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La 223e session de la CADC signe une moisson record et redessine les lignes de la traque à la fraude

il y a 23 heures
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Dernière mise à jour : il y a 3 heures

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DOUANES CAMEROUNAISES

Sous la houlette rigoureuse de Fongod Edwin Nuvaga, le gendarme des frontières économiques a frappé un grand coup lors de la 223e session de la Commission d’Approbation des Dossiers Contentieux. Entre flambée spectaculaire des indicateurs, cartographie d’une contrebande inventive et injonctions fermes à l’excellence opérationnelle, immersion au cœur d’une machine douanière plus que jamais en ordre de bataille.


Il est des rendez-vous institutionnels dont la froideur apparente des chiffres cache, en réalité, le pouls vibrant de toute une économie nationale. Ce mardi 27 octobre 2026, dans l’alvéole studieuse de la salle de conférences de la Direction Générale des Douanes (DGD) à Yaoundé, l’atmosphère était à la fois grave et résolument triomphale. En présidant les délibérations de la 223e session de la Commission d’Approbation des Dossiers Contentieux (CADC), le Directeur Général des Douanes, Fongod Edwin Nuvaga, a administré une éclatante démonstration de force : le bouclier fiscal et douanier du Cameroun veille, serre les boulons et ne laisse plus passer grand-chose. À l’examen des tablettes, l’économie des travaux donne le vertige. Entre le 5 et le 27 octobre 2026, le Secrétariat Technique a eu fort à faire, enregistrant, épluchant et décortiquant pas moins de 492 dossiers contentieux. Une moisson monumentale qui, traduite dans l’implacable grammaire du Trésor public, a permis de générer la bagatelle de 521 347 132 FCFA au titre des droits compromis ou éludés, et un impressionnant matelas de 2 270 126 817 FCFA en amendes pures et simples. Si ces chiffres résonnent comme un couperet pour les fraudeurs invétérés, c’est surtout leur mise en perspective comparative qui force l’admiration. Face à la 10e session de référence tenue en 2025, la courbe s’envole de manière quasi insolente : +246.054.966 FCFA de droits éludés, soit une envolée de 89,4 % ; +955.126.817 FCFA d’amendes supplémentaires, matérialisant un bond qualitatif de 60,9 % ; 217 dossiers de plus passés au crible, actant une progression d’activité de 78,9 %. À l’épreuve des faits, la douane camerounaise ne se contente plus de gérer le flux des marchandises ; elle en ausculte les moindres aspérités avec une acuité redoutable.

 

La mue qualitative des unités douanières

Loin de se limiter aux seuls bureaux feutrés de la capitale, cette traque minutieuse s’appuie sur une partition subtilement orchestrée entre les services centraux et les démembrements territoriaux. Pour cette 223e session, la contribution des services centraux s’est révélée chirurgicale et hautement stratégique : ils pèsent à eux seuls 37,75 % des droits compromis ou éludés et captent 82,44 % du total des amendes prononcées, pour un volume de dossiers acheminé de l’ordre de 7,32 %. Mais que dire de la vitalité retrouvée des Secteurs des Douanes ? Huit bastions opérationnels ont activement pris part à cette partition : le Littoral I, le Littoral II, le Sud II, le Centre, l’Est, l’Extrême-Nord, le Nord et le Sud-Ouest. L’analyse longitudinale révèle d’ailleurs un indicateur des plus éloquents : le taux annuel de participation des Secteurs des Douanes ne cesse de grimper, s’établissant à 19,9 % en 2024, 22,1 % en 2025, pour culminer à 24,8 % en 2026. La décentralisation de la répression de la fraude n’est plus un vœu pieux, c’est une réalité tangible. Au panthéon des unités les plus productives en matière de droits compromis ou éludés, le tiercé de tête consacre l’efficacité des services centraux (196.812.083 FCFA), talonnés de très près par le bouillonnant Secteur des Douanes du Littoral I (138.422.122 FCFA) et le stratégique Secteur du Sud II (65.471.676 FCFA). En ce qui concerne les amendes, le podium reste figé dans le même ordre hiérarchique, emmené par les services centraux (1,87 milliard de FCFA), le Littoral I (196,7 millions de FCFA) et le Sud II (69,1 millions de FCFA). Enfin, sur le front de la volumétrie brute des affaires traitées, le Littoral I (153 affaires), le Littoral II (83 affaires) et le Nord (65 affaires) composent le peloton de tête d’une surveillance frontalière plus qu'alerte.

 

Derrière les chemises 70, les stratagèmes de la fraude

L’intérêt majeur de ces grand-messes de la CADC réside également dans la radiographie clinique qu’elles offrent des nouvelles mutations de la fraude douanière. L’exploitation minutieuse des fameuses « chemises 70 » permet de dresser le catalogue peu reluisant des infractions les plus prisées par les milieux interlopes. En volume d’affaires, c’est l’Importation en Contrebande (IEC) qui caracole en tête avec 101 cas recensés, immédiatement talonnée par la Fausse Déclaration dans la Valeur (FDV) avec 98 cas, et l’Inexécution des Engagements Souscrits dans les Acquits à Caution et Soumissions (IESAS) qui s’invite à la table des indélicatesses avec 63 cas. Toutefois, si l’on mesure le préjudice à l'aune des pertes financières brutes pour l’État, la hiérarchie se mue en un classement des coups tordus les plus onéreux : - La Fausse Déclaration dans la Valeur (FDV) s’impose comme la reine des infractions destructrices de recettes, avec 253.624.880 FCFA de droits éludés ; - L’Importation sans Déclaration (ISD) arrive en embuscade avec 83.841.208 FCFA ; - Le bénéfice indu d’une facilitation douanière complète ce podium peu glorieux à hauteur de 55.735.328 FCFA. Du côté des amendes record, la palme revient à la non-présentation des marchandises placées en entrepôt, une infraction titanesque qui assomme les contrevenants à hauteur d’un milliard de FCFA ! Elle est suivie de près par un redoutable concours d’infractions cumulées (combinant usage abusif additionnel exonératoire, FDV, non-rapatriement de recettes d’exportation, non-domiciliation bancaire et IESAS) évalué à 450 millions de FCFA, et des traditionnels errements de la Fausse Déclaration dans la Valeur (166,4 millions de FCFA).

 

L’injonction du Top Manager : Vers une douane d’anticipation

Au terme de ces assises fleuves, l’heure n’était point aux autoglorifications béates, mais bien au rappel des exigences cardinales. S’adressant à ses collaborateurs des services centraux comme des postes déconcentrés, le Directeur Général des Douanes n’a pas dévié d’un iota de sa doctrine d’efficacité : il s'agit d'optimiser en permanence la production contentieuse. Pour Fongod Edwin Nuvaga, cela passe par une équation simple mais impérative : le profilage rigoureux des risques douaniers, l'intensification implacable de la lutte contre la fraude et la contrebande, et une synergie d'action sans faille entre les unités organiques sédentaires et les missions spéciales déployées sur le terrain. L'objectif ultime demeure inchangé : faire mieux au quotidien pour sanctuariser l'espace économique national et garantir à l'État les ressources nécessaires à son développement. Le message est passé avec la force de l'évidence ; les lignes bougent, et les résultats, désormais érigés en norme, sont d'ores et déjà attendus au tournant de la prochaine session.

André Som N.

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