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Défiance ostentatoire du Maire de la ville de Douala à l’égard des autorités compétentes

AFFAIRE DU PARCOURS VITA DE DOUALA

Dans un ping-pong, le Maire de la ville de Douala a fait deux sorties les 22 et 24 décembre 2025. D’abord par une mise au point pour répondre aux conclusions de la réunion en vue d'un règlement harmonieux du différend l’opposant au Directeur du Parcours Vita de Douala, tenue le 19 décembre à la Préfecture ; et par un communiqué de réplique à l’Arrêté préfectoral du 23 décembre, venant confirmer ces conclusions de levée de suspension du Directeur du Parcours Vita. N’entendant pas jeter l’éponge, il dit rester ferme sur ses positions et n’attend se soumettre qu’à la décision du Premier Ministre, Chef du gouvernement qu’il dit avoir saisi pour faire le procès d’une décentralisation enrhumée.




Comme nous l’annoncions dans notre article du compte rendu de la deuxième réunion de conciliation et d’arbitrage du différend opposant le Maire de la Ville de Douala au Directeur du Parcours Vita de Douala tenue le vendredi 19 décembre 2025, à la Préfecture du Wouri, le Préfet du Département du Wouri, Sylyac Marie Mvogo a signé le lundi 23 décembre 2025, un Arrêté préfectoral « constatant nullité absolue de la décision N140/DM/CUD/CAB-M/2025 du 06 décembre 2025 de Monsieur le Maire de la Ville de Douala portant suspension du Directeur du Parcours Vita de Douala ». Et d’ajouter : « Motif pris de l’incompétence de son auteur ». Sur le double plan juridique et administrative, cela signifie que cette décision du Maire de la ville de Douala ne devrait jamais être prise parce qu’il n’a pas qualité. Hiérarchie des normes oblige !  Pour prendre cet Arrêté, le Préfet s’est appuyé sur l’Arrêté 141/CAB/PM du 24 décembre 2012 portant organisation et fonctionnement du Parcours Vita ; l’Arrêté 2024-003/MINSEP du 20 août 2024 portant nomination des responsables dans les Parcours Vita ; La lettre w°2625/144/L/MINSEPVCAB du 12 décembre 2025 sollicitant l'annulation de l'acte du Maire de la Ville de Douala, Roger Mbassa Ndinè portant suspension de Mr Njoh Valentin comme Directeur du Parcours Vita de Douala et des procès-verbaux des réunions de concertation présidées personnellement  les 09 et 19 décembre 2025 « en vue d'un règlement harmonieux du différend opposant le Maire de la Ville de Douala au Directeur du Parcours Vita de Douala ».

En réplique, 24 heures plus tard, le Maire de la ville de Douala, Roger Mbassa Ndinè dans un communiqué dit « prendre acte de cet Arrêté préfectoral » visant à régler ce différend mais promet qu’il « avisera ». Dans la mise au point, 48 heures plus tôt, il déclarait : « À ce jour, aucune décision formelle, réglementaire ou juridictionnelle n’est intervenue pour retirer à la CUD la propriété ou la gestion du Parcours Vita, ni pour invalider la position de la collectivité fondée sur le droit applicable ». A cet effet, dans le communiqué suscité il tient à réitérer que : « La position de la CUD dans l’exercice normal de ses compétences reconnu à l’exécutif communautaire par les lois, règlements applicables aux CTD notamment en matière d’organisation et de fonctionnement des services publics mis sous son autorité ». Faisant ainsi référence notamment au : - Protocole en vigueur du 5 juin 2013 ; - Décret n°2012/0881/PM du 27 mars 2012 portant transfert de certaines compétences de l’État aux communes ; Arrêté n°001/A/MINSEP du 09 avril 2012, signé par le Ministre des Sports et de l’Éducation Physique, Monsieur ADOUM GAROUA. Soutenant qu’en l’absence d’une telle décision, « la position de la Communauté Urbaine de Douala demeure pleinement valable et juridiquement fondée ». Par conséquence, la CUD dit avoir adressé un plaidoyer formel au Gouvernement afin que les compétences légalement transférées aux Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) soient pleinement respectées. « Le Premier Ministre a été saisi de la question et la Communauté Urbaine de Douala réaffirme, avec responsabilité et fermeté, qu’elle ira jusqu’au bout dans la défense des prérogatives que la loi lui reconnaît, dans le respect strict de l’État de droit ».




Procès du niveau de mise en oeuvre de la décentralisation 

Une remise en cause ou un procès voilé du niveau de la mise en œuvre de la décentralisation. Evocateur lorsque cela vient d’un élu du RDPC, parti au pouvoir. En attendant que la résistance du Maire de la ville de Douala sous fond de défiance aboutisse, l’Arrêté préfectoral a « ordonné l'enlèvement des scellés illégalement apposés sur les bureaux et dans l'enceinte du Parcours Vita » afin de permettre au Directeur Valentin Njoh de reprendre ses fonctions, dés signature du présent Arrêté. Il faut dire que pour des observateurs avertis, s’il est vrai que ce différend révèle les tares de la décentralisation telle qu’elle est appliquée jusqu’ici, il reste que le Maire de la ville de Douala ne peut faire semblant d’omettre qu’en l’état actuel de l’application de la loi portant Code général des Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) de 2019, il ne peut pas aller à l’encontre des turpitudes du système au pouvoir dont il est le fruit. Puisque c’est ce régime qui a décidé d’une application homéopathique de cette loi. Pour preuve, depuis l’élection des exécutifs des CTD en 2020, les 15% de transfert de compétences instruit par le Président de la République n’ont jamais été appliqués. Curieusement, le Maire Roger Mbassa Ndinè qui est le Président de l’Association des Maire de Ville du Cameroun n’a mené aucun plaidoyer pour le faire appliquer. « Mieux encore dans la hiérarchie des normes, le Maire de la ville de Douala s’est qu’il ne peut ni suspendre ni licencier un employé de la CUD sans l’avis favorable du Préfet. Et ne peut ni suspendre ni limoger un responsable des services placés sous sa tutelle qui a été mis à disposition ou nommé par un département ministériel (MINFI, MINMAP, MINDDEVEL, MINSANTE, MINJUSTICE, MINSEP,…) », souligne notre expert qui a requis l’anonymat.

Dans le cas d’espèce, c’est au moins le deuxième revers qu’il essuie ainsi dans cette mandature. C’était le cas du Directeur de la Commission des Marchés publics de la CUD qu’il avait essayé de suspendre avant de se voir rappeler à l’ordre par une annulation catégorique du Ministre des Marchés Publics, Ibrahim Talba Malla. De même, les experts en droit administratif font remarquer que ce n’est pas parce que la CUD se prévaut d’octroyer une subvention de quarante millions (40 000 000) de FCFA destinée à l’entretien, au fonctionnement et à la maintenance du site en plus d’être le Président du Comité de Gestion du Parcours Vita que le Maire de la ville de Douala peut se prévaloir des prérogatives de suspendre ou de limoger le Directeur de cette infrastructure sans l’avis favorable du Ministre qui l’a nommé. « Peut-il aussi suspendre ou limoger le Directeur de l’Hôpital Laquintinie de Douala (HLD) nommé par le Ministre de la Santé Publique parce qu’il y est Président du Comité de Gestion et la CUD alloue une subvention d’au moins quatre-vingt-dix millions (90 000 000) de FCFA voir plus chaque année ? » Faire remarquer notre interlocuteur pour révéler l’incongruité du bras de fer du Maire de la ville de Douala à l’égard du Ministre des Sports et de l’Eduction Physique et du Préfet du Département du Wouri qui est sa tutelle locale.



Mathieu Nathanaël NJOG


 
 
 

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