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Douala pleure ses ouvriers, le Ministre Fuh Calistus Gentry abat le couperet de la fermeture

il y a 23 heures
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Dernière mise à jour : il y a 9 minutes

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INCENDIE TRAGIQUE A METAFRIQUE STEEL

Drame au cœur de la zone industrielle de Douala-Bassa. L'usine Metafrique Steel a été placée sous scellés administratifs ce 4 novembre 2026 par le Professeur Professeur Fuh Calistus Gentry, Ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique par intérim. Une décision d'une fermeté implacable, intervenue à l'issue d'une conférence de presse tenue dans la salle de banquet des services du gouverneur du Littoral, au lendemain d'un incendie d'une rare violence qui a coûté la vie à cinq travailleurs. Entre douleur des familles, interrogation sur les défaillances sécuritaires et impératif de souveraineté économique, le gouvernement envoie un signal fort : la croissance ne se construira pas sur le sang des ouvriers. Chronique d'un désastre annoncé dans la forge de Douala-Bassa.


Lundi 2 novembre 2026. L'horloge tourne au rythme des machines dans l'antre de Metafrique Steel S.A., filiale incontournable de la filière métallurgique et de la transformation locale de l'acier au Cameroun. Soudain, l'impensable surgit. Un violent incendie embrase les installations, transformant l'espace de production en un piège incandescemment redoutable. À des températures frôlant les extrêmes, où chaque étincelle côtoie le risque permanent, la fournaise se déchaîne. Le bilan, d'abord redouté, se révèle rapidement insoutenable : des blessés graves, des brûlés au troisième degré luttant contre la mort, et des familles subitement plongées dans l'effroi. Au fil des heures, l'angoisse s'amplifie. Le compteur macabre s'alourdit avec le décès d'un employé supplémentaire, portant le bilan provisoire à cinq morts, quatre de nationalité camerounaise et un ressortissant indien. Douze autres travailleurs, pris en charge en urgence, luttent pour leur survie, certains placés sous assistance respiratoire stricte au sein du service de réanimation de l'Hôpital Général de Douala. Cet accident tragique, survenu dans une unité industrielle qui n'en est malheureusement pas à son premier fait d'armes négatif, jette une lumière crue et douloureuse sur les failles de la prévention des risques professionnels.

 

Entre l'Hôpital général et la salle de banquet du Gouvernorat

Face à l'ampleur de la catastrophe, la réaction des pouvoirs publics n'a pas traîné. Le lendemain de la prompte descente du Gouverneur de la Région du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, fraichement revenu des congés, une forte délégation ministérielle conduite par le Pr Fuh Calistus Gentry, Ministre des Mines et du Développement Technologique (MINMIDT) s'est transportée le mardi 3 novembre, sur les lieux du drame à Douala-Bassa. Aux côtés du Gouverneur de la Région du Littoral, du Préfet du département du Wouri, des autorités de sécurité et des techniciens du MINMIDT, le membre du gouvernement a voulu constater de visu l'étendue des dégâts matériels et structurels. L'exercice de vérité s'est poursuivi au chevet des victimes. À l'Hôpital Général de Douala, guidé par le Pr Henry Luma et les équipes médicales mobilisées, le Ministre a mesuré la souffrance des rescapés, prodiguant réconfort et soutien institutionnel. Mais c'est le mercredi 4 novembre, depuis la salle de banquet des Services du Gouverneur du Littoral, que la réponse institutionnelle a pris toute sa mesure. Au cours d'une conférence de presse de vérité, entouré des capitaines d'industrie de la filière (Fokou, Acero, Prometal et les représentants de Metafrique Steel), le MINMIDT a martelé la position de l'État : « Tolérance zéro face au laxisme sécuritaire. »


L'impératif de la sécurité : La tolérance zéro brandie par le MINMIDT

« L'usine restera fermée à titre conservatoire. Le temps de mener les enquêtes pour avoir les causes réelles du sinistre », a asséné le Pr Fuh Calistus Gentry. La mise sous scellés immédiate de Metafrique Steel ne relève pas d'un simple effet d'annonce ; elle constitue un acte juridique fort dicté par le souci de préserver les indices matériels et d'ouvrir une double enquête administrative et technique sous la houlette du Comité National de l'Inspection. L'enjeu est double : établir les responsabilités individuelles et collectives, mais surtout auditer l'effectivité des normes de sécurité au sein des chaînes de production à haute intensité thermique. Comment tolérer encore que des hommes, partis chercher le pain quotidien de leurs familles, se retrouvent fauchés sur leur lieu de travail ? Le Dr Pierre Moueleu, lors de son exposé devant les acteurs de la filière, l'a rappelé avec insistance : l'auto-inspection et la culture de la prévention ne sont point des options facultatives, mais les piliers intangibles de toute modernité industrielle digne de ce nom.


Entre souveraineté industrielle et exigence de conformité

Le drame de Metafrique Steel pose avec acuité un débat économique fondamental pour le Cameroun. La filière métallurgique, pilier majeur de la compétitivité nationale et de la transformation locale avec plus de 500 milliards de francs CFA de chiffre d'affaires annuel et des milliers d'emplois directs, est aujourd'hui à la croisée des chemins. Faut-il sacrifier les ambitions de substitution aux importations de fer sur l'autel de la sécurité ? La réponse des autorités est claire, mesurée, mais ferme : point de contradiction entre industrialisation et protection humaine. L'État encourage la transformation locale du minerai de fer, notamment vers l'utilisation de concentrés enrichis à 60-64 % pour la production de billettes, mais cette ascension économique doit impérativement s'accompagner d'une mise aux normes technologiques rigoureuse. Les investissements dans la sécurité énergétique, l'optimisation des process thermiques et l'amélioration des conditions de travail ne peuvent plus être négociés à rabais. En décidant de frapper du poing sur la table, le gouvernement camerounais rappelle une vérité première : la richesse d'une nation se mesure d'abord à la valeur qu'elle accorde à la vie de ses citoyens. À Douala, la fermeture de Metafrique Steel sonne comme un électrochoc salutaire pour tout le landerneau industriel national. Désormais, le développement

Mathieu Nathanaël NJOG

Journaliste d’Investigation, Grand Reporter & Analyste des Enjeux et Questions Economiques et de Politiques Publiques

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