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L'Assemblée Nationale et le Sénat camerounais se mobilisent pour le dialogue et la cohésion sociale

il y a 2 heures
5 min de lecture

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INVESTISSEMENT DANS LA PAIX

À l’occasion de la Journée Internationale de la Paix, l’Assemblée Nationale et le Sénat ont scellé le 22 septembre 2026, une alliance politique et institutionnelle d’envergure au Palais de verre de Yaoundé. Face aux fractures sociopolitiques et aux menaces sécuritaires qui traversent le pays, la représentation nationale entend substituer aux discours de circonstance une stratégie concrète d’investissement dans la paix, la justice sociale et l’éducation de la jeunesse.


Dans les travées d’ordinaire théâtres de joutes oratoires et de navettes législatives, l’atmosphère arborait ce jour-là les atours de la gravité républicaine. Alors que les tensions géopolitiques mondiales et les soubresauts sécuritaires régionaux continuent d’interpeller les consciences, le Parlement camerounais a choisi de faire entendre une voix à l’unisson. L’Assemblée Nationale et le Sénat ont coparrainé une grande journée de réflexion et de plaidoyer axée sur une exigence vitale : faire de la paix non plus une simple pétition de principe, mais le chantier prioritaire de la nation. Sous l’impulsion conjointe des deux Chambres du Parlement, la commémoration de la Journée Internationale de la Paix s’est muée en une tribune d'action institutionnelle. La cérémonie protocolaire a été présidée par l’honorable Mary Muyali Meboka, Vice-présidente de l’Assemblée nationale, représentant pour la circonstance du Président de la Chambre basse, le très Honorable Théodore Datouo. À ses côtés, la Chambre haute manifestait son plein engagement par la présence remarquée du Vice-président du Sénat, le professeur Robert Nkili.

Ce compagnonnage institutionnel au plus haut sommet symbolise la volonté politique de sortir la question sécuritaire du seul prisme répressif pour l’ancrer dans une dynamique globale de refondation sociale. Dans son adresse liminaire, l’honorable Mary Muyali Meboka a décliné la vision stratégique de la représentation nationale : pacifier le corps social exige une prise de conscience collective et une allocation rigoureuse des ressources vers la prévention des conflits. « La paix n’est pas un état passif ou une simple absence de belligérance ; c'est un investissement structurant, un effort quotidien qui commande le renforcement du dialogue démocratique et la promotion active de la coexistence pacifique », a martelé la Vice-présidente. Devant un parterre constitué de parlementaires, de diplomates et de figures de la société civile, la plénière a pris la mesure d'un engagement qui se veut désormais opérationnel.


La tolérance zéro face aux violences faites aux femmes et aux enfants

L’un des moments forts de cette rencontre aura été le réquisitoire sans concession dressé contre l'escalade des violences intrafamiliales et sociétales. L’honorable Muyali Meboka a porté la voix de l'institution parlementaire pour fustiger l’augmentation inquiétante des violences basées sur le genre (VBG), la multiplication des féminicides et la recrudescence des infanticides qui endeuillent régulièrement la communauté nationale. La condamnation, ferme et sans équivoque, s'est accompagnée d'un appel pressant à la chaîne de responsabilité institutionnelle et juridique. Pour les élus du peuple, la protection des franges les plus vulnérables de la population en premier lieu les femmes et les enfants constitue le préalable éthique à toute cohésion sociale durable. Le Parlement s'est dit prêt à adapter l'arsenal législatif pour accentuer la répression de ces crimes odieux, tout en favorisant des mécanismes communautaires d'alerte et de prise en charge précoce des victimes. Cette position a trouvé un écho favorable auprès de l’honorable Brigitte Emabot, Présidente de l’International Association of Parliamentarians for Peace (IAPP), qui a rappelé que la diplomatie parlementaire doit se nourrir d'actions concrètes sur le terrain pour éradiquer les racines de la violence structurelle.

 

Le multipartisme institutionnel au service de la diplomatie humanitaire

La dimension multilatérale de l'événement a été rehaussée par la participation active du système des Nations Unies au Cameroun. Le Dr. Issa Sanogo, Coordinateur résident de l’ONU, ainsi que M. Auguste Tshiband, Conseiller principal de l’ONU pour la paix et le développement, ont salué cette initiative parlementaire qui s’inscrit en droite ligne des Objectifs de Développement Durable (ODD), notamment l'ODD 16 dédié à la paix, à la justice et à des institutions efficaces. Les représentants de l'instance internationale ont réaffirmé la disponibilité des Nations Unies à accompagner le Cameroun dans la mise en œuvre de politiques publiques inclusives. Selon les experts de l'ONU, l'implication directe des législateurs est indispensable pour pérenniser les mécanismes de médiation locale et garantir que le budget de l'État reflète les priorités sociales fondamentales. Au cours d'une table ronde particulièrement dense, parlementaires, experts internationaux et acteurs de terrain ont disséqué le rôle charnière que doit jouer l'élu dans la prévention des crises. Qu'il s'agisse de la gestion des conflits fonciers, des tensions intercommunautaires ou du sentiment de marginalisation au sein de certaines couches de la population, la diplomatie de proximité menée par les députés et sénateurs a été identifiée comme un levier de désamorçage majeur.


L’éducation comme rempart : le pari du Projet académique pour la paix

Convaincus que les guerres naissant dans l'esprit des hommes, c'est dans l'esprit des plus jeunes qu'il faut élever les défenses de la paix, les organisateurs ont réservé une place centrale à la dimension éducative. Le Père Kebei-Ghongson Afoukeze Peter, représentant la Fondation Itaka Escolapios, a livré un plaidoyer captivant sur la nécessité d'inculquer une culture de la non-violence dès le plus jeune âge. C'est dans ce cadre qu'a été officiellement présenté et lancé le Projet Académique pour la Paix, initié par les Pères Pieux (Escolapios) avec le parrainage stratégique de l'ONU et l'appui du Parlement. Développé sous le thème évocateur : « Construire la paix ensemble : de la commission à la communauté », ce projet ambitieux entend transformer le milieu scolaire en un sanctuaire de citoyenneté et de tolérance. Il s'agit concrètement d'intégrer dans les programmes d'enseignement et les activités parascolaires des modules axés sur la gestion pacifique des différends, la promotion des droits humains, le rejet du discours de haine et la lutte contre les violences de genre. En dotant la jeunesse de compétences psychosociales et de valeurs éthiques, cette initiative pédagogique vise à faire de chaque élève un ambassadeur de la paix au sein de sa famille et de sa communauté de vie.

 

Une feuille de route ambitieuse pour le Vivre-ensemble camerounais

Au terme de cette journée de mobilisation intense, une certitude s'impose : le Parlement entend dépasser le stade des déclarations d'intention. L'action coordonnée entre l'Assemblée Nationale et le Sénat marque le départ d'une offensive institutionnelle visant à réenchanter le modèle d'intégration nationale. En positionnant le dialogue politique, la lutte contre les discriminations de genre et l'éducation civique au cœur de l'agenda parlementaire, la représentation nationale réaffirme son rôle de bouclier républicain. Face aux défis du moment, l'investissement dans la paix n'est plus une option budgétaire ou politique parmi d'autres ; il s'impose comme l'unique condition de possibilité de la souveraineté, de la prospérité et du progrès partagé pour tous les fils et filles du Cameroun.

Delphine Nkengni N.

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