top of page

Le Fonds Routier au chevet des Présidents des Conseils Régionaux pour booster le développement local

il y a 21 heures
3 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 2 minutes

​

DÉCENTRALISATION ET INFRASTRUCTURES

L’institution financière publique a réuni à Douala les présidents des dix Conseils régionaux du Cameroun. Au cœur des travaux, l’appropriation des procédures d’éligibilité, de liquidation et de paiement, soit pour de plus de 21 milliards de FCFA mobilisés pour l’entretien du réseau routier régional entre 2023 et 2026. Un séminaire de cadrage qui vise à lever les goulots d’étranglement bureaucratiques et à accélérer la consommation des crédits transférés dans le cadre de la décentralisation.



Dans les salons de l’hôtel Krystal Palace à Douala, loin des bureaux feutrés de la haute administration de Yaoundé où la décentralisation ressemble souvent à une équation aux inconnues multiples, il s’est tenu e 8 octobre 2026 sous la houlette de l'Administrateur du Fonds Routier, Aubin Essaïe MOUSSA, un atelier de renforcement des capacités visant à armer les Présidents des Conseils Régionaux et des Conseils exécutifs régionaux, ainsi que les responsables des services centraux et déconcentrés des Ministères ordonnateurs, des mécanismes techniques indispensables à la gestion des crédits routiers. Sur le terrain pourtant, la réalité se mesure au kilomètre de piste désenclavé, au pont en béton armé jeté sur un cours d’eau capricieux ou à la fluidité du transport des denrées agricoles vers les bassins de consommation. Conscients que les plus beaux discours politiques se fracassent inévitablement sur la dure réalité des bourbiers et des routes dégradées, le Fonds Routier et les exécutifs régionaux ont décidé d’accorder leurs violons.


L’épreuve de la rigueur et du cadrage budgétaire

Si le transfert des compétences consacré par la loi portant Code Général des Collectivités Territoriales Décentralisées et appuyé par le décret n° 2017/144 du 20 avril 2017 confère aux Conseils régionaux la pleine maîtrise d'ouvrage sur le réseau régional, l’accès effectif aux ressources demeure soumis à une orthodoxie financière stricte. Entre 2023 et 2026, l'effort financier est massif : une enveloppe globale de 21,162 milliards de FCFA a été mobilisée par le Fonds Routier, ayant déjà permis de financer l'entretien de 2 449,92 kilomètres de routes et de 236 mètres linéaires d'ouvrages d'art. Pour transformer ces investissements en résultats tangibles, les participants ont été articulés autour de cinq modules fondamentaux : - Compétences transférées et cahiers de charges par domaine d'intervention des trois ordonnateurs du Fonds routier ; - Méthodologie d'élaboration des programmes d'entretien des routes régionales ; - Modalités de transfert des compétences aux CTD par le MINHDU ; - Règles de passation et d'exécution des projets d'infrastructures ; - Procédures de la chaîne de paiement et du traitement des décomptes. Les experts du Fonds ont mis un accent particulier sur la réduction des insuffisances récurrentes observées lors de l'examen des projets de contrats et du règlement des factures. L'appui méthodologique s'est appuyé sur le Guide technique à l'usage des intervenants du Fonds routier, véritable boussole décrivant les interactions et modes opératoires requis.


Fluidifier les paiements pour sauver le réseau

Pour le guichet de paiement, l'enjeu n'est pas uniquement financier ; il est avant tout managérial et structurel. L'un des objectifs majeurs de cette concertation résidait dans l'instauration d'un dialogue direct et sans intermédiaire entre le payeur et les ordonnateurs régionaux. En permettant aux Présidents de Conseils Régionaux d'assimiler le circuit documentaire exact de la transmission du décompte certifié au virement bancaire effectif aux entreprises amodiatrices, la rencontre vise à réduire de manière drastique les délais de traitement des dossiers. Un gain de temps crucial pour les entreprises du BTP intervenant dans les régions. L'assainissement du portefeuille des créances et la régularité des règlements constituent le seul gage d'un tissu économique local dynamique. Lorsque les factures sont payées à bonne date, les chantiers ne s'arrêtent pas, le matériel ne rouille pas au bord des pistes et la qualité technique des ouvrages finis s'en trouve directement préservée.


Un pacte renouvelé pour la gouvernance territoriale

Au-delà des simples aspects techniques et des manuels de procédures distribués aux participants, cette initiative du programme d'activités du Fonds Routier consacre une mutation profonde dans la gouvernance des affaires publiques locales. Les Conseils régionaux ne doivent plus se poser en simples solliciteurs passifs, mais en véritables managers d'équipements structurants, capables d'anticiper la programmation pluriannuelle des travaux d'entretien. En sortant de cette session d'imprégnation, les présidents des Conseils régionaux disposent désormais d'une feuille de route claire. Reste désormais l'épreuve du terrain : transformer cette maîtrise théorique des règles du Fonds Routier en kilomètres de routes praticables en toute saison, au bénéfice direct des populations riveraines et du développement socio-économique du pays.

Mathieu Nathanaël NJOG

Journaliste d'Investigation, Grand Reporter & Analyste Spécialisé et des Enjeux et Questions de Collectivités Territoriales Décentralisées

 
 
 

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
  • Facebook
  • Twitter
WhatsApp Image 2023-07-27 at 17.40.26 (1).jpeg
bottom of page