L’Adjudant des Douanes Henri Destin Bokally exporte l’expertise camerounaise dans le Golfe de Guinée
- Mathieu Nathanaël Njog
- 1 août
- 3 min de lecture
LUTTE CONTRE LA PIRATERIE MARITIME
Du 27 au 31 juillet 2026, la Marine Nationale Nigériane a servi de cadre à un stage d’aguerrissement tactique sous l’égide de l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC). En première ligne de cet exercice de haut vol, l’Adjudant Henri Destin Bokally, figure de proue de la Douane camerounaise, a distillé son savoir-faire aux forces navales de cinq pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Plongée au cœur d’une séquence stratégique où la coopération régionale prend tout son sens.

Dans les travées écrasées de chaleur d’une Base Navale nigériane bordant le Golfe de Guinée, l’atmosphère exhalait, en ce mois de juillet 2026, l’odeur âcre du sel, du gazole et de la rigueur militaire. Du 27 au 31 juillet, le temps s’est comme suspendu pour une trentaine d’officiers d’embarquement venus du Bénin, du Cameroun, du Ghana, du Nigéria et du Togo. L’enjeu ? Transformer le sanctuaire maritime de l’Afrique de l’Ouest et du Centre en une muraille infranchissable pour les trafiquants de tout poil. À la manœuvre, le Programme mondial de lutte contre la criminalité maritime de l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC). Mais sur le pont, à la barre des démonstrations tactiques, une silhouette familière de la rigueur douanière : l'Adjudant Henri Destin Bokally. Officiellement désigné Instructeur-formateur pour le compte de l’Administration des Douanes camerounaises depuis mai 2025, cet homme d’action incarne à lui seul cette ambition républicaine d'exporter l'expertise camerounaise au-delà de nos frontières. Il ne s’agissait pas, durant ces cinq jours intenses, de déclamer de vaines théories académiques ou d'aligner des vœux pieux sur du papier glacé.

L’exercice relevait du réalisme le plus brut. En haute mer, face à des embarcations criminelles de plus en plus véloces et lourdement armées, l’improvisation s'apparente à une condamnation à mort. Les modules dispensés sous la férule de l’Adjudant Bokally ont méthodiquement décortiqué l’ensemble du spectre opérationnel. D'abord, la planification de mission : comment un Chef d'équipe doit-il ordonner la montée à bord dans des conditions météorologiques dégradées tout en préservant l'effet de surprise ? Ensuite, l'analyse des risques : évaluer la menace avant même de projeter le commando sur le plan d’eau, identifier les zones d’ombre d’un cargo suspect, anticiper les pièges ou les dissimulations d'armes et de stupéfiants. Puis est venu le temps du concret avec les procédures d’arraisonnement et de contrôle. Sur les embarcations de simulation, les gestes se sont répétés à l'infini : approche tactique, escalade des franc-bords, sécurisation des ponts et neutralisation symbolique des menaces. Enfin, le volet de l'application de la loi est venu rappeler que la force n'est rien sans le droit. Chaque escale de contrôle et chaque acte de répression doivent s'insérer scrupuleusement dans le cadre légal maritime international pour garantir que les procédures ne souffrent d'aucun vice devant les juridictions compétentes.
La présence et l’impact de l'Adjudant Henri Destin Bokally à cette session d'élite ne doivent rien au hasard. Elle est le fruit d’une vision portée au plus haut sommet de l’État camerounais et déclinée avec méthode par la Direction Générale des Douanes. En érigeant des cadres hautement qualifiés au rang d’experts internationaux, le Cameroun réaffirme son statut de verrou stratégique dans le golfe de Guinée. « Transmettre ces compétences tactiques, c'est offrir à nos frères d'armes de la sous-région les clés du commandement réflexe. En mer, l'hésitation est un luxe que nous ne pouvons pas nous permettre », confiait un observateur proche du staff d'instruction. Au terme de cette semaine de forge intense, la cérémonie de remise des attestations est venue sceller l'aptitude opérationnelle des participants. Désormais certifiés, ces officiers repartent dans leurs pays respectifs armés d'une capacité éprouvée à commander des équipes d'interception dans l'immensité océanique. Au-delà des diplômes et des poignées de main protocolaires, cette session d'entraînement financée et structurée par l'ONUDC marque un tournant. Elle démontre que face à la transnationalité des menaces ; piraterie, narco-trafic, pêche illicite et contrebande, la réponse des nations africaines se veut désormais intégrée, professionnelle et intransigeante. Et dans ce concert de compétences, la note camerounaise résonne avec une clarté remarquable.
Délphine Nkengni N.



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