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74,896 milliards de FCFA de CA et un trafic portuaire histoire de 13 millions de tonnes de marchandises en 2025

PORT AUTONOME DE DOUALA

Les bilans comptables de l'exercice 2025, clos au 31 décembre et passés au scanner de la 132e session du Conseil d’Administration qui vient de se de ce mois de mai 2026, viennent révéler une croissance organique indéniable sur le plan social. Conséquence des investissements sur un combinat portuaire de Douala-Bonabéri qui se réinvente, s'agrandit et consolide ses bases fondamentales. Mieux encore qui ne vacille pas sous le poids de la concurrence aussi bien nationale que sous-régionale.




Les comptes sociaux du Port Autonome de Douala révèlent une entreprise publique en pleine expansion et singulièrement résiliente. Le chiffre d’affaires propre à l’entité au 31 décembre 2025 s’est établi à 74,896 milliards de FCFA. Comparé aux 71,956 milliards de FCFA enregistrés en 2024, nous constatons une progression nette de 4,1 %, soit une augmentation de 2,940 milliards de FCFA en valeur absolue. Mieux encore, la rentabilité intrinsèque de l’outil portuaire de la capitale économique s’est raffermie. Le résultat net de l'exercice 2025, véritable baromètre de l'efficacité opérationnelle et de la rationalisation des charges, ressort un compte positif de 7,268 milliards de FCFA contre 6,242 milliards de FCFA en 2024. Cela représente un bond spectaculaire de 16 %. Parallèlement, la solidité financière globale se reflète dans la progression du total du bilan, qui passe de 505,4 milliards à 529,26 milliards de FCFA soit une balance de +4,47 %. Ces performances, validées lors des travaux de la 132e session du Conseil d’Administration sous la présidence de Shey Jones Yembe, ne sont pas des conjectures : ce sont des faits certifiés par les commissaires aux comptes. A l’observation, le périmètre global du Groupe affiche un chiffre d’affaires consolidé qui maintient son cap haussier à 119,616 de milliards FCFA (contre 114,199 milliards en 2024, soit une croissance soutenue de 5 %). En revanche, le résultat net consolidé affiche un repli à 5,664 milliards de FCFA contre 12,567 milliards de FCFA l'année précédente, subissant une baisse comptable de 55 %.

Cette baisse peut être mal interprétée, pourtant, elle n'est que la traduction logique d'une entreprise qui réinvestit massivement ses bénéfices dans ses filiales naissantes et ses régies opérationnelles. Il ne s'agit pas d'argent perdu, mais d'argent injecté dans le béton, l'acier et la technologie pour bâtir le Douala de demain. En effet, c’est sur les quais, au rythme des grues et dans l'effervescence des terminaux, que se mesure la véritable vitalité d'un port. Sur le plan purement opérationnel, l’année 2025 s'inscrit comme un millésime d’exception. Le trafic portuaire global a franchi pour la première fois de son histoire le cap symbolique des 13 millions de tonnes de marchandises. Une performance absolue, jamais atteinte depuis la création du combinat de Douala-Bonabéri. Cette trajectoire haussière port un démenti cinglant sur l'argument d'un déclin face à la concurrence. Elle démontre que les flux de marchandises, qu'ils soient destinés à la consommation nationale ou en transit vers l'hinterland d'Afrique centrale (Tchad, RCA, Congo, Niger), conservent une fidélité inébranlable au fleuve Wouri. Malgré le déploiement progressif et légitime d’autres infrastructures sur le littoral national, Douala maintient la haute confiance des importateurs, des exportateurs et des commissionnaires agréés en douane. Ce maintien de leadership s'explique par l’amélioration continue de ses délais de passage, de la productivité des navires et du traitement de bout en bout des terminaux.



Modernisation et projets structurants

Le dynamisme financier et opérationnel constaté en 2025 n'est pas le fruit du hasard. Il est le produit direct d’une politique d’investissement de longue haleine. Face aux défis acérés de la compétitivité logistique régionale, le Top Management du PAD, sous la houlette de Cyrus Ngo'o, a accéléré l'exécution de ses grands chantiers de modernisation. Avant de se projeter sur l'avenir, le PAD récolte aujourd'hui les fruits de chantiers majeurs d'ores et déjà achevés, qui ont redessiné la physionomie du fleuve et des terminaux : - L’autonomisation historique du dragage. Il se présentait comme le principal goulet d'étranglement financier du port. En créant sa propre régie et en acquérant ses propres dragues (notamment la Chantal Biya), le PAD a brisé les monopoles extérieurs, divisé les coûts par deux et garanti un tirant d'eau stable et prévisible pour les navires de commerce. - La libération des plans d'eau. Avec la campagne d'envergure de déconstruction et d'enlèvement de dizaines d'épaves de navires qui encombraient le fleuve Wouri depuis des décennies est achevée. Les plans d'eau sont désormais sécurisés et les espaces d'évitement des navires optimisés. - La sécurisation globale du combinat. Matérialisé par la mise en place de la barrière de sécurité physique et électronique de 20 kilomètres, adossée à un contrôle d’accès biométrique strict et aux normes ISPS, a fait basculer Douala dans l'ère des ports modernes et sûrs, réduisant le taux de démarque et de démarque inconnue.

Par ailleurs, les délibérations du Conseil d'Administration de ce mois de mai 2026 ont aussi mis en lumière le suivi rigoureux de plusieurs de ces projets cruciaux. Entre autres : - La réhabilitation et la modernisation du Quai Boscam. Un dossier hautement stratégique pour optimiser les capacités d'accueil des navires de nouvelle génération ; - L’aménagement du réseau ferroviaire portuaire. Une infrastructure lourde destinée à fluidifier les évacuations de marchandises de concert avec les réseaux logistiques nationaux : - L’extension du combinat portuaire avec le projet en cours de construction d’une zone logistique multimodale. Pour lequel, le Conseil a validé les garanties financières consenties par le PAD pour le financement de ce projet majeur porté par la société Dibamba Douala Port Logistics Platform (DDLP) ; - Renforcer les partenariats internationaux d’envergure. Ce traduit par l'avancement des négociations stratégiques tripartites entre l’État du Cameroun, le groupe Jan De Nul et Credendo démontre l'attractivité continue du combinat auprès des grands investisseurs maritimes mondiaux. Ces investissements massifs dans les superstructures et l'autonomisation de l'outil de dragage concourent directement à créer de la valeur, à stabiliser les emplois portuaires et à consolider l'assiette fiscale de l'État. Preuve de cette ambition continue, le PAD s’est d'ailleurs doté d'un budget prévisionnel record de plus de 122 milliards FCFA pour l'exercice 2026. En somme, les indicateurs opérationnels et les bilans consolidés opposent un démenti cinglant aux analyses alarmistes. Le Port de Douala-Bonabéri ne subit pas le marché sous-régional, il le structure et le modernise.



Mathieu Nathanaël NJOG

 
 
 

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