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Le déballage sur la dégradation de l'état des droits humains dans un Cameroun qui saigne

CADHP BANJUL 2026


A l’occasion de la 87ème session de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) à Banjul en Gambie l’ONG Un Monde Avenir a porté avec audace la voix de ses partenaires associatifs sur la situation fortement préoccupante de la dégradation de l’état des droits humains et de la démocratie qui prévaut au Cameroun depuis l'élection présidentielle du 12 Octobre 2025.





A Banjul en Gambie où s’est tenue la 87ème session de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP), l’ONG Un Monde Avenir, a mis les pieds dans le plat. Faisant un constat sans appel : depuis le fameux 12 octobre 2025, le Cameroun ne marche plus, il trébuche dans une mare de sang et de dénis de justice. On croyait avoir tout vu sous le ciel de la « démocratie apaisée », mais que non. Le 27 octobre 2025 restera comme une balafre indélébile sur le visage du 237. A peine le Conseil Constitutionnel venait de finir de psalmodier les résultats de la présidentielle que la rue commençait à gronder. Crime de lèse-manifestant quand le plomb remplace le dialogue. Le système au pouvoir a répondu par une « un usage disproportionné de la riposte répressive des manifestants » que d'aucuns qualifieraient de boucherie à ciel ouvert. Ici, on ne parle pas seulement de gaz lacrymogènes pour disperser les foules, mais de balles réelles pour trouer les espérances. Les rapports de plusieurs organisations indiquent plusieurs centaines de civils blessés, certains se trouvant hors des lieux de manifestation, c'est le cas du jeune. Ce gamin n’était même pas dans la rue ; il était chez lui, au premier étage, observant peut-être le tumulte avec l'innocence de son âge. Une balle « perdue » (qui savait très bien où elle allait) lui a fracassé la poitrine. Et que dire de Simo Fokam Achille, cueilli par la mort le 28 octobre à Douala, Son crime ? Être dans son quartier, loin des manifestations et des barricades ? Sa peine ? L’exécution sommaire. Comble de l’ignominie : le corps du défunt a été confisqué par le pouvoir pendant cinq longs mois, comme si l’on craignait que même mort, il ne vienne témoigner de la barbarie.

Les organisations de la société civile ont documenté entre octobre et novembre 2025, au moins quarante (40) cas d'exécutions sommaires des civils. Le 24 octobre, Georges Anicet Ekane, figure de proue du parti politique MANIDEM, est jeté au Secrétariat à la Défense (SED). Dans ce mouroir des espérances, il subit des traitements que la morale réprouve avant de succomber le 1er décembre. Une mort en détention qui sonne comme un avertissement pour tous ceux qui oseraient encore lever le petit doigt. Au décompte de cet arbitraire plus de 2 000 citoyens embastillés. Parmi lesquels des universitaires, des leaders politiques, des mères de famille, et même des mineurs. On y retrouve des noms comme Djeukam Tchameni, Titchio Florence, Parfait Mbvoum, Pr. Jean Calvin Aba'a Oyono, Ludovie Daga, Abdoul Moussine et Aissatou Oumarou,… D’autres personnes pas aussi populaires sont mortes pendant leur détention. Leur faute ? Avoir cru au verdict des urnes en faveur d’Issa Tchiroma Bakary. À Ngaoundéré, l’excès de zèle du Sous-préfet a même conduit la jour du scrutin du 12 octobre à l’arrestation de cinq (05) observateurs électoraux de l’ONG 1MA, et par la suite de leur superviseur, M. Edibi, qui a passé 28 jours au « frais » aussi bien en garde-à-vue qu’à la prison principale de Ngaoundéré, simplement pour avoir voulu faire son métier de citoyen. Las but the least, plusieurs autres défenseurs des droits humains dont le Coordinateur de l'ONG Un Monde Avenir font objet de filatures et de menaces dans le cadre de leur travail. Ces menaces ne suffissent pas pour faire dégonfler une société civile engagée.




Cascade des violations flagrantes des droits fondamentaux

A ce tableau déjà très sombre, vient s’ajouter le tripatouillage constitutionnel. Conduisant à la mise en bière de la démocratie. Pendant que les corps refroidissent, les plumes s’activent dans les hautes sphères de l’État pour verrouiller le futur. Il en sort des réformes législatives qui violent le droit des citoyens de choisir de manière périodique leurs dirigeants. Dans une série de jonglages législatifs dont seul le pouvoir de Yaoundé a le secret, on proroge les mandats à l’infini. Neuf (09) mois par-ci, douze (12) mois par-là… Les deux chambres du parlement finissent par ne plus être constituées des élus du peuple, mais des caisses à résonnance du pouvoir exécutif. Pire encore, le 14 avril 2026, la Constitution a subi un nouveau lifting de mauvais goût. On ouvre désormais la porte à une transition « sur mesure » où un individu nommé pourrait s'installer dans le fauteuil présidentiel sans passer par l'onction du suffrage universel. Parallèlement, le Code électoral a été trituré pour donner au Prince le droit de vie ou de mort (mandataire) sur les mandats municipaux. En clair : le citoyen camerounais est devenu un simple spectateur de son propre destin.

Face à ce tableau apocalyptique, Un Monde Avenir ne s’est pas contenté de pleurer sur le lait versé. À Banjul, l’ONG a exigé : - Une enquête indépendante pour débusquer les tireurs et les donneurs d’ordres ; - La libération immédiate de tous les prisonniers politiques de 2018 et 2025 ; - L’arrêt immédiat des réformes visant à installer une succession dynastique ou nommée ; - Le soutien et l’accompagnement de l'action des Organisations de Défense des Droits de l'Homme sur le terrain ; - La nécessité de protéger les défenseurs (es) des droits de l'homme ainsi que leurs organisations. Non sans rappeler que le Cameroun a ratifié la Charte Africaine des Droits de l’Homme, le Pacte International Relatif aux Droits Civils et les Règles Mandela. Mais dans la réalité des faits tout porte à croire qu’à Yaoundé, ces textes semblent servir de papier brouillon. Dans tous les cas, l’Ong 1MA et ses partenaires associatifs ont passé le message. En réaffirmant leur engagement à continuer de surveiller la situation des Droits de l'Homme et de plaider pour leurs respects. Désormais le monde a un regard attentif sur la situation du Cameroun. Si le système au pouvoir pense pouvoir continuer à gouverner par la peur et le sang, pour arriver à ses fins, il ne fait pas de doute que la mémoire des peuples est plus longue que les mandats prorogés.




Mathieu Nathanaël NJOG

 
 
 

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