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L’entraîneure de la gagne qui redessine l'histoire du football camerounais avec son sacre à la CAN 2026

Dernière mise à jour : il y a 10 minutes


VALENTINE NGUELE

De la poussière des terrains vagues de Yaoundé 5 aux fastes des jantes continentales du Maroc, Valentine Nguele, affectueusement surnommée « La Gagne », s’est hissée sur le toit de l’Afrique. En menant les Lionnes Indomptables au sommet lors de cette CAN Féminine 2026, l’ancienne gardienne de but internationale n'écrit pas seulement une page glorieuse de notre sport-roi : elle devient, avec une maestria absolue, le deuxième entraîneur de nationalité camerounaise de l'histoire à conduire une sélection nationale au sacre international, emboîtant ainsi le pas au légendaire Jean-Paul Akono, médaillé d'or aux Jeux Olympiques de Sydney en 2000. Portrait d'une force tranquille, mère poule à l'exigence de fer, qui a su conjuguer rigueur défensive, panache et flair chirurgical pour graver son nom en lettres d'or dans la légende.


Née le 6 juin 1983, Valentine Nguele a forgé son ADN sur les pelouses locales, portant tour à tour les couleurs de Lorena International de Yaoundé puis de Louves Minproff. Internationale aguerrie, présente sur les fronts des CAN 2002, 2004 et 2006, lorsque les Lionnes échouaient en finales de la CAN Féminine, et se contentaient de la médaillée de bronze aux Jeux Africains d’Abuja en 2003. Une carrière au cours de laquelle, elle a connu les rigueurs du haut niveau avant d'opérer une reconversion exemplaire. De l'académie d’Apejes de Mfou aux bancs prestigieux des Louves Minproff, son travail d’entraîneure des gardiennes a pesé lourd dans son façonnage d’entraîneur principal, marqué par l'obtention de huit titres de championne du Cameroun et six Coupes nationales, ainsi que quatre titres de championne aux Dixiades pour sept participations, de quoi s'imposer comme une éducatrice d'exception. C’est cette immense maîtrise de la formation et de la psychologie sportive qui a séduit au plus haut sommet. Lorsqu'en juin 2026, le président de la Fecafoot, Samuel Eto’o Fils, jette son dévolu sur « La Coach de la gagne » pour diriger les Lionnes Indomptables, c’est toute une corporation de travailleurs de l’ombre qui se trouve ainsi honorée. Fini les aventures sans lendemain ou les choix dictés par les salons feutrés de Tsinga ; place à la reconnaissance du mérite pur, de l’expertise de terrain et de la sueur versée loin des projecteurs.

 

La patte d'une technicienne hors pair

Titulaire d'une Licence A CAF obtenue en 2023 au Centre d'Excellence de Mbankomo, Valentine Nguele n’a pas usurpé son statut. Sur le banc des Lionnes au Maroc, elle a appliqué à la lettre les fondamentaux qui font la marque des plus grands techniciens : - Une complicité sans faille avec son staff ; - Une assise défensive de fer, blindée par sa propre expérience de portier et coiffée par une gardienne stratosphérique.- Une flexibilité tactique redoutable, sachant modeler son onze en fonction des forces de l'adversaire. - Le cran nécessaire pour bousculer la hiérarchie, en dominant dans le même tournoi le tenant du titre et le pays organisateur. - Ce pragmatisme absolu qui rappelle les grands soirs : une finale ne se joue pas, elle se gagne. Invaincue en Guinness Super League avec le FC Ebolowa (16 matchs, 0 défaite) avant de prendre les commandes de la sélection nationale, elle a récidivé avec une autorité stupéfiante sur le sol marocain, traversant la compétition sans la moindre fausse note. Discrète, maternelle mais intraitable, celle que ses proches décrivent comme une « mère poule à poigne » a su trouver les mots justes pour fédérer un groupe en quête de rachat. Native d'Obokoe dans la Mefou-et-Akono, conciliant avec brio son rôle de mère et les exigences exténuantes du haut niveau, Valentine Nguele s'est dressée en véritable guide.

 


Dans la cour très sélecte des coaches d’exception

Au terme de cette CAN Féminine au Maroc, « La Coache de la gagne » a brisé le plafond de verre. Vingt-six ans après le sacre mémorable de Jean-Paul Akono aux Jeux Olympiques de Sydney 2000, une autre figure locale, pure produit des entrailles du football camerounais, offre à notre pays une couronne continentale qui restera gravée dans les annales. La conquête fut longue, jalonnée de doutes et de résistance, mais elle est aujourd'hui d'une beauté éclatante. Sois bénie pour cette moisson abondante, la Pep Val du football féminin camerounais ! Mais le plus dur reste à venir : maintenir cette dynamique pour ériger cette sélection en une génération de référence capable de rester au sommet pendant une décennie, à l’instar de l'ère Enow Ngatchou qui achoppait malheureusement toujours sur la deuxième marche du podium face aux Nigérianes. Il s'agit dorénavant de bien gérer ce groupe, d'entretenir la dynamique et d’y instaurer une saine concurrence dès que la nécessité l’impose. Car il ne faudra point verrouiller les portes de cette sélection aux talents qui frapperont à la porte, d’autant plus que cet exploit historique aura le mérite indéniable de booster le football féminin et de susciter une forte attractivité auprès de la gent féminine.

Mathieu Nathanaël NJOG

Grand Reporter / Anaglyphe & Analyste spécialisé des questions de sports


 
 
 

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