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Pr Marie Viviane Ondoa Biwole publie quatre tomes sur le naufrage des entreprises publiques camerounaises

MANDATS ECHUS 237

Au Cameroun, la loi n’est plus une boussole, elle est un lointain souvenir. Une option facultative pour princes de la République. Ce diagnostic, implacable, n’est pas une simple posture de pamphlétaire. Il est le produit d’une autopsie scientifique menée pendant neuf ans par le Professeur Marie Viviane Ondoua Biwole. À travers une série magistrale de quatre e-books intitulés « Mandats échus 2037 : le triple naufrage des entreprises publiques camerounaises », cette universitaire de haut vol met à nu le logiciel d’un système qui a choisi d’institutionnaliser l’anarchie juridique. Le constat est terrible : ce n'est plus de la gouvernance ; c'est de l'enracinement féodal sur les ruines de la fortune publique.




L’autopsie d'un système : 9 ans de données contre l'omerta

Pendant près d’une décennie, alors que les salons huppés de Yaoundé bruissaient de discours lénifiants sur la « modernisation » du secteur public, Marie Viviane Ondoua Biwole a méthodiquement croisé les données. 89 entités passées au crible, des centaines de décrets de nomination confrontés aux rapports financiers officiels de la Commission Technique de Réhabilitation des Entreprises du Secteur Public et Parapublic (CTR). Le résultat de cette investigation scientifique est une cartographie du chaos. Les chiffres, têtus, hurlent la faillite morale et légale de l'État : - 77 Présidents de Conseil d’Administration (PCA) exercent aujourd’hui dans l’illégalité la plus totale, hors mandat. - 36 Directeurs Généraux (DG) et Directeurs Généraux Adjoints (DGA) piétinent allègrement les plafonds de longévité fixés par le législateur. - 16 PCA poussent l'indécence jusqu'à cumuler simultanément plusieurs Conseils d’Administration, au mépris des règles de déconcentration des pouvoirs. Le chiffre du désastre : 40 milliards de FCFA. C’est le coût direct, en pertes nettes pour la seule année 2022, de cette oligarchie de l’inamovibilité. Ce ne sont pas des projections, ce sont les larmes financières du contribuable camerounais.

 

Le viol méthodique des lois de 2017 : Quand l'exception devient la norme

Pour comprendre comment le Cameroun s'est installé dans cette zone de non-droit, il faut remonter aux « lois jumelles » n°2017/010 et n°2017/011 du 12 juillet 2017. Le législateur y avait pourtant prescrit des verrous clairs, calqués sur les standards universels de la performance : six ans maximums pour un PCA, neuf ans pour un Directeur Général. Ces mandats n'étaient pas des baux emphytéotiques. Ils visaient à garantir le renouvellement des compétences et à tuer dans l'œuf l'enracinement bureaucratique. Neuf ans plus tard, ces lois sont devenues des chiffons de papier. On assiste à des aberrations qui confinent à la monarchie administrative : une présidence de conseil confisquée pendant 35 ans par le même individu ! Le Professeur Ondoua Biwole pose les mots justes sur cette dérive : « Nommer n'est pas prolonger. » Au Cameroun, la prérogative constitutionnelle de nomination définie à l'article 8 de la Constitution a été détournée de son esprit pour se transformer en un droit de maintien indéfini, au-dessus des lois de la République. Dès lors que le sommet de l’État s’affranchit de ses propres textes, c’est tout l’édifice républicain qui vacille. Le message envoyé au reste de la nation est d’une violence inouïe : la loi ne s'applique qu'aux faibles. Les puissants, eux, bénéficient d'une immunité temporelle et managériale.



La corrélation du crime économique : Impunité juridique et faillite financière

La thèse défendue par le Pr Ondoua Biwole, et que les médias nationaux relaient à juste titre comme un pavé dans la mare, met en lumière le « triple naufrage » : un cercle vicieux où l’absence de sanction juridique alimente directement la déchéance économique. Les données démontrent une corrélation effrayante, notamment dans le secteur industriel : plus un dirigeant s'éternise au-delà de son mandat légal, plus la performance financière s'effondre. Libérés de l'obligation de rendre des comptes, assurés d'une longévité artificielle par le fait du prince, ces gestionnaires hors-la-loi pilotent à vue. Le bilan de cet enracinement illégal est à couper le souffle : - Quatre entreprises publiques majeures sont aujourd'hui en situation de faillite technique. Leurs capitaux propres sont négatifs. Leurs passifs étouffent leurs actifs. - Elles ne survivent que sous perfusion, maintenues artificiellement en vie par des injections massives de subventions étatiques. - L’argent des hôpitaux, des écoles et des routes du Cameroun est ainsi siphonné pour maintenir le train de vie d'institutions devenues des coquilles vides. - Ce n'est plus une crise conjoncturelle. C'est un système prédateur, scientifiquement documenté, où des conseils d'administration fantoches et hors mandat couvrent les dérives de directeurs généraux inamovibles, sous le regard complice d’organes de contrôle murés dans un silence coupable.

 

Une œuvre de salubrité publique en quatre actes

Face à cette omerta institutionnelle, la publication de cette série d'e-books par le Professeur Marie Viviane Ondoua Biwole s'apparente à un acte de résistance intellectuelle. Commencée symboliquement le 23 juin 2026, à l’occasion de la Journée Africaine de la Fonction Publique, la diffusion de ces travaux se veut démocratique, gratuite et accessible à tous, pour que nul n'en ignore. Le calendrier de livraison de cette autopsie nationale est une chronique de la transparence : - 23 Juin 2026, le Cadre et le Chaos (Volumes 1 & 2), publication de « Quand l’illégalité a un prix » et « Le triple naufrage des entreprises publiques camerounaises ». Le 7 juillet, la Cartographie des Risques (Volume 3) par la publication des fondements méthodologiques et révélation des chiffres clés : les 77 PCA et 36 DG hors-la-loi. Analyse de l'irrégularité devenue règle structurelle. Le 12 Juillet 2026, Le Vrai Coût du Triple Naufrage (Volume 4) avec la publication de la mise à nu des vulnérabilités systémiques, du rôle ambigu des adjoints et des dérives de l'usage abusif des intérims administratifs. Parution le jour du neuvième anniversaire des lois de 2017. Chiffrage de l'hémorragie financière et hiérarchie des redressements structurels à engager d'urgence.




Le Cameroun au carrefour du droit

L’alerte est lancée, et elle est monumentale. Le travail du Pr Marie Viviane Ondoua Biwole ne se contente pas de dénoncer ; il quantifie le coût exact du mépris de la loi. Lorsque l’illégalité s’installe au cœur de l'État, le Cameroun cesse d'être une République pour devenir un territoire de non-droit, une zone de flou artistique où la survie des privilèges l'emporte sur l'intérêt général.  La question n'est plus de savoir si nos entreprises publiques sont performantes. La question est de savoir si le Cameroun est encore capable de respecter ses propres lois. À l’heure où les deux premiers volumes sont disponibles en téléchargement libre, le miroir tendu par la science à l'administration est d'une clarté terrifiante. Le silence ou la réaction des décideurs face à ces données sourcées déterminera si nous choisissons la voie de la refondation républicaine ou celle de l'enracinement définitif dans le naufrage. Le décompte est lancé.

Mathieu Nathanaël NJOG

 
 
 

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