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Le tandem SCDP-PAK pousse l’ambitieux chantier sur le flan maritime de Mboro

TERMINAL A HYDROCARBURES DE KRIBI

Le 26 mai 2026, sous les lambris du Conseil d’administration de la Société Camerounaise des Dépôts Pétroliers, Jean Fabien Monkam Nitcheu, le Président du Conseil, a lâché le mot, le grand : le « Très Haut Accord » du Président de la République, S.E. Paul Biya. Une onction présidentielle répercutée par le Ministre d'État, Secrétaire général de la Présidence (SGPR), Ferdinand Ngoh Ngoh, pour la validation, le financement et l'exploitation du Terminal à Hydrocarbures de Kribi.




Le Terminal à Hydrocarbures de Kribi (THK), ce n’est plus un projet, cette infrastructure s’annonce comme le séisme logistique et énergétique le plus salvateur de ce début de siècle en Afrique centrale. On l'a bien compris ce vendredi 5 juin 2026. Sur le flanc maritime de Mboro, là où Kribi défie l'océan, la Société Camerounaise des Dépôts Pétroliers (SCDP) et le Port Autonome e Kribi (PAK) ont acté le grand départ opérationnel. Une descente sur le terrain qui transpirait le patriotisme économique et la ferveur des grands jours. Ce jour-là, le climat kribien a su se montrer capricieux, mais face à la détermination nationale, les éléments n'avaient qu'à bien se tenir. C’est sous une pluie battante, rapidement chassée par un soleil de plomb et piquant, au milieu de la boue et des bestioles des zones de chantier, que le Top management a payé de sa personne. Pas de souliers vernis pour ces soldats de l'économie, mais des bottes de chantier crottées, de la sueur et une rigueur de métronome. Véronique Manzoua, épouse Moampea Mbio, Directeur Général de la SCDP, et Patrice Melom, Directeur Général du PAK, ont marché. Mètre par mètre. Du « Manifold », ce cœur névralgique où s'entremêleront les flux de carburant – jusqu’à la digue de deux kilomètres qui portera le futur quai pétrolier, rien n'a été abandonné aux approximations. Explications des ingénieurs, palabres techniques avec les techniciens, échanges directs avec les populations riveraines... Tout a été passé au scanner d’un management de proximité rigoureux et sans concession. « Le PAK est très heureux d'accueillir en ce moment le plus important projet en hydrocarbures de notre pays. Je rassure toutes les parties prenantes de la disponibilité, de la fiabilité, de la sécurité et de l'accessibilité du site... Nous avons été nommés pour être en étroite ligne avec la vision du Chef de l'État », a martelé un Patrice Melom, le DG du PAK, serein et souverain.

À ses côtés, la patronne de la SCDP, Véronique Moampea Mbio, n’a pas caché sa fierté patriotique : « Depuis notre arrivée au Top Management, notre objectif est de rendre le Cameroun souverain et indépendant énergétiquement. Notre fierté nationale en dépend. C'est l'une des prescriptions institutionnelles à nous fixées par le Président de la République. Nous sommes en très bonne voie. » Et que dire de cette jeunesse ? Celle qui manie les pelleteuses, courbe l'échine sur le terrassement des 30 hectares du site ? Des visages trempés, mais des sourires fiers. Le « Septennat des Grandes Opportunités et des Jeunes » proclamé par le Chef de l’État, Paul Biya va-t-il afin trouver ici ses lettres de noblesse. Loin du Cameroun virtuel des réseaux sociaux, des « clics » et des joutes stériles, s’achemine-t-on vers le Cameroun réel, celui qui transpire, qui bâtit et qui avance. Pour comprendre le saut quantique qu'opère le Cameroun avecLe le THK, il faut quitter la poésie du chantier et plonger dans la froide et implacable arithmétique des ports. Le port fluvial de Douala-Bonabéri a rendu de fiers services à la nation, mais il semble avoir atteint son plafond de verre. Kribi, cadeau de la nature bonifié par le génie humain, offre un tirant d’eau exceptionnel de 16 mètres. Là où Douala exige trois rotations épuisantes, coûteuses et chronophages de petits navires pour décharger un volume donné, Kribi accueille un seul géant des mers de 80 000 tonnes à son quai pétrolier. C’est la règle des trois « Moins » et des trois « Plus » : trois fois moins de frais portuaires, trois fois moins de temps perdu, trois fois moins de biais logistiques, pour trois fois plus de rentabilité, d'efficacité et de flux financiers.



Dix-huit ans de maturation : Le Léviathan est debout


Adossé à un réseau de pipelines ultra-perfectionnés et à son statut historique de terminus du pipeline Tchad-Cameroun, Kribi offre un foncier sécurisé unique. C’est le seul espace côtier du pays capable de marier la haute technologie industrielle à une connexion directe avec l'hinterland d'Afrique centrale. Le THK n’est pas qu'un alignement de cuves et de tuyaux froids ; c’est une réponse sociale et écologique majeure. Ses mensurations font saliver les spécialistes : - 140 000 mètres cubes de stockage pour les hydrocarbures liquides (extensibles à 280 000 m3) ; - 12 000 tonnes métriques de gaz domestique (GPL), projetées à 30 000 tonnes d'ici 2050 ; - 5 millions de tonnes de produits traités par an dès le démarrage, avant de doubler à 10 millions. Derrière ces chiffres se cache la fin programmée du calvaire des ménagères et des automobilistes. Fini les pénuries chroniques de gaz domestique qui poussent nos mamans à se ruer sur le bois de chauffe, accélérant le drame de la déforestation. Fini les files d'attente interminables et révoltantes dans les stations-services. Le THK va agir comme un poumon d’oxygène pour les finances publiques : réduction drastique des coûts d'importation, renflouement des caisses de l’État via la douane et le fisc, et sécurisation absolue des stocks stratégiques. Le Cameroun ne mendiera plus sa sécurité énergétique ; il va la dicter.

Ce projet vient de loin. Initié en septembre 2008 par un appel d'offres international qui avait vu naître le premier groupement SCDP - Blaze Energy Ltd, il a traversé les zones de turbulences administratives avant d'obtenir sa concession de 28 ans en 2015-2016. Le coup d'accélérateur décisif est survenu le 18 décembre 2025 avec la signature du protocole tripartite SCDP - PAK - PARLYN/NEGRI. Trente mois de travaux sont désormais annoncés pour livrer ce mastodonte. Comme le soulignait Okie Johnson Ndoh, DG de la CSPH et administrateur de poids : « En deux ou trois années, la SCDP a beaucoup performé tant par ses projets de réception de produits au port, qu'au niveau de l'augmentation de ses capacités de stockage et de qualité de nos produits ». Le tandem Melom-Moampea fonctionne à la perfection, comme une machine de guerre économique bien huilée. Le Cameroun écrit son histoire énergétique en lettres capitales et s’affirme, n’en déplaise aux éternels sceptiques, comme le Hub incontournable de la CEMAC. Et ce n'est qu'un début : dans les carnets de la SCDP, on murmure déjà la transformation ergonomique du siège social et la construction d'un Hub GPL à Bonabéri. Le rouleau compresseur de l'émergence est en marche. Que ceux qui dorment se réveillent !



Mathieu Nathanaël NJOG

 
 
 

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