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Les Maires des Grandes Villes du Cameroun à la conquête des investissements de la diaspora

DEVELLOPPEMENT LOCAL

L’Association des Maires de Villes du Cameroun a organisé le 18 et 19 février 2026 à Douala, un séminaire d’information et de formation des points focaux des quatorze Communautés urbaines que compte le Cameroun sur la mobilisation de la diaspora dans la construction de leurs villes et par ricochet d’être un apport indéniable au développement de leur pays.


« J’ai envoyé de l’argent à ma famille pour me construire un immeuble, mais lorsque je suis arrivé au pays, je n’ai rien trouvé ». « J’ai voulu investir au pays, et j’ai été arnaqué ». « Lorsque je vais en vacances au pays, personne ne présente un projet mais tout le monde attend de moi une assistance financière ». Des témoignes pareils, il y en des tonnes que les Camerounais vivant à l’étranger débitent pour exprimer leur exaspération dans leur volonté à investir dans leur pays. Ce sentiment de déception démontre par ailleurs qu’il y a dans cette diaspora un potentiel à capitaliser et une niche de financement à saisir pour l’orienter au service du développement local. C’est dans cette perspective que L'Association des Maires de Villes du Cameroun (AMVC) a organisé du 18 au 19 février 2026 à Douala, un atelier d’information et de formation des Points focaux de la Diaspora des quatorze (14) Communautés Urbaines du Cameroun (Yaoundé, Bafoussam, Bertoua, Garoua, Maroua, Ngaoundéré, Kribi, Edéa, Bamenda, Limbe, Nkongsamba, Ebolowa et Kumba). Animé par Samir Bouzidi, Expert international et CEO de la start-up Impact Diaspora, promoteur du programme Invest in Diaspora, soutenu par l'Association Internationale des Maires Francophones (AIMF), cette formation a permis de faire un diagnostic des africains de l’étranger. Et de relever que la diaspora du Cameroun rentre trop peu dans son pays pour les vacances. Les raisons sont diverses : - Raisons de cherté des billets d'avion, - Répression politique, et – déceptions familiales. Mais aussi, pour constater que contrairement à l’Afrique de l’Ouest, seulement 10% de l’épargne mobilisée est investie par la diaspora des pays de l’Afrique Centrale. Et qu’à la base, l’Africain de l’étranger ne sont pas des entrepreneurs dans le pays d’accueil. Leurs investissements est beaucoup plus familial ou communautaire contrairement à des investisseurs étrangers qui passent par les Ambassades pour rechercher les secteurs d’activités porteurs où les investissements sont plus fiables et s’assurer que les pays donnent des gages de protection des investissements.

C’est une opportunité que les villes doivent saisir afin d’offrir des pistes d'investissements crédibles et sécurisés. Surtout que dans le contexte camerounais, « la presse économique est très faible pour faire avancer un projet à distance », a fait remarquer Samir Bouzidi, l’Expert-Consultant. A cet, il a ressorti la typologie des investisseurs de la diaspora en faisant remarquer que les africains de l’étranger sont des entrepreneurs par nécessité pour faire vivre les familles. Il y a : - Les victimes du plafond verre 35 ans, qui investissent dans les start-ups ; - Les managers (45-50 ans) qui exigent plus de garanties et sont susceptibles d’intéresser plus les villes. - Les seniors (plus de 50 ans) qui sont des potentiels retraités qui préparent leur retour et sont à la recherche d’une nouvelle réinsertion dans les secteurs comme l’agriculture. Non sans faire remarquer que la diaspora est très complexe. Elle est différente en fonction des pays et des villes de résidence. L’Expert-formateur, Samir Bouzidi, va faire des recommandations d’attractivité et énumérer les 11 pièges fréquents à éviter dans la mobilisation de la diaspora. En somme, cette formation a montré l’engagement des villes urbaines à contribuer activement au développement de nos territoires a marqué une étape importante dans la modernisation de l'action municipale au Cameroun. Après avoir désigné des points focaux, il reste aux quatorze (14) Mairies urbaines à ouvrir un guichet pour la diaspora afin de valoriser cette action de modernisation de l'action municipale au Cameroun. Parce que : « Il faut commencer à mettre en place, une campagne d'accueil dans les villes, dans les comités locaux, avec par exemple un guichet diaspora, qui va assurer un accueil qui va permettre à toutes les diasporas qui ont une initiative pour la ville, ça peut être un projet d'investissement, d'avoir un interlocuteur dédié », a précisé Samir Bouzidi. Et d’ajouter : « Je dirais qu'on est au démarrage d'une très belle aventure ». Qui ne peut réellement porter des fruits qu’avec une véritablement décentralisation et une crédibilité de l'exécutif de la Mairie qui ne doit pas trainer de casseroles. Toutefois, il est recommandé aux Mairies de demander des compétences pas des financements de la diaspora. Et aux Points focaux de faire parler les Maires sur la diaspora et montrer qu'il aime la diaspora pas l'argent de la diaspora.



Cette initiative de l’Association des Maires de Villes du Cameroun (AMVC) de former un réseau coordonné de 14 Points Focaux dédiés à la diaspora est une première sur le continent africain. Leur mission sera essentielle pour accueillir, accompagner et valoriser les projets des Camerounais de l'étranger. Ce qui va permettre à toutes les diasporas qui ont une initiative pour la ville, à l’instar d’un projet d'investissement d'avoir un interlocuteur dédié. « Notre ambition a l’AMVC est de structurer son action et de renforcer les liens entre nos villes et nos compatriotes établis à l’étranger », a indiqué Roger Mbassa Ndinè, Président de l’AMVC et Maire de la ville de Douala. Cet atelier a aussi été l’occasion de présenter aux participants la plate-forme mutualisée inter-villes : « jesuisaucameroun.com », et préciser leur rôle opérationnel dans son déploiement. Cette plate-forme dont le lancement officiel est prévu au mois d'avril 2026, ambitionne d'impliquer activement les Camerounais de l'étranger lors de leurs séjours au pays. Mais aussi d’offrir à la diaspora la possibilité de s'engager de manière structurée et visible pendant ses vacances au Cameroun. Un engagement qu'elle assume déjà de façon informelle à travers des actions solidaires, des appuis familiaux et communautaires. C’est dire que la plate-forme entend désormais mieux organiser, valoriser et renforcer cette contribution grâce à une coordination directe avec les villes. Elle permettra aux Communautés Urbaines de publier, en quelques minutes grâce à une interface intégrant l'Intelligence Artificielle, des missions et opportunités dans une quinzaine de secteurs clés investissement, sante, environnement, innovation immobilier, lutte contre la pauvreté, expertises techniques,… « Le Cameroun est le pays pilote d'une plateforme appelée à être déployée dans 40 pays africains. Cette initiative positionne le Cameroun comme pionnier de l'innovation territoriale », a conclu Roger Mbassa Ndinè.


Mathieu Nathanaël NJOG

 
 
 

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