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Le Cameroun lance le cri d'alarme de New York pour une riposte politique et diplomatique mondiale

il y a 22 heures
5 min de lecture

HEPATITES VIRALES

Alors que la communauté internationale s’est réunie à New York en marge de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies, le Cameroun a porté la voix des pays en première ligne contre l’une des crises sanitaires les plus silencieuses et meurtrières du siècle. Mandaté au plus haut sommet de l’État par le Président de la République, Son Excellence Paul Biya, le Ministre de la Santé Publique, le Dr Manaouda Malachie, a livré un plaidoyer vibrant lors de la 5ᵉ réunion annuelle du Groupe des amis des Nations Unies pour l’élimination des hépatites. Entre le constat amer d’une inertie globale et l'exhibition d’avancées nationales concrètes, Yaoundé appelle désormais à une rupture diplomatique majeure pour vaincre le virus d'ici 2030.


Dans les couloirs feutrés du siège des Nations Unies, où s’articulent d’ordinaire les grandes manœuvres géopolitiques et les arbitrages diplomatiques sur la paix mondiale, une urgence sanitaire majeure a enfin trouvé un écho à la mesure de sa gravité. Porteur des très hautes instructions du Chef de l'État camerounais, Manaouda Malachie a pris la parole le 21 septembre 2026 devant une assemblée de délégués et de diplomates venus de tous les continents. Au nom du Gouvernement camerounais, le chef de la délégation a d'emblée salué une convergence d’intérêts inédite autour d’une pathologie trop longtemps reléguée aux oubliettes des priorités globales. L’enjeu central de ce raout diplomatique ? L’élaboration et l’examen minutieux d’un projet de résolution stratégique relatif à l’élimination des hépatites, destiné à être soumis au vote souverain de l’Assemblée générale des Nations Unies. Pour Yaoundé, il s'agissait de transformer ce rendez-vous institutionnel en un véritable tournant historique, capable d’éveiller les consciences collectives et d’impulser une dynamique multilatérale irréversible.


L'inexcusable paradoxe d’un drame à huis clos

Face à l’auditoire onusien, le patron de la santé publique camerounaise n’a pas usé de la langue de bois diplomatique. C'est avec la rigueur d’un diagnostic éclairé qu'il a mis à nu l'incohérence fondamentale de la riposte mondiale actuelle. Le monde scientifique dispose aujourd’hui de tous les leviers nécessaires : un vaccin préventif d’une efficacité redoutable contre l’hépatite B, des outils de dépistage rapide de plus en plus accessibles, et des molécules thérapeutiques capables de guérir l’hépatite C ou de contrôler durablement l’hépatite B. Pourtant, malgré ce bouclier scientifique, la réalité statistique demeure sanglante. Près de 287 millions d’êtres humains vivent encore avec le virus de l’hépatite B ou C dans leurs veines, et 1,3 million d’entre eux périssent chaque année dans l'indifférence quasi générale. Pour Manaouda Malachie, cette tragédie n’est plus tolérable. Il a martelé avec force que l’élimination des hépatites ne saurait être dissociée des grands chantiers mondiaux que sont la Couverture Sanitaire Universelle (CSU), la santé maternelle et infantile, la sécurité transfusionnelle et la prévention du cancer du foie, dont l'hépatite reste le principal pourvoyeur. Le constat est brutal : ces pathologies n’ont jamais bénéficié d’un engagement politique ou de financements internationaux proportionnels au fardeau humain et économique qu'elles imposent aux nations en développement.


La trajectoire camerounaise : des réformes structurelles palpables

Loin de se cantonner à un simple réquisitoire, le Cameroun est venu crédibiliser sa posture internationale en présentant le bilan chiffré de ses réformes internes. Sous l'impulsion du Gouvernement, le paysage de la prise en charge médicale des hépatites sur le territoire national a connu une métamorphose remarquable en l'espace de deux exercices budgétaires. La stratégie de maillage territorial a porté ses fruits : le réseau national d’accompagnement est passé de 21 à 65 Centres de Traitement Agréés (CTA), réduisant drastiquement les distances physiques pour les patients des zones enclavées. Parallèlement, l’offensive sur le front du dépistage précoce enregistre des bonds spectaculaires. Protéger les générations futures : La couverture du dépistage chez les femmes enceintes s’est envolée, passant de 312 280 femmes testées en 2024 à 404 192 en 2025. Élargir le filtre au grand public : Au sein de la population générale, le nombre de personnes dépistées est passé de 245 296 à 336 400 sur la même période. Sur le plan réglementaire et préventif, l'actualisation du guide national de prise en charge clinique a permis d'harmoniser les protocoles thérapeutiques. L’introduction systématique de la dose de vaccin à la naissance contre l’hépatite B et la gratuité totale de la prophylaxie pour les femmes enceintes dépistées positives constituent des victoires majeures dans la rupture de la transmission mère-enfant. Désormais, le Cameroun fixe son cap sur l'intégration progressive des protocoles de prise en charge des hépatites dans le panier de soins de base de la Couverture Santé Universelle. La philosophie énoncée par le Ministre à la tribune de New York est sans équivoque : l'accès aux soins est un droit humain fondamental, et « aucune personne ne devrait renoncer au diagnostic ou au traitement pour des raisons financières ».

Cap sur 2028 : l'impératif d'une gouvernance mondiale contraignante

Pour le chef de la délégation camerounaise, le verrou essentiel n'est plus d'ordre médical ou technologique. Les incertitudes scientifiques sont levées ; le défi réside désormais dans la volonté politique, la mobilisation des ressources financières et la capacité d'organisation des réseaux de santé. Invoquant la déclaration ministérielle historique signée en mai 2026, le Cameroun estime qu'il faut dépasser le stade des intentions déclaratives. Le texte de mai doit servir de socle à un engagement international contraignant. Yaoundé formalise ainsi une proposition audacieuse : la tenue, sous l'égide de l'ONU, d'une Réunion de Haut Niveau sur les hépatites en 2028. « La bataille contre les hépatites virales ne sera gagnée ni dans la résignation ni dans la dispersion des initiatives. Elle exige un cadre multilatéral rénové, soutenu par des cibles chiffrées, des financements pérennes et des comptes à rendre devant la communauté des nations. » Cette conférence au sommet de 2028 devrait, selon le vœu du Cameroun, s'accompagner : - De cibles opérationnelles et mesurables adaptées aux réalités épidémiologiques régionales ; - D'un mécanisme rigoureux de redevabilité mutuelle entre les États parties ; - D'un modèle de financement durable sécurisant les plans nationaux de riposte ; - D'une réduction drastique des coûts directs supportés par les ménages, couplée à un accès abordable aux médicaments antiviraux et intrants de laboratoire. Pour concrétiser cette feuille de route, le Cameroun a lancé un appel vibrant à l'ensemble des États membres de l'ONU, exhortant les chancelleries diplomatiques et les ministères de la Santé à faire bloc pour que la voix et les spécificités des régions les plus sévèrement impactées au premier rang desquelles figure l'Afrique subsaharienne soient gravées dans l'agenda mondial.


Un partenariat d'action pour tenir le rendez-vous de 2030

Au terme de sa déclaration, Manaouda Malachie a réaffirmé la pleine disponibilité du Cameroun à s'investir dans ce combat de longue haleine. Yaoundé se dit prêt à conjuguer ses efforts avec les États membres, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le système des Nations Unies, l’Union Africaine, ainsi qu’avec les réseaux communautaires et les partenaires techniques et financiers. L’objectif avoué est de transformer la résolution en cours de discussion à l'Assemblée générale en un véritable accélérateur de résultats sur le terrain. Alors que l’échéance 2030 fixée par les Objectifs de Développement Durable (ODD) approche à grands pas, le Cameroun refuse de voir s'éteindre la promesse d'un monde libéré du fléau des hépatites. « Le temps du silence est terminé », a asséné le Ministre en guise de conclusion face à la communauté internationale. Un mot d'ordre souverain et solennel, qui résonne désormais comme un appel à l'action immédiate pour que la diplomatie sanitaire mondiale se donne enfin les moyens financiers et politiques d'honorer son devoir d'humanité.

Mathieu Nathanaël NJOG

 
 
 

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