La Commission passe au scanner l'harmonie des statistiques industrielles pour une meilleure prise de décisions
- Mathieu Nathanaël Njog
- il y a 4 jours
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CONJONCTURE ECONOMIQUE REGIONALE
Du 10 au 14 août 2026, l’Hôtel Résidence La Falaise d’Akwa, à Douala, abrite un atelier régional consacré à l’Indice Harmonisé de la Production Industrielle (IHPI). Organisé par la Commission de la CEMAC avec l'appui d'AFRISTAT, ce rendez-vous rassemble une trentaine d'Experts des six États membres. L'objectif est clair : bâtir des statistiques industrielles comparables pour éclairer la décision publique et dynamiser l'intégration sous-régionale.

Il y a dans la statistique économique une poésie des chiffres que les profanes perçoivent rarement, mais dont dépend le destin des nations. Dans la sous-région Afrique centrale, le diagnostic des dynamiques industrielles a longtemps souffert de dissonances méthodologiques : des règles de calcul divergentes d'un État à l'autre, des répertoires d'entreprises inégaux et des délais de publication parfois affranchis des exigences de la conjoncture. Pour pallier ces fragilités, la Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC) franchit un cap technique crucial à Douala. Du 10 au 14 août 2026, la capitale économique camerounaise devient le laboratoire de la convergence statistique sous-régionale. Dans la salle des réunions de l’Hôtel Résidence La Falaise de Akwa, les experts de la Commission de la CEMAC, épaulés par l’Observatoire Economique et Statistique d'Afrique Subsaharienne (AFRISTAT), ont ouvert les travaux de l’Atelier régional de présentation des outils de travail pour l’harmonisation du dispositif de production et de publication de l’Indice Harmonisé de la Production Industrielle (IHPI). L’enjeu dépasse la simple technique comptable. Dans une zone monétaire en quête de diversification économique et de résilience face aux chocs extérieurs, mesurer avec précision ce que produisent les usines de Douala, Libreville, Bangui, N'Djamena, Malabo ou Brazzaville est un impératif de gouvernance.
Un outil de souveraineté économique
L’IHPI ne se contente pas d'enregistrer des volumes : il constitue le pouls conjoncturel de l'activité industrielle communautaire. Pendant cinq jours, une trentaine de cadres issus des Instituts Nationaux de Statistique (INS) des six pays membres, des institutions communautaires (BEAC, BDEAC, ISSEA) et d'AFRISTAT se penchent sur des documents d'orientation déterminants. Au cœur des débats : un guide méthodologique régional et un projet de règlement communautaire. Ces outils traduisent une volonté politique forte de moderniser les appareils statistiques nationaux tout en les alignant sur les standards internationaux des Nations Unies. Ce chantier de grande ampleur ne sort pas du néant. Il prolonge le travail d'orfèvre mené sur le terrain entre septembre et décembre 2025. Durant cette période, des missions conjointes AFRISTAT-CEMAC avaient sillonné l'ensemble des six pays pour passer au crible les dispositifs nationaux, évaluer les mécanismes de collecte et poser les jalons de feuilles de route individuelles. L'atelier de Douala permet ainsi de faire le bilan de ces travaux préparatoires, d'actualiser les chronogrammes nationaux et d'évaluer les moyens humains, matériels et financiers mobilisés.

L'exigence des normes internationales
Pour les techniciens réunis à Akwa, la feuille de route est dense. L'examen du guide méthodologique impose d'harmoniser les nomenclatures, d'adapter les techniques d'échantillonnage, de revoir le calcul des pondérations et de maîtriser les procédés complexes de désaisonnalisation. Il s'agit de garantir que la hausse ou la baisse de la production manufacturière mesurée au Tchad obéisse rigoureusement aux mêmes définitions et critères de qualité qu'au Gabon ou en Guinée Équatoriale. L’adoption programmée d’un règlement communautaire conférera à ces normes une force juridique contraignante dans tout l'espace CEMAC. Cette discipline partagée garantira une publication régulière et prévisible des indices, offrant aux investisseurs régionaux et internationaux une grille de lecture transparente de la conjoncture. En consolidant le socle des statistiques d'entreprises, la CEMAC améliore du même coup la qualité de ses comptes nationaux et affine ses mécanismes de surveillance multilatérale. Car on ne pilote pas une intégration régionale à l'aveugle : la décision publique gagne en efficacité lorsqu'elle s'appuie sur une donnée éprouvée. À Douala, en posant les pierres d'un Indice Harmonisé de la Production Industrielle (IHPI) crédible et rigoureux, les statisticiens d'Afrique centrale ne font pas seulement du chiffre ; ils tracent les contours d'une communauté plus transparente et mieux outillée face aux défis du développement.
Mathieu Nathanaël NJOG
Grand Reporter / Anaglyphe & Analyste spécialisé des questions économiques



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