Les habits neufs de l'arbitraire et l'omerta institutionnelle autour des sorties d'Olive Ngobo
AFFAIRE VICE-AMIRAL FOUDA CONTRE MBAPOU ET AUTRES
Deux ans après l’irruption médiatique de l’affaire dite du « faux contre-amiral », la machine judiciaire du Tribunal Militaire de Yaoundé patine, s'embourbe et dévoile ses coutures. Entre instructions fantômes, absence de preuves matérielles et omerta institutionnelle, le cas de la Dre Olive Ngobo met à nu les dérives d'une justice aux ordres. Pourquoi, malgré les derniers rebondissements, la mise en demeure publique et l'évidence du vide juridique, la voix de l'ancienne fonctionnaire du MINDEF est-elle superbement étouffée ? Décryptage d'un scandale aux relents de machination.

Au Cameroun, la justice d'exception a parfois des fulgurances qui frisent l'absurde. Voilà deux longues années que des citoyens, jetés en pâture à l'opinion publique dans le cadre du dossier opposant le Vice-Amiral Joseph Fouda à Parfait Mbapou et consorts, subissent les affres d'une procédure désespérément vide de substance. Pas le moindre « faux contre-amiral » à se mettre sous la dent, pas l'ombre d'une preuve matérielle irréfutable, et pourtant, la machine répressive continue de broyer des réputations. Le maintien en l'état de cette instruction, alors même que les mis en cause ont recouvré une liberté qui traduisait déjà la vacuité du dossier, relève ni plus ni moins de la voie de fait institutionnelle. Le Code de procédure pénale a beau exiger célérité, rigueur et recherche de la vérité à charge comme à décharge dans des délais raisonnables, le Tribunal Militaire de Yaoundé (TMY) semble s'affranchir des textes fondamentaux pour cultiver un harcèlement judiciaire au long cours.
Expertise vocale et nouveaux virages
Alors que le dossier semblait au point mort, en dépit du fait qu'il y a une quinzaine de personnes placées sous mandat de dépôt, l'affaire vient de connaître un nouveau rebondissement de taille : la réquisition formelle d'un expert judiciaire chargé de procéder à l'authentification et à la reconnaissance des enregistrements audios attribués au Vice-Amiral Joseph Fouda lui-même. Cette initiative, supposée apporter une clarté scientifique à un imbroglio politique, s'apparente en réalité à une ultime manœuvre de distraction. Pourquoi chercher à faire authentifier des voix après deux ans d'instruction stérile, si ce n'est pour tenter de meubler le vide sidéral des charges matérielles ? Plutôt que d'affronter la réalité d'un dossier basé sur des supputations, l'accusation préfère s'engager dans une fuite en avant pseudo-technique. Un virage procédural qui, loin de crédibiliser l'instruction, ne fait que confirmer l'embarras d'un parquet militaire acculé à fabriquer des pièces pour justifier des mois d'arbitraire.
Le cas Olive Ngobo : Chronique d'une injustice ciblée et d'un destin brisé
Au cœur de cette tourmente se dresse le parcours pour le moins chaotique de la Dre Olive Ngobo. Expert en relations internationales et ancienne cadre administrative du Ministère de la Défense, cette dernière incarne à elle seule les dérives d'une administration tentaculaire où les règlements de comptes le disputent au zèle destructeur. Baladée de ramifications en ramifications artificielles, initialement inquiétée sur fond de ragots de couloirs et de « kongossas » de sous-quartier, elle a vu sa carrière brisée net à l'aube d'une nomination méritée comme Conseillère Technique Civile au sein du MINDEF. Pourtant, au plan strict du droit, le dossier s'est déjà effondré : blanchie par la juge d'instruction elle-même de tout grief lié au Vice-Amiral Joseph Fouda, faute de la moindre plainte formelle ou de charge probante, la Dr Olive Ngobo demeure néanmoins prise au piège d'imbroglios administratifs et de pressions occultes. Pourquoi un tel acharnement ? Parce qu'en pointant du doigt les incohérences de l'accusation, en mettant en cause la gestion de certains hauts responsables et en exigeant que toute la lumière soit faite sur l'usage réel du nom de l'officier général, elle dérange les cercles d'intérêts établis.

La mise en demeure et l'assourdissante omerta institutionnelle
Face à ce qu'elle qualifie de « captivité judiciaire », la Dr Olive Ngobo a choisi de briser le silence par une mise en demeure publique et solennelle adressée à toute la chaîne d'autorité de la juge d'instruction jusqu'au sommet de l'État. Elle y exige l'acte qui s'impose en droit : le prononcé d'une ordonnance de non-lieu définitif ou, à défaut, le renvoi de sa cause devant une juridiction de droit commun où elle pourra enfin confronter ses détracteurs civils dans un cadre contradictoire et impartial. Mais pourquoi un tel silence radio autour de ses révélations fracassantes ? L'omerta qui entoure ses récentes prises de parole traduit l'embarras d'un système acculé par ses propres contradictions. Si un réseau frauduleux exploitait véritablement le prestige du Conseiller Spécial du Chef de l'État, la logique républicaine exigerait des investigations impartiales et exhaustives. En ignorant la voix d'Olive Ngobo, l'appareil judiciaire démontre sa réticence à traiter le dossier sur le seul terrain du droit.
L'exigence de vérité face au couperet de l'Histoire
L'édifice judiciaire d'un État ne peut continuer de servir de paravent à des guerres d'influence ou de bouclier à des intouchables. Lorsque la justice militaire se réduit à exécuter des consignes au détriment des garanties légales fondamentales, c'est le contrat social et l'État de droit tout entier qui se trouvent ébranlés. Le temps des subterfuges et de la manipulation des masses est désormais révolu. Alors que les victimes de cette procédure sans fin réclament leur réhabilitation publique et la réparation intégrale des préjudices subis, les magistrats et décideurs impliqués font face à leurs responsabilités devant la Nation. La justice ne s'administre ni sur des rumeurs, ni sur des oukases : le prononcé immédiat du non-lieu et la manifestation de la vérité restent la seule issue pour laver l'honneur des innocents.
André Som N.



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