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200 premières sentinelles citoyennes déjà formés à Douala par l’ONG Un Monde Avenir

il y a 2 jours
3 min de lecture

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ÉLECTIONS AU CAMEROUN

La démocratie ne se décrète pas, elle s'arrache, se surveille et se protège. Alors que le compte à rebours est lancé pour les prochaines échéances électorales, le Cameroun entre dans une phase décisive de mobilisation civique. Du 26 au 31 octobre 2026, la capitale économique, Douala, a servi de rampe de lancement à une opération d'envergure nationale : la formation de près de 4 000 observateurs électoraux indépendants répartis à travers les dix régions du pays. Un contingent de vigiles de la transparence qui intègre également une centaine de professionnels des médias, bien décidés à jouer leur partition dans cette reconquête de la sincérité des urnes.


Un vaste chantier citoyen s’est déroulé pour sa première phase du 26 au 31 octobre 2026 à Douala, pour quadriller le terrain, verrouiller la transparence et préserver la paix lors des échéances électorales à venir. Porté par l’Ong Un Monde Avenir en collaboration des organisations de la société civile (OSC) et des mouvements de jeunesse déterminés à ne plus assister en spectateurs aux soubresauts de la vie politique, ce projet court-circuiterait les dérives habituelles. Derrière cette initiative se cache une ambition stratégique redoutable : couvrir au moins 80 % des centres de vote de la métropole économique et déployer pas moins de 2 500 observateurs sur le terrain lors des prochaines confrontations électorales. Un maillage serré du territoire qui vise à transformer l'essai d'une observation citoyenne passive en un véritable bouclier anti-fraude.


Des sentinelles aguerries face aux arcanes du Code électoral

Former, oui, mais avec quelle boussole ? Le programme de ce vaste cycle de formation, qui va s'étirer jusqu'au mois de février 2027 à travers plus de 100 sessions intensives, ne laisse rien au hasard. Dans la seule région du Littoral, ce sont déjà 1 800 observateurs qui seront lancés dans le grand bain de la préparation technique. Il s'agit d'armer ces femmes et ces hommes, issus des associations de jeunesse et de la société civile, des outils conceptuels et pratiques indispensables pour décoder la machinerie électorale. Pendant ces cinq sessions de formations organisées pour cette première semaine, le premier module, a toujours été magistralement introduit par l'expert électoral Alex Gustave Azebaze. Il s’est appesanti aux fondements mêmes du système électoral : le Code électoral camerounais, les acteurs clés, et la cartographie institutionnelle. De la compréhension fine du rôle prépondérant d'ELECAM aux rouages délicats des organes opérationnels, de contrôle et de validation des résultats, les participants apprennent à identifier les rôles et les responsabilités de chacun. Savoir qui fait quoi, quand et comment ? : C'est la première étape indispensable pour repérer l'anomalie là où d'autres ne voient que la routine administrative.


Maîtriser les mathématiques du pouvoir : du mandat aux sièges

Mais l'observation citoyenne moderne ne se contente plus de compter les bulletins ou de constater l'heure d'ouverture des bureaux de vote. À l'heure des élections de proximité (Législatives et Municipales), les enjeux se nichent dans la complexité des chiffres et l'arithmétique du partage des sièges. C'est tout l'enjeu du second module, piloté par le Dr Hilaire Kapga, Directeur Exécutif de Futur Afrique Consulting. En convoquant la philosophie politique de Jean-Jacques Rousseau sur le concept du mandant et du mandataire, les formateurs rappellent une vérité cardinale : le pouvoir politique émane du citoyen et lui revient de droit, sous le sceau d'un contrôle permanent. Concrètement, les futurs observateurs sont formés à déchiffrer les systèmes de répartition des sièges et les formules mathématiques y afférentes. Car identifier les manquements et les zones d'ombre favorisant la fraude exige aussi de maîtriser l'équivalence arithmétique des pourcentages lors du dépouillement. Un exercice de haute voltige intellectuelle rendu accessible pour que plus un seul citoyen ne soit dupe des alchimies post-électorales.

La cohésion sociale en première ligne

Au bout de la chaîne, l'objectif final dépasse la simple technique électorale. Il s'agit ni plus ni moins de prévenir les violences et de préserver le vivre-ensemble dans un pays en quête constante d'apaisement. Comme le rappelle l'éducateur aux Droits Humains, Nanga Philippe à travers le troisième module, le citoyen demeure la pierre angulaire de la construction sociale. En maîtrisant les techniques de détection des fraudes et les pièges des éventuels contentieux, les observateurs indépendants agissent comme de véritables amortisseurs sociaux. En garantissant des scrutins justes, transparents et incontestables, ils désamorcent la contestation avant même qu'elle ne devienne conflictuelle. Une élection bien surveillée est une paix préservée. De Douala aux confins des dix régions, ces près 4 000 sentinelles de la démocratie qui en sortiront vont écrire, session après session, les nouvelles pages d'un Cameroun citoyen et souverain.

Mathieu Nathanaël NJOG


 
 
 

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