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Face aux lourdeurs de l’État, Célestin Tawamba monte au créneau pour défendre l'économie nationale

il y a 3 jours
4 min de lecture

RENTREE ECONOMIQUE DU GECAM

Pour la deuxième édition de sa Rentrée économique tenue ce jeudi 10 septembre 2026 au siège du Groupement des Entreprises du Cameroun (GECAM) à Douala, le patronat camerounais n'a pas usé de la langue de bois. Face à plus de vingt médias venus au rendez-vous, le Président Célestin Tawamba a dressé un diagnostic sans concession du tissu économique national. Entre la pression fiscale asphyxiante, les coupures de courant endémiques et la chute des investissements publics, le patron du secteur privé réclame une véritable union sacrée pour préserver le « Made in Cameroon ». Retour détaillé sur une prise de parole incisive et stratégique.


Lorsque Célestin Tawamba a pris la parole dans la grande salle de conférence du siège du GECAM, au cœur du quartier des affaires d'Annet à Douala. L'atmosphère, feutrée mais électrique, témoignait de l'importance du moment. Devant un parterre parsemé de capitaines d'industrie, d'acteurs de la finance et d'un impressionnant parterre de plus de vingt médias nationaux et internationaux, le président du nouveau grand rassemblement du patronat camerounais savait son discours attendu. Et pour cette 2ᵉ édition de la Rentrée économique du Patronat, la voix du patronat n'a pas tremblé. Le ton, résolument offensif mais constructif, a planté le décor dès les premières minutes : le secteur privé étouffe, mais il refuse d'abdiquer. Premier chiffre clé asséné par le Président du GECAM : 3,5 %. C'est le taux de croissance enregistré par le Cameroun en 2025. Un chiffre en apparence stable, mais qui masque en réalité de très profonds déséquilibres structuraux. « Cette croissance est en grande partie portée par le secteur des services, tandis que l'agriculture et l'industrie, véritable cœur battant de notre souveraineté économique, connaissent une baisse de régime inquiétante », a analysé Célestin Tawamba. Pour le patronat, une économie qui ne produit plus sa propre valeur industrielle et agricole est une économie vulnérable aux chocs extérieurs. Sans une relance rapide des forces productives locales, le spectre de la stagnation menace d'impacter durablement le pouvoir d'achat des ménages et l'emploi des jeunes.

L'enfer énergétique : 65 % des entreprises livrées au diktat des groupes électrogènes

S'il est un sujet qui alimente la frustration des chefs d'entreprise depuis des années, c'est bien celui de l'électricité. Les déclarations du Président du GECAM sur ce point ont résonné comme une véritable charge contre les dysfonctionnements du réseau national. Aujourd'hui encore, au Cameroun, près de 65 % des entreprises sont contraintes de recourir systématiquement à des groupes électrogènes pour maintenir leurs chaînes de production en activité. L'énergie issue du fuel ou du gasoil coûtant infiniment plus cher que le kWh du réseau conventionnel, cette situation détruit la compétitivité du « Made in Cameroon ». Comment rivaliser avec les produits importés lorsque la facture énergétique absorbe à elle seule une part exorbitante des marges d'exploitation ? La question reste béante, et le patronat exige désormais des réponses concrètes et des réformes structurelles urgentes de la part des concessionnaires et des autorités de régulation.

Pression fiscale en hausse et investissements publics en chute libre

Le tableau dépeint par le GECAM révèle également un grand écart financier préoccupant survenu lors des premiers mois de l'année. Alors que l'investissement public a accusé un recul brutal dès le premier trimestre 2026, la pression fiscale subie par le secteur formel, elle, n'a cessé de s'alourdir. Pour Célestin Tawamba, le paradoxe est intenable : l'État demande toujours plus d'impôts à un secteur privé formel déjà hyper-sollicité, tout en réduisant ses investissements dans les infrastructures de base qui permettraient pourtant d'injecter de la liquidité dans la chaîne économique. Cette équation fragilise particulièrement le tissu des Petites et Moyennes Entreprises (PME), véritable moteur du maillage économique national. Ces PME se retrouvent prises dans un double étau : d'un côté la rigueur de l'administration fiscale, de l'autre une frilosité bancaire accrue qui rend l'accès au crédit classique de plus en plus difficile.

 

L’urgence nationale du « Made in Cameroon » face à la concurrence déloyale

Fidèle à ses combats de toujours, le Président du GECAM a lancé un appel vibrant en faveur de la protection des entreprises locales. Dans un contexte mondial marqué par le redéploiement des flux commerciaux et l'accélération de la ZLECAf (Zone de libre-échange continentale africaine), le Cameroun ne doit pas devenir un déversoir pour des marchandises subventionnées ou de seconde zone. « Nous devons défendre nos champions nationaux. Protéger le ‘’Made in Cameroon’’, ce n'est pas faire du protectionnisme aveugle, c'est garantir notre souveraineté et nos emplois face à une concurrence étrangère parfois ouvertement déloyale », a-t-il martelé sous les applaudissements de la salle. Le patronat réclame une politique industrielle plus incitative, une préférence nationale affirmée dans la commande publique et un contrôle plus strict des normes aux frontières.

Cap sur février 2027 : Les Rencontres Économiques du Cameroun au Hilton

Malgré ce constat sans concession, le GECAM refuse de céder au fatalisme. Célestin Tawamba l'a réaffirmé avec force en clôture de sa prise de parole : le secteur privé demeure le partenaire incontournable de l'État pour bâtir le Cameroun de demain, à condition que le dialogue public-privé sorte enfin des incantations pour devenir véritablement opérationnel. Pour concrétiser cette dynamique de refondation, une annonce majeure a marqué la fin de cette Rentrée Économique : la tenue officielle des premières Rencontres Économiques du Cameroun, prévues pour le mois de février 2027 à l'Hôtel Hilton de Yaoundé. Ce futur rendez-vous stratégique ambitionne de réunir l'ensemble des décideurs publics, des bailleurs de fonds internationaux et des leaders économiques pour poser les bases d'un nouveau contrat de croissance. Le message du patronat à la nation est désormais clair : le diagnostic est posé, les défis sont identifiés, et la balle est plus que jamais dans le camp des décideurs politiques.

André Som N.

 
 
 

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