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L’Arrondissement de Dibombari pleure son fils en silence


DECEDE EN DETENTION D’ANICET EKANE


Le Président national du Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie, Georges Anicet Ekane est décédé en détention au Secrétariat d’Etat à la Défense à Yaoundé, le 1er décembre 2025, 38 jours après son interpellation à Douala le 26 octobre, la veille de la proclamation officielle des résultats. La consternation est grande et l’émoi a eu un écho qui a dépassé les frontières au regard des conditions dans lesquelles est survenu ce décès. Alors que le siège du MANIDEM au Carrefour TIF à Bonadibong ne désempli pas, nous sommes allés dans son village natal prendre la température que le départ de ce martyr national de la lutte pour l’instauration d’une vraie démocratie et la vraie indépendance du Cameroun.



Sous un soleil d’aplomb de ce mercredi 03 décembre 2025, le car qui nous transporte de Douala pour Dibombari traverse allégrement la Nationale N°3 qui est jonchée de part et d’autre depuis Sodiko par les premiers villages qui composent cette Arrondissement. Lorsque la voiture dépose le dernier passager que je suis au Centre administratif où est situé l’enceinte de l’hôtel de ville, le domicile du Sous-préfet, le Commissariat de Sécurité Publique et la Délégation d’Arrondissement du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, le coin est quasiment désert. Il est presque 10h30. Seuls quelques commerçantes sont jonchées derrière leurs étals de fortune. Mais aussi, des usagers qui lèvent le coude sous le hangar d’un débit de boisson quasiment vide qui attendent soit qu’ils soient appelés pour le service publique sollicité soit en attendant leurs autres disciples de bacchus qui reviendront des activités champêtres ou de leurs différents emplois dans les différentes administrations. Nous nous rendons à la Mairie à la recherche du seul Conseiller municipal du Manidem de la Commune de Dibombari que nous ne connaissons pas ni d’Adam ni d’Eve. C’est alors qu’on apprend que la session ordinaire consacrée au vote du budget pour l’exercice 2026 est en cours. Nous décidons de la suivre.




Dans la salle des actes de la Mairie, les travaux sont dirigés par le Maire Justin Bejedi Ndamé sous la supervision de l’Adjoint préfectoral du Département du Moungo, représentant le Préfet empêché. Autres les collaborateurs du Maire (Secrétaire Général, Receveur municipal,…) et la suite du Préfet du Moungo et du Sous-préfet de Dibombari représenté, sur les 36 conseillers qui ont été élus au début de cette mandature, seuls seize (16) conseillers sont clairsemés dans la salle. En effet, six (06) conseillers municipaux sont restés sur le carreau chemin faisant, soit décédés, soit mis aux arrêts. Ce qui a réduit le nombre de Conseillers habilités désormais à siéger au nombre de 30. En dépit d’une implosion de l’Organe délibérant mené depuis quelques années par le 1er Adjoint au Maire entrainant une défection d’une partie des Conseillers, le quorum est atteint et suffisant pour que les travaux se tiennent et délibère en toute sérénité. Sans les frondeurs qui avaient décidé de paralyser le fonctionnement de la Mairie dans l’optique de démettre le Maire Bejedi, en vain, les travaux seront rapidement expédiés. C’est alors qu’on découvre le faciès de l’unique Conseiller municipal du MANIDEM, Ebanda Songue Isaac qui se veut républicain. Refusant de se mêler aux batailles que se livrent les Conseillers municipaux majoritaires du MPCN qui sont tous rentrés reprendre « toute honte bue » leurs anciennes écharpes du RDPC.




L’unique Conseiller municipal du MANIDEM sur le 360 Communes que compte le Cameroun, Ebanda Songue Isaac va alors nous avouer que la ville porte le deuil de manière silencieuse de leur fils, Georges Anicet Ekané qui est du village Bomono Gare du père que Bomono Babengue de la mère, tous deux déjà décédés. On a pu le vérifier en rencontrant quelques habitants qui nous ont avoué suivre assidument cette actualité à partir des réseaux sociaux pour ne rien rater. Dommage que lors de la session du Conseil Municipal tenue ce jour, il ne lui a pas été exprimé un élan de compensions en observant une minute de silence. Interrogé sur cette question, le Maire Justin Bejedi Ndamè va reconnaitre ce manquement mais va justifier cela par le fait que « le Conseiller du MANIDEM n’en a pas fait la demande ». Toutefois, il va exprimer sa compassion à la famille si durement éprouvée qui plus est, Anicet Ekané est son frère et au moment venu compte apporter sa modeste contribution à l’organisation des obsèques. Après ce passage à la Mairie, nous allons mettre le cap au domicile familial à Bomono Gare, sis en face à la chapelle EEC du village. Cette bâtisse est le vestige d’une élite financière des années 60-70.



Dans cette concession faite d’une maison principale et d’une dépendance et où se trouve une tombe bien aménagée, est protégée par une solide clôture qui résiste aux intempéries et au temps. Elle est située à une centaine de mettres de ce qui tient lieu du palais du Chef supérieur de Bomono Gare, SM Francis Ewane, amorti par l’âge et un état de santé pas au top, mais toujours avec le verbe bien approprié. « Nous déplorons le décès de notre fils Anicet Ekane. C’est hier matin (mardi 02 novembre 2025) que j’ai appris que mon frère s’en était allé. Néanmoins, je savais qu’il avait été interpelé, mais je ne croyais pas à la mort. Evidemment que comme moi le village Bomono Gare est dans la consternation et la stupéfaction », va-t-il nous confier. Son engagement politique n’en a pas affecté leurs rapports : « Je savais qu’il était politicien, mais avant c’était un frère, un fils de ce village lui et moi nous avions gardé de très bon rapport. On ne refusera pas notre fils même mort ». Quant à l’organisation des obsèques, il dit être tout ouïe de ce que décidera la famille nucléaire. « Nous attendons que la famille éplorée nous dise comment elle entend organiser les obsèques. Le village a une tradition et a des lieux consacrés pour accueillir des évènements heureux ou malheurs de cette ampleur »



Effectivement, à côté du palais, il y a un espace non aménagé, qui est situé à près de 200m du domicile familial des Ekané (voir photo). Mais ce n’est pas le lieu indiqué pour accueillir ce genre d’évènement. On va nous conduire à l’Ecole Publique de Bomono Gare qui a une vaste cour de récréation qui sert de lieu d’accueil de tous les évènements d’envergure de forte mobilisation. C’est alors qu’on apprendre de quelques confidences que si la famille qui est encore dans l’option d’abandonner le corps de leur frères, pères et fils entre les mains de ses bourreaux, acceptait finalement d’organiser les obsèques de Georges Anicet Ekané ne sera pas inhumer dans la concession familiale où on y trouve une tombe mais dans le caveau familial qui compte près de quatorze (14) tombes des parents, frères et enfants de la famille Ekané que nous sommes allés visités. Situé à un jet de pierre de l’entrée de Bomono Gare, sur la Nationale N°03 Douala-Bafoussam, c’est vaste domaine de plus d’un hectare, patrimoine que le feu père Ekane avait laissé en héritage à ses enfants qui ont décidé de consacrer une partie pour servir de caveau familial (voir photo).


Mathieu Nathanaël NJOG à Dibombari

 
 
 

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