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La consécration par le mérite la porte au sommet de la rigueur financière en Afrique centrale

Dernière mise à jour : il y a 21 heures

Pr VIVIANE ONDOUA BIWOLE

Dans un écosystème sous-régional trop souvent habitué aux compromissions et aux arrangements de couloir, l’élévation du Professeur Viviane Ondoua Biwole au sein de la toute première Agence de notation financière agréée de la zone CEMAC, GIC Rating S.A., sonne comme un éclatant rappel à l’ordre du mérite. Rien de ce qui lui arrive aujourd’hui n’est le fruit du hasard ou de la faveur princeps. C’est le résultat d’un quart de siècle de combats intellectuels, de traversées du désert méthodologiques et d’une exigence sans concession sur la gouvernance des entreprises publiques. Portrait d’une universitaire hors pair dont le savoir souverain vient désormais border le risque de crédit en Afrique centrale.


Il est des trajectoires qui réconcilient avec l’effort, et des destins académiques qui finissent par s’imposer aux cyniques. Quand la Commission de Surveillance du Marché Financier de l’Afrique Centrale (COSUMAF) délivre, ce 7 août 2026, l’agrément historique COSUMAF-AGN-01/2026 à Geneva Investment Corporation (GIC Rating S.A.), elle n'ouvre pas seulement une brèche dans la dépendance financière de la sous-région. Elle pose les bases d’une souveraineté intellectuelle et technique. Mais pour porter un tel édifice, il fallait des épaules taillées dans le marbre de la rigueur. L’intégration du Professeur Viviane Ondoua Biwole en qualité d’Administratrice indépendante, doublée de sa nomination à la présidence du très stratégique Comité de notation du risque de crédit des sociétés de gestion des infrastructures aéroportuaires, n'est pas une simple ligne de plus sur un curriculum vitae déjà vertigineux. C'est une estampille. Le sceau de l'expertise pure apposé sur un marché sous-régional en quête désespérée de repères éthiques et techniques. Pendant plus de vingt-cinq ans, cette Agrégée des Universités, ancienne Inspecteure générale au Ministère de la Fonction publique et ex-Directrice générale adjointe de l’Institut Supérieur de Management Public (ISMP), a arpenté les méandres de l'État avec une seule boussole : la performance sans fioriture. Tandis que d'autres s'abîmaient dans le politiquement correct ou l'apologie des gestions approximatives, elle disséquait, publiait, formait et dénonçait les dérives managériales des entreprises publiques et parapubliques. Son crédo n'a jamais varié : la légitimité des dirigeants ne se décrète pas dans un arrêté ministériel, elle se bâtit dans la légalité, la transparence et la création de valeur résiduelle.


L’indépendance comme dogme, la rigueur comme méthode

Nommer Viviane Ondoua Biwole à la tête du Comité de notation des infrastructures aéroportuaires et de leurs instruments de dette pour les trois prochaines années, c'est envoyer un signal fort aux investisseurs et aux acteurs du marché financier. Les infrastructures de transport, pouls battant de nos économies en développement ne sauraient plus être évaluées à l'aune du copinage ou des approximations statistiques. La mission qui lui est confiée est d’une gravité presque liturgique : coordonner les délibérations relatives à l’attribution, au maintien ou à la dégradation des notes de crédit. Dans ce sanctuaire analytique, aucune interférence politique, aucune pression commerciale, aucun compromis d'appareil n'aura de cité. Ceux qui connaissent la dame savent que son indépendance d'esprit n'est pas à vendre. Elle a été forgée à l'épreuve des faits, consolidée au sein des Conseils d'administration de géants bancaires comme BGFIBank Cameroun ou EDG Gabon, et affinée au contact des instances internationales de premier plan, du FMI à la CEMAC, en passant par la coordination du prestigieux programme GPE-Cameroun couvrant douze pays d'Afrique centrale et des Grands Lacs. On ne négocie pas avec la courbe du risque de crédit. On ne triche pas avec la soutenabilité de la dette. À l'heure où les émetteurs publics et privés de l'espace communautaire cherchent à capter l'épargne régionale et internationale, la notation financière ne peut être crédible que si elle est portée par des figures dont l'intégrité morale est au-dessus de tout soupçon. Mme Ondoua Biwole est de cette trempe-là. Une intellectuelle organique qui ne craint ni la complexité des chiffres, ni le poids des responsabilités.


Le chantier de la souveraineté financière

Ce nouvel engagement s’inscrit dans le droit fil d’un combat continental. L’Afrique centrale ne sera financièrement souveraine que lorsqu’elle sera capable de s’évaluer elle-même, avec ses propres grilles de lecture, sans complaisance mais sans les biais misérabilistes des agences occidentales. Et pour réussir ce pari de la crédibilité, GIC Rating S.A. vient de s'adjoindre l'une des meilleures mécaniques intellectuelles de sa génération. À la croisée de l'enseignement, de la recherche fondamentale et de la pratique de la gouvernance d'entreprise, Viviane Ondoua Biwole incarne cette Afrique qui gagne par le savoir et le travail acharné. L'immense plaisir qu'elle exprime aujourd'hui en embrassant cette mandature n'est pas celui de l'autosatisfaction ; c'est le frisson de l'artisan devant le grand ouvrage qui commence. Le diagnostic est posé, le cadre méthodologique validé par le régulateur est prêt, et l'exigence est maximale. Face aux défis de l’attractivité financière et de la discipline de marché, la récréation de l'amateurisme est définitivement terminée dans la sous-région. Place désormais à l'analyse froide, au travail sans concession, et à la vérité souveraine des résultats.

Mathieu Nathanaël NJOG

Journaliste d'Investigation, Grand Reporter & Analyste des Questions Economiques

 
 
 

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