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Le Conseil Régional de l'Ouest mobilise sa diaspora et ses territoires pour bâtir son avenir à cette 3è édition

il y a 2 jours
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Dernière mise à jour : il y a 1 heure

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REDEO 2026

Du 12 au 22 novembre 2026, le stade omnisport de Tocket à Bafoussam s'apprête à vibrer au rythme de la troisième édition de REDEO. Porté par le Conseil Régional de l’Ouest et placé sous le haut patronage du Président de l’Assemblée nationale, ce rendez-vous marque un tournant cardinal : le passage de la simple promotion des potentialités à l’exécution concrète. Entre un portefeuille de 16 projets structurants évalués à plusieurs milliards de francs CFA, la mobilisation active de la diaspora et l'affirmation d'un développement endogène, l'Ouest camerounais se positionne en laboratoire avant-gardiste de la décentralisation économique en Afrique centrale.


L’Afrique économique n’attend plus ; elle se structure. Dans le sillage de la Stratégie nationale de développement (SND30) et de l'approfondissement de la décentralisation, les collectivités territoriales décentralisées ne jouent plus les seconds rôles. Elles s'imposent comme les véritables architectes de la croissance locale. À Bafoussam, la 3ᵉ édition des Rencontres d’Échanges, de Découvertes et d’Exhibition de la région de l’Ouest (REDEO 2026) cristallise cette ambition. Si l'édition inaugurale de 2023 a posé les jalons de la vision et que celle de 2024 a bâti l'architecture institutionnelle, 2026 se lit comme l'année de la maturité opérationnelle. Les chiffres annoncés par le Conseil Régional traduisent cette envergure nouvelle : 250 000 visiteurs attendus, 350 exposants, 10 pays invités, une cinquantaine de conférences et ateliers, et un impact économique projeté dépassant les 50 milliards de francs CFA. À travers ses huit départements et ses quarante communes, la région ne se contente plus de vanter sa légendaire hospitalité ou ses sols fertiles : elle vend des projets bancables.

Un développement endogène adossé sur des chaînes de valeur intégrées

L'idée-force qui irrigue cette édition tient en un postulat cardinal : la valeur doit se créer et se conserver là où elle naît. Trop longtemps, le grenier agricole de l'Ouest a exporté ses matières premières à l'état brut, perdant au passage l'essentiel de la plus-value industrielle. REDEO 2026 prend le contre-pied de cette fatalité en articulant son modèle autour de la transformation locale, de la sécurité alimentaire et de la compétitivité régionale. Le projet de création d’un Centre régional de génétique et de nutrition animale, adossé à un investissement de deux milliards de francs CFA, illustre cette volonté de rationaliser la première filière avicole du pays. De même, la structuration de la chaîne de valeur maraîchère, combinant stockage frigorifique, hubs d'agrégation et normes phytosanitaires rigoureuses, vise à capter le marché naturel du corridor nigérian et de la CEMAC, épargnant aux producteurs locaux ces pertes post-récolte chroniques estimées entre 35 et 45 %. Ici, l’agriculture cesse d'être un simple moyen de subsistance pour s’ériger en véritable industrie.


Seize leviers pour transformer l’économie régionale

Le fait marquant de ce dossier de presse réside incontestablement dans la mise en avant publique d'un portefeuille de seize projets d'investissement rigoureusement cartographiés par le Conseil Régional de l’Ouest, sous la houlette du Dr Jules Hilaire Foka Foka. Ces initiatives couvrent quatre familles stratégiques : l'agriculture et l'élevage, l'industrie et l'énergie, l'urbanisme et les transports, ainsi que le capital humain et le numérique. Parmi ces chantiers, plusieurs dossiers avancés retiennent l'attention des investisseurs et des analystes : - Le complexe SORO-MAT : Un projet de valorisation de matériaux et BTP dont les équipements lourds (centrale à béton, centrale d'enrobage) ont déjà été acquis par le Conseil Régional et attendent leur partenaire opérateur en co-entreprise (SAS CRO). Une opportunité en or sur un marché régional qui importe encore une large part de ses intrants de construction. - La transition énergétique (Projet P10) : Des partenariats public-privé sous forme de BOT/BOOT avec des opérateurs internationaux pour exploiter 34 micro-sites hydroélectriques, développer le solaire agro-voltaïque et valoriser les déchets organiques, le tout sans alourdir la dette publique locale. - L’écosystème numérique et académique (Digital Hill et Campus international) : Des parcs technologiques et des zones franches éducatives à Galim et Bandja, pensés pour capter la demande croissante de formation supérieure d'excellence en Afrique centrale francophone. Ces projets affichent des niveaux de maturité clairement signifiés, garantissant une transparence totale pour le capital privé national et international.

Diaspora et innovation : Les catalyseurs d’une dynamique transcontinentale

On ne saurait bâtir une telle ambition sans mobiliser la force de frappe de la diaspora, en particulier la communauté bamiléké et l'ensemble des forces vives de l'Ouest dispersées à travers le globe. Estimée à un demi-million de personnes, cette diaspora représente un levier d’épargne, d'expertise et de réseau considérable. La création de la Zone Économique Spéciale (ZES) de Bamougoum et le club de co-investissement adossé au programme NGUON offrent précisément des véhicules financiers sécurisés et incitatifs pour canaliser ces capitaux vers l'économie réelle. Sur le terrain, l'innovation sociale et technologique se lit à travers des initiatives remarquables : l'Hôpital itinérant Manssah, qui mobilise des médecins de la diaspora pour des soins gratuits ; le Village des sciences destiné à initier la jeunesse à l'intelligence artificielle et à la robotique ; ou encore la compétition « Fabriqué ici ». Autant de preuves que REDEO 2026 n’est pas un simple salon commercial, mais un véritable catalyseur sociétal. Du 12 au 22 novembre prochain, Bafoussam ne sera pas seulement le carrefour festif des cultures des Grassfields ; elle sera la vigie d'un Cameroun qui innove, entreprend et réussit sa transformation structurelle depuis ses territoires.

Mathieu Nathanaël NJOG

Journaliste d’Investigation, Grand Reporter & Analyste des Enjeux et Questions Economiques et de Développement


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