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Le Premier Ministre, Joseph Dion Ngute lance le dialogue communautaire et appelle au dépôt des armes pour sceller la paix

il y a 23 heures
3 min de lecture

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CRISE SECURITAIRE DU SUD-OUEST

À l’invitation du Premier ministre Joseph Dion Ngute, l’élite et les forces vives du Sud-Ouest se sont réunies ce 28 septembre à Buea pour concrétiser le dialogue communautaire prescrit par le Chef de l'État. Entre capitulation de combattants, création d’un fonds pour la paix et diagnostic sans concession sur une crise qui « s’essouffle », le Chef du gouvernement remet la responsabilité de la paix entre les mains des populations. Décryptage.

Lors de son appelle au dialogue pour la Paix à Buea, 25 ex commbattants présentés au Premier Ministre
Lors de son appelle au dialogue pour la Paix à Buea, 25 ex commbattants présentés au Premier Ministre

Au pied du mont Cameroun, les mots ont retrouvé ce 28 septembre une résonance particulière. Face aux autorités administratives, traditionnelles, religieuses et politiques rassemblées au dialogue communautaire du Sud-Ouest, le Premier ministre Joseph Dion Ngute a prononcé une phrase synthétique qui sonne comme un tournant stratégique : « The military have done their best; now it’s ours. » Après des années de confrontation armée aux lourdes séquelles socio-économiques, le ton n'est plus seulement à la démonstration de force, mais à la responsabilité citoyenne et communautaire. Prescrit par le chef de l’État Paul Biya, ce dialogue communautaire vise à attaquer le problème par ses racines locales. Pour Dion Ngute, la crise anglophone ne trouvera pas de solution pérenne uniquement par les armes, mais par l'implication directe de ceux qui côtoient quotidiennement les acteurs du conflit. « Les combattants sont des enfants de cette région ou des zones environnantes. Vos communautés les connaissent, vos familles les connaissent. Il est temps de les affronter pacifiquement et de les ramener à la raison. » a déclaré Chief Joseph Dion Ngute, Premier Ministre, Chef du Gouvernement. S'appuyant sur des renseignements internes, le chef du gouvernement indique qu'une lassitude profonde gagne les rangs des insurgés : de nombreux maquisards se disent désormais « fatigués » et cherchent une porte de sortie honorable.

Vingt-cinq ex combattants déposent les armes et le diagnostic du temps

L'élément marquant de ce rassemblement de Buea réside dans la présentation officielle de 25 ex-combattants venus du département de l'Akwaya. Ayant répondu à l'offre de réintégration de l'État, ces hommes symbolisent la possibilité d'une transition réussie de la clandestinité vers la vie civile. Pour soutenir cet effort de proximité, le Premier ministre a annoncé la création d’un Fonds pour la paix dans le Sud-Ouest. Ce dispositif financier est spécialement dédié au financement des initiatives locales de médiation, à la réinsertion des repentis et au renforcement de la cohésion sociale. L'une des déclarations les plus commentées du chef du gouvernement touche à la temporalité du conflit. Selon Dion Ngute, la crise a perdu sa dynamique initiale et s'essouffle progressivement. S'il appelle à une résolution immédiate par le dialogue, il prévient : à défaut d'un règlement rapide, le phénomène résiduel s'éteindra de lui-même d'ici 10 à 15 ans. Ce diagnostic s'accompagne toutefois d'un constat lucide sur le coût économique de l'instabilité. Le Premier ministre a reconnu que le classement persistant du Sud-Ouest comme « zone à risque » par plusieurs partenaires internationaux et chancelleries étrangères continue de freiner massivement les investissements et la reconstruction.

 

Transformer les intentions en dynamique durable

Au-delà des réunions institutionnelles et des effets d'annonce, le défi de l'après-Buea réside dans la capacité des acteurs locaux à investir le terrain. En actant que la réponse militaire a atteint ses limites opérationnelles, l'exécutif passe le relais aux chefs traditionnels, leaders religieux et opérateurs économiques. Chaque défection, à l'image des ex-combattants d'Akwaya, constitue une brèche dans la logique de confrontation. La réussite de ce dialogue communautaire se mesurera désormais au nombre de jeunes qui choisiront de quitter la brousse pour réintégrer leurs communautés et participer à la reconstruction économique du Sud-Ouest.

Delphine Nkengni N.

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