’exigence impérieuse de maximisation des ressources budgétaires nationales, la Direction Générale des Douanes réoriente la puissance de son dispositif de contrôle vers les flux commerciaux ayant le plus fort impact sur les caisses du Trésor public. Les débats du Comité de direction ont formellement acté un encadrement strict et des mécanismes de surveillance accrus sur deux cartographies marchandes clés : - Le Top 50 des principaux produits à l'importation, regroupant les marchandises de grande consommation et les biens d'équipement lourds à fort potentiel fiscal ; - Le Top 20 des principaux produits à l'exportation, englobant les ressources naturelles et agricoles stratégiques du pays. Ce ciblage opérationnel permettra d'éradiquer la sous-évaluation douanière et les fausses déclarations d'espèce ou d'origine. Des mesures d'encadrement supplémentaires, incluant la révision des valeurs mercuriales et le renforcement des contrôles d'immatriculation documentaire, seront définies à très court terme pour fermer hermétiquement toute possibilité de minoration des droits et taxes exigibles sur ces produits phares.

Un recentrage pragmatique sur les urgences de rendement
Outil central de la dématérialisation et du suivi des procédures de dédouanement au Cameroun, le système informatique douanier CAMCIS poursuit sa mutation. Toutefois, face aux contraintes temporelles et opérationnelles de l'exercice 2026, l'heure est résolument aux choix pragmatiques. La Division de la Coopération Internationale et des Bases de Taxation a soumis à l'assistance un diagnostic exhaustif du fonctionnement de l'outil informatique, structuré autour de cinq axes de développement. Prenant acte de ce bilan technique, la Direction Générale des Douanes a tranché en faveur d'une rationalisation immédiate des efforts : les ressources informatiques et logistiques seront concentrées exclusivement sur les urgences directes de performance financière. Dans cette optique de rationalisation, deux priorités stratégiques sont maintenues et renforcées au sein de la plateforme CAMCIS : - La collecte optimisée des recettes liées à la téléphonie, secteur en forte expansion dont la sécurisation des flux de taxation constitue un enjeu financier majeur ; - Le contrôle rigoureux et automatisé des documents émis par la SGS (Société Générale de Surveillance), afin d'assurer l'authenticité parfaite des attestations de vérification à l'embarquement et d'empêcher toute manipulation de données au moment de la liquidation des droits.
Une saisie d'or d'éclat au Centre et une mobilisation continue à l’Est
La réunion du Comité de direction a également offert une tribune pour évaluer la réactivité et l'efficacité des structures opérationnelles sur le terrain. Les rapports présentés témoignent d’un maillage territorial vigilant et d’une collaboration inter-institutionnelle fructueuse. Au sein du Secteur des Douanes du Centre, un coup d'arrêt important a été porté aux réseaux d'évasion matérielle : une saisie majeure d'environ un kilogramme de bijoux en or a été opérée avec succès, en étroite collaboration avec l'Agence Nationale d'Investigation Financière (ANIF). S'exprimant sur ce cas emblématique, la hiérarchie douanière a fermement rappelé l'obligation absolue de suivre strictement la procédure légale et réglementaire pour le traitement contentieux, le scellé et la liquidation de cette affaire, afin d'en garantir la parfaite sécurité juridique et financière. Au Secteur des Douanes de l'Est, zone frontière névralgique pour les échanges terrestres régionaux, les équipes restent pleinement mobilisées sur les opérations de collecte des recettes en boucle locale. Pour maintenir la pression administrative et prévenir tout relâchement dans la chaîne de commandement, la Direction Générale a exigé le maintien strict et sans discontinuité de la transmission des rapports hebdomadaires de performance et de contrôle.
Une feuille de route fermement orientée vers la souveraineté budgétaire
Au moment de clore les travaux de cette session du lundi 21 septembre 2026, Madame la présidente de séance, Bowombe Tabi Angele, a réitéré avec fermeté les grandes orientations stratégiques devant guider l'action de l'ensemble des services centraux et déconcentrés jusqu'à la fin de l'année 2026 : - L'encadrement méthodique et sans concession des produits du « Top 70 » à fort potentiel fiscal ; - L'accélération décisive des contrôles sectoriels ciblant les filières sensibles comme celles de l'or et du cacao ; - La numérisation pragmatique et orientée résultats de la plateforme informatique CAMCIS. À travers ces arbitrages fermes et ces innovations méthodologiques, à l'instar du parallélisme des données douanières, la Direction Générale des Douanes réaffirme sa détermination inflexible à sécuriser chaque fraction de la matière imposable et à garantir, avec rigueur et professionnalisme, la souveraineté budgétaire de la République du Cameroun.
Mathieu Nathanaël NJOG
Journaliste d'Investigation, Grand Reporter & Analyste spécialisé des Questions Economiques



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