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La CDHC lève le flambeau de la non-violence face aux défis d'une nation en quête de paix et de développement

il y a 2 jours
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Dernière mise à jour : il y a 4 heures

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JOURNEE INTERNATIONALE DE LA NON-VIOLENCE

À l’occasion de la Journée internationale de la non-violence célébrée ce 2 octobre 2026, la Commission des Droits de l’homme du Cameroun (CDHC) a rendu publique une déclaration d'une importance capitale. Dans un paysage national marqué par des zones d'ombre sécuritaires et des tensions tenaces, l'organe de protection des libertés fondamentales s'appuie sur la pensée du Mahatma Gandhi, les préceptes de l'Agenda 2063 de l'Union Africaine et les textes sous-régionaux pour rappeler une vérité cardinale : sans non-violence, la quête du développement durable et de la justice sociale reste un vœu pieux. Décryptage d'une prise de parole à la fois docte, prospective et profondément ancrée dans les réalités camerounaises.

Manifestation post-électorales reprimées violemment par les Forces de Défense et de Sécurité
Manifestation post-électorales reprimées violemment par les Forces de Défense et de Sécurité

Il est des dates qui ne se contentent pas de traverser le calendrier, mais qui interpellent la conscience des peuples et des gouvernants. Ce 02 octobre 2026, alors que la communauté internationale célèbre la Journée internationale de la Non-Violence, la réponse camerounaise retentit à travers la voix de sa Commission des Droits de l’homme (CDHC). Le thème retenu par l’Organisation des Nations Unies (ONU) pour cette édition : « La non-violence comme moyen de promouvoir la paix et le développement » agit comme un miroir tendu aux réalités de notre époque. Une époque où le cri des armes cherche trop souvent à étouffer la voix du dialogue, et où les inégalités économiques menacent d'effriter le socle républicain. Pour la CDHC, la mémoire remonte aux sources de cet engagement mondial. L'institution rappelle la trajectoire emblématique de Mohandas Karamchand Gandhi, né un 2 octobre 1869 à Porbandar, en Inde, et dont la pensée stratégique s'est forgée dès 1893 sur le sol d'Afrique du Sud face aux hérésies de la discrimination raciale. C’est le 11 septembre 1906, à Johannesburg, que le Mahatma lançait le Satyagraha, cette « force de la vérité » fondée sur la résistance non violente pour contester les lois discriminatoires imposées aux populations asiatiques du Transvaal. Plus d'un siècle plus tard, l'héritage gandhien conserve toute son acuité et trouve un écho retentissant dans les analyses du Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, qui souligne la nécessité impérieuse de substituer la compréhension mutuelle et la dignité restaurée aux spirales stériles de la violence systémique.

 

Un ancrage juridique solide au cœur de la Charte Africaine

Loin d’être un simple concept philosophique ou un vœu pieux abandonné aux idéalistes, la non-violence s'inscrit au Cameroun et sur l'ensemble du continent dans un cadre normatif contraignant. La CDHC prend soin de souligner cet ancrage dans le droit positif, notamment à travers l’article 23 de la Charte africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (ChADHP), ratifiée par le Cameroun le 20 juin 1989. Ce texte consacre sans ambiguïté le droit inaliénable des peuples à la paix et à la sécurité, tant sur le plan national qu’international. Cette exigence juridique est confortée par la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (ChADEG), entrée en vigueur en 2012, dont les dispositions rejettent catégoriquement les changements anticonstitutionnels de gouvernement et imposent aux États membres d'instaurer un dialogue politique et social permanent. Pour illustrer la force exécutoire de ces principes, la Commission remémore la célèbre Communication n° 227/99 (RDC c. Burundi, Rwanda et Ouganda) tranchée par la Commission africaine en 2003 à Niamey, sanctionnant l'utilisation de territoires pour des activités subversives. De même, les Aspirations 3 et 4 de l'Agenda 2063 de l'Union Africaine réaffirment que l'Afrique de demain doit être édifiée sur la bonne gouvernance, l'État de droit et l'enracinement d'une culture de tolérance transmise dès le plus jeune âge.

Manifestation pacifique dans les régions anglophones du Cameroun pour appeler au cessez-le feu entre l'armée répunlicaine et les bandes armées térroristites
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Du discours de prestation de serment aux réalités du terrain

Dans le contexte camerounais de 2026, la promotion de la non-violence se matérialise par des initiatives concrètes saluées par la Commission. L'un des marqueurs forts de cette dynamique récente réside dans le lancement, le 28 septembre 2026 à Buea par le Premier Ministre, Chief Joseph Dion Ngute, du Dialogue communautaire pour la paix dans la Région du Sud-Ouest. Cet événement d'envergure, réunissant les forces vives des six départements de la région, traduit la mise en œuvre directe des engagements souscrits par le Chef de l’État, Paul Biya, lors de sa prestation de serment du 6 novembre 2025. L'objectif réaffiché est d'assurer la réinsertion communautaire des jeunes repentis après leur passage par le Programme de Désarmement, Démobilisation et Réintégration (DDR). Sur d'autres fronts, la réponse institutionnelle et sociétale s'organise avec l'appui des partenaires internationaux et des acteurs de la société civile : - Extrême-Nord (Méri) : Le déploiement par l'UNICEF de la plateforme inclusive U-Report depuis décembre 2025 permet de renforcer l'engagement civique et la culture de la paix chez les jeunes touchés par les conflits. - Adamaoua (Mbakaou) : L'implication directe de l'antenne régionale de la CDHC dans la formation des agentes de sensibilisation contre les féminicides en septembre 2026, garantissant des rapports sociaux libérés de la violence de genre. - Proximité et prévention : Les campagnes menées sur le terrain par des ONG d'impact telles que l'ARDHU (ayant touché 6 720 personnes dans 18 localités de l'Extrême-Nord pour prévenir les VBG et structurer l'alerte précoce) ou Civic Watch Cameroon à Tombel pour lutter contre les discours de haine et la désinformation.

Sécurité, gouvernance et prospective : le plaidoyer de la CDHC

Toutefois, la Commission ne cède à aucun triomphalisme béat. Le tableau sécuritaire reste sombre dans les localités de l'Extrême-Nord sous la menace résiduelle de la secte terroriste Boko Haram, tout comme dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sous la coupe de groupes sécessionnistes armés. Face à la persistance de ces climats de terreur et aux frictions intercommunautaires qui annihilent le développement local, la CDHC martèle une conviction inébranlable : le recours aux armes et à la terreur ne remplacera jamais les vertus cardinales du dialogue inclusif. Dans son rôle de boussole institutionnelle, la CDHC formule des recommandations précises issues des 220 engagements acceptés par le Cameroun lors de son 4e cycle de l'Examen Périodique Universel (EPU) en mars 2024 : - Poursuite du dialogue institutionnel en invitant les Services du Premier ministre, le MINAT et la CNPBM à intensifier la concertation pour restaurer une paix définitive dans les zones en crise. - Assainissement de la gouvernance financière en recommandant au MINEPAT, au MINFI et au MINDDEVEL une transparence absolue dans la gestion des fonds de reconstruction et de stabilisation, la corruption sapant directement les efforts de paix. - Services sociaux de base devrait garantir un accès équitable à l'éducation, à la santé et à l'eau potable pour les jeunes et les femmes afin d'assécher le terreau de la frustration sociale. - Valorisation des initiatives locales par les médias en exhorter le Conseil National de la Communication (CNC) et les médias à promouvoir les dynamiques endogènes de déradicalisation, à l'image des Alliances radio-communautaires pour la paix, portées par l'organisation Local Youth Corner (LOYOC) dans le Grand Nord. En replaçant la dignité humaine au centre des politiques publiques et de l'action citoyenne, la Déclaration du 2 octobre 2026 rappelle qu'au Cameroun comme ailleurs, la non-violence n'est pas une faiblesse, mais la condition première d'un avenir partagé et prospère.

Mathieu Nathanaël NJOG

Journaliste d'Investigation, Grand Reporter & Analyste Spécialisé et des Enjeux et Questions de Droits Humains

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