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Le Commandant Mboua Massok voit dans les crises actuelles l’absence d’une réelle unité nationale

RENCONTRE

La rencontre avec les personnes porteuses d’histoire initiée par l’Ong Un Monde Avenir était à sa quatrième édition le 19 mars 2026 avec comme invité le Commandant Mboua Massok. Il annonce son retour imminent sur le terrain pour mener la lutte de la libération du Cameroun. Mais avant, il propose comme solution pacifique l’organisation d’un « Conclave Citoyen Souverain ».



Les jeunes des associations de Douala étaient le 19 mars 2026 au Pavillon du Devoir National à Pk 13 à la rencontre du Comandant Mboua Massok dans le cadre la « Rencontre avec les Personnes Porteuses d’Histoire » à l’initiative de l’Ong Un Monde Avenir. Il était question de leur entretenir sur l’histoire des luttes et la compréhension du climat socio-politique qui bat son plein en ce moment au Cameroun. Il va résumer les crises sécuritaires et politiques qui ont pris l’allure du tribalisme ou mieux du repli-identitaire par le fait que le projet de société porté sur le perchoir de l’ONU en 1952 à New-York par le leader de l’Union des Populations du Cameroun (UPC), Um Nyobe et qui se résumait à plaider pour l’indépendance du Cameroun qui doit être précédée prioritairement par l’unification du pays et l’élévation du niveau de vie par l’effort des Camerounais n’a pas été respecté. Et de préciser qu’l avait prédit que si ce process était transgressé le Cameroun devrait plonger dans les divisions et les guerres. Ce qui est le cas aujourd’hui.

A cet effet, il soutient que l’administration coloniale d’avant les indépendances ont biaisé le principe de donner l’indépendance du Cameroun tel que Um Nyobe l’avait brillamment obtenu en 1952 lors de sa brillante intervention à l’ONU. Elle va ainsi le dépouiller en 1959 avec les accords de coopération qu’il qualifie d’illégaux sur ses aspects juridiques. Ce qui va vider le concept de l'Indépendance de toute sa substance. Car ce sont ces accords qui gouvernent le Cameroun jusqu'à lors au point de le plonger dans la décadence actuelle. Cela va être précédé le 5 juillet 1955 par la dissolution de l'UPC afin de tuer ce qui tenait lieu de moteur de la lutte de la révolution. C’est ainsi que les nationalistes vont être qualifiés de manière péjorative de maquisards dans l’optique de leur discréditer et de tuer toute substance de l’idéologie du combat mené par l’UPC. Tout en rappelant que tous les partis politiques qui sont nés après l’UPC ont jusqu’à ce jour une seule visée : aller à l’encontre de l'idéologie de l'UPC.



 

Un pays de multpartisme et de luttes

A cet effet, le Commandant Mboua Massok va rappeler que les luttes qui se perpétuent aujourd’hui pour un meilleur Cameroun ont été portées premièrement par les mouvements syndicaux avant les indépendances. C’est après s’être rendu compte que le débat syndical ne peut pas porter les révolutions politiques que va naître les partis politiques dans l’élan de multipartisme solidement ancré. Ainsi en 1948 naît l'Union des Populations du Cameroun (UPC) ; en 1949 nait le la Renaissance du Cameroun (RENAICAM) et l’Évolution Sociale du Cameroun (ECOSCAM) ; en 1951 nait le Bloc Démocratique du Cameroun (BDC) ; en 1952 nait Indépendance du Cameroun (INDECAM) ; en 1953 nait l’Union Sociale du Cameroun (USC) ; et en 1966 nait l’Union Camerounaise (UC) qui dévient Union Nationale du Cameroun (UNC), parti politique unique du Cameroun, fondé par le Président Ahmadou Ahidjo. Il est issu de la fusion de l'Union Camerounaise (UC) et d'autres partis (dont le KNDP), il a structuré la vie politique pendant près de deux décennies au Cameroun avant de devenir en 1985 le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC).

C’est ainsi que l’administration néocoloniale qui l’a succédé après les indépendances jusqu’à ce jour va poursuivre la même politique. Ce qui explique qu’elle n’a jamais œuvré véritablement à l’unification du Cameroun. « Tout ce qui a été fait jusqu’ici a été un marché de dupe », affirme le Commandant Mboua Massok. La preuve, le Cameroun est allé à l'indépendance sans débat des partis politiques et mouvements existants voire sans un référendum. Dans ce même schéma, le Cameroun va passer en 1951 de République Fédérale, puis République du Cameroun en 1961 à République Unie en 1971 par un référendum. Mais contre toute attente, en 1984, le Président Paul Biya dans son ingéniosité rentre dans l’appellation française de « République du Cameroun » de 1961 de manière unilatérale en violation de toutes les dispositions légales en vigueur. Les anglophones trouvent cela comme une violation juridique ostentatoire et une violation constitutionnelle inadmissible. Mieux encore, ils y voient une volonté manifeste de les enlever le peu de légitimité qu’ils ont dans la construction du Cameroun unifié. « C’est ce qui justifie l’origine de la crise sécuritaire du NOSO », souligne le Commandant Mboua Massok. Et d’ajouter : « Si rien n’est fait pour sauver les meubles, cette situation est en train de détruire entièrement ces deux régions anglophones du Cameroun ».


 

 

Conclave Citoyen Souverain

Il va poursuivre que même la déclaration qui fait du Cameroun un pays bilingue est un saupoudrage qui n’est soutenu par aucune volonté politique efficiente et efficace. Et pour cause, « les mécanismes éducatifs ne sont pas mis en place pour y parvenir », argue-t-il. C’est ainsi que personnellement étant né des parents (père et mère) ayant été des résistants, cela va forger cet esprit en lui. C’est alors qu’après avoir prêté serment dans son lit et devant sa conscience de poursuivre ce combat dont les leaders ont été tués sans atteindre leur objectif, il va en 1985 alors qu’il est encore cadre à la CAMAIR avec la création de PROJECAM qui était un mouvement qui consistait à remplacer les expatriés en respectant l'équilibre régional. Malheureusement, il sera démasqué et éparpillé. Et c’est ainsi que commencent ses déboires avec des arrestations par les services de renseignements. Par la suite, il démissionne de la CAMAIR avec tous les avantages dus. En 1990 avec l’avènement du vent d’Est, le Commandant Mboua Massok saisit une déclaration du Président Paul Biya qui va demander de se préparer à la concurrence. C’est ainsi qu’il projette d’organise une marche de soutien à Paul Biya à la faveur de cette sortie. Les autorités qui vont se rendre compte de la supercherie l’interdissent. Il revient à la charge lorsque le President de la République, Paul Biya déclare que la Conférence Nationale Souveraine est sans objet. C’est ainsi qu’il projette une manifestation de protestations qu’il lance par la distribution des tracts à travers le mouvement : « FRANC JEU ».

C’est l’explication de ce projet dans un cercle sous maquis qui débouchent à une compréhension de ce mouvement de résistance qui projette l’organisation des villes mortes. Aujourd’hui, le Commandant Mboua Massok soutient que l’on ne peut pas changer le système au pouvoir par les urnes. Les Camerounais devraient se rendre compte au regard de l’issu des élections présidentielles de 1992, 2018 et 2025 qui ont été marquées à chaque fois par une défaite plausible du candidat sortant. Malheureusement, les potentiels vainqueurs desdites élections ne sont jamais arrivés à prendre le pouvoir. Pour lui, c’est parce que le Cameroun n'a que deux tribus, ceux qui se sont appropriés les richesses et se battent à se maintenir à la mangeoire et ceux qui sont appauvris et paupérisés. Pour lui, il n’y a qu’une lutte structurée qui peut libérer le Cameroun. Parce qu’on ne peut pas chercher de compromis avec un système néocolonial. La preuve, après sa prestation de serment, Paul Biya signait la fin de son septennat et du gouvernement en poste. Mais depuis, le Cameroun continue à fonctionner dans une sorte d’absence de légitimité des structures dirigeantes. En attendant de reprendre, son manteau de Combattant, il propose la solution pacifique qui consiste à organiser un « Conclave Citoyen Souverain » qui est une réponse efficiente à la tenue d’un rassemblement national proposé par Um Nyobe qui n’a pas eu lieu et à la Conférence Nationale Souveraine qui avait été déclaré sans objet.




Mathieu Nathanaêl NJOG

 
 
 

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