Le Directeur Général renforce les capacités d’approvisionnement en eau potable à Bafoussam
- Mathieu Nathanaël Njog
- il y a 1 jour
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Dernière mise à jour : il y a 4 heures
CAMWATER
Face à la pression démographique galopante du chef-lieu de la région de l'Ouest et à la vétusté chronique des infrastructures de desserte, la CAMWATER déploie une offensive technique majeure à Bafoussam. Entre la remise en service stratégique du 4ᵉ groupe électropompe d’eau brute de Metchié 2, libérant un apport décisif de 3 400 m³ par jour et l’envoi d’une mission spéciale d’ingénieurs dépêchée par la Direction Générale, décryptage d’une opération commando qui tente de conjuguer urgence sociale, rigueur industrielle et pérennité du service public de l’eau.

Au-dessus des collines verdoyantes de la capitale régionale de l’Ouest, la question de l’eau n’est plus une simple ligne budgétaire ou un sujet de réunion ministérielle : elle conditionne désormais la paix sociale et l’activité économique d’une cité en pleine expansion urbanistique. Durant de longs mois, les robinets capricieux de Bafoussam ont scandé le quotidien des ménages, contraints de composer avec des alternances de débit, des baisses de pression sévères, ou le spectre tenace de la corvée d’eau aux premières heures de l’aube. C’est précisément pour briser cet engrenage de la rareté que la Cameroon Water Utilities Corporation (CAMWATER) a décidé de porter le fer au cœur même de son appareil de production : la station de Metchié 2. Dans cet ouvrage névralgique du réseau de captage et de traitement de l’eau brute, l’atmosphère des récents jours n’avait rien de la routine bureaucratique. Sous la conduite de la Délégation Régionale de l’Ouest (DRO) et sous l'impulsion directe du Top Management de l’entreprise, une course contre la montre s'est jouée dans les entrailles techniques du site. L'enjeu central ? Remettre en ligne le 4ᵉ Groupe Électropompe (GEP) d’eau brute, un monstre de technologie hydraulique dont l'arrêt prolongé pesait lourdement sur la capacité globale de production de la station.
L’épreuve du fer et de l’atelier : la renaissance d’un géant hydraulique
Pour prendre la mesure de cette intervention, il convient de dépasser l’annonce institutionnelle pour s'immerger dans la complexité de l'ingénierie mécanique et électrique impliquée. Un groupe électropompe de cette magnitude ne se répare pas d'un simple tour de clé anglaise. L’équipement hors service a dû faire l’objet d’une véritable cure de jouvence industrielle en atelier, menée par des spécialistes chevronnés. Les opérations, particulièrement méticuleuses, ont touché aux organes vitaux de la machine. Les ingénieurs et techniciens ont procédé à la reprise intégrale du bobinage du stator une opération d’orfèvrerie électromécanique exigeant une précision absolue pour garantir le champ magnétique et prévenir tout risque de court-circuit sous forte charge. À cela s'est ajouté l’usinage de l’arbre de transmission pour rectifier les déformations d'usure, ainsi que le remplacement systématique des roulements à billes de haute résistance et des garnitures mécaniques, étanches garanties contre les infiltrations sous haute pression.
Avant d’envisager le moindre transport vers Metchié 2, le groupe remis à neuf a été soumis à des bancs d’essai à vide d'une rigueur absolue. Une fois les seuils de vibration, de température et d'absorption électrique validés, la phase terrestre d'acheminement et de manutention a pu débuter. Sur le site de captage, l'intégration physique du GEP s'est doublée d'une réhabilitation lourde des armoires de commande et des circuits électriques adjacents, où chaque composant défectueux ou usé par l'humidité ambiante a été remplacé. Le climat technologique de cette opération s'est joué lors des essais fonctionnels en charge. Injecter de l'eau sous fort débit dans une machine fraîchement réhabilitée constitue toujours le moment de vérité pour les hydrauliciens. Les paramètres d'exploitation : pression de refoulement, intensité du courant, stabilité thermique et absence de cavitation, contrôlés en temps réel, ont donné entière satisfaction aux équipes de supervision, entérinant ainsi le retour officiel du composant au sein du dispositif de production.
3 400 m³ par jour : les mathématiques d’une oxygénation urbaine
Sur le plan comptable de la distribution publique, la remise en service de ce 4ᵉ groupe électropompe se traduit par un chiffre immédiatement perceptible : 3 400 mètres cubes d’eau brute supplémentaires injectés quotidiennement dans le circuit de potabilisation. Dans une métropole comme Bafoussam, où la demande globale croît proportionnellement à l’extension des quartiers périphériques et à la densification du tissu commercial, un tel volume représente un soulagement direct. « En matière d’hydraulique urbaine, chaque mètre cube gagné à la source est une bataille remportée contre la discontinuité du service au robinet du citoyen. » Ces 3 400 m³/jour ne constituent pas une simple donnée d'affichage ; ils permettent d'optimiser le taux de charge de l'usine de traitement de Metchié 2, assurant ainsi une régularité de flux vers les réservoirs de stockage situés sur les hauteurs de la ville. En augmentant la masse volumique disponible avant traitement, la CAMWATER parvient à relever la pression hydraulique globale dans les conduites maîtresses. Résultat : des zones autrefois situées en « bout de réseau » ou sur des reliefs topographiques défavorables peuvent de nouveau espérer un écoulement continu, mettant fin à la hantise des robinets muets aux heures de grande consommation.

L’esprit Commando de la Direction Générale
Mais au-delà du succès strictement matériel de Metchié 2, l’élément révélateur de cet épisode réside dans la méthode managériale déployée par la Direction Générale de l'entreprise publique. Conscient que la crise de l'eau à Bafoussam exigeait davantage qu'une réponse administrative usuelle, le Top Management de la CAMWATER a opté pour la projection directe d'une Mission Spéciale pluridisciplinaire sur le terrain. Cette Task Force d'ingénieurs hydrauliciens, d'électromécaniciens et de spécialistes de la qualité de l'eau est venue travailler en symbiose totale avec les équipes de la Délégation Régionale de l’Ouest. Cette approche intégrée illustre une volonté de briser les silos bureaucratiques qui engourdissent trop souvent les grandes entreprises de réseau. L'objectif était clair : établir un diagnostic sans complaisance des dysfonctionnements, arbitrer rapidement les choix techniques et engager immédiatement les ressources matérielles et financières requises. Sur le terrain, cette synergie d’expertises ne s’est pas limitée à la station de pompage. Elle s’inscrit dans un plan d’action d'urgence plus vaste englobant la recherche de fuites invisibles sur le réseau de distribution, l’élimination des pertes d’eau non comptabilisées, l'optimisation des dosages de réactifs de potabilisation et la vérification fine de la qualité physico-chimique et bactériologique du liquide précieux distribué aux usagers.
Proximité et pérennité : le nouveau contrat social de la CAMWATER
À Bafoussam, la grille de lecture du citoyen demeure pragmatique : l'eau coule-t-elle au robinet, est-elle propre, et le service est-il accessible ? C'est à ce triple impératif que s'attaque la nouvelle stratégie d'exploitation promue par le Top Management sous le triptyque « Proximité - Réactivité - Solutions Durables ». En remettant l'usager au centre de ses priorités opérationnelles, la Camwater cherche visiblement à refonder le pacte de confiance avec ses abonnés. Dans un contexte où l'urbanisation anarchique et les aléas climatiques pèsent lourdement sur la ressource hydrique brute, l'entretien préventif et la réhabilitation lourde des actifs industriels deviennent le seul rempart contre la dégradation du service public. L'intervention de Metchié 2 démontre qu'une maintenance rigoureuse et anticipée coûte infiniment moins cher à la collectivité qu'une gestion de crise subie au coup par coup. Toutefois, le défi de Bafoussam ne s'arrête pas au réarmement de Metchié 2. Il impose de poursuivre l'effort de fiabilisation sur l'ensemble de la chaîne de valeur : sécurisation des ressources en eau brute face aux pollutions de surface, renouvellement des conduites vétustes en fonte ou en PVC devenues cassantes, et lutte intransigeante contre les piquages clandestins qui spolient la collectivité des volumes produits à grand prix.
Vers un cap stratégique durable pour l’Ouest-Cameroun
En consolidant le potentiel industriel de Metchié 2, la CAMWATER ne se contente pas d'apporter une bouffée d'oxygène immédiate aux ménages de Bafoussam. Elle pose les pierres d'un modèle d'intervention plus agile, capable d'être dupliqué dans d'autres centres urbains du pays confrontés à des tensions similaires sur la desserte en eau. La leçon de Bafoussam est claire : la résilience du service public de l'eau au Cameroun repose sur le trépied de la compétence technique locale, de l'appui stratégique du Top Management et de la rigueur dans la maintenance des équipements stratégiques. Alors que les moteurs du 4ᵉ groupe électropompe tournent désormais à plein régime dans la station de Metchié 2, insufflant 3 400 m³ supplémentaires dans les veines de la ville, Bafoussam entrevoit la concrétisation d'une promesse essentielle : celle d'une eau potable accessible en quantité, irréprochable en qualité, et préservée pour les générations futures.
Delphine Nkengni N.



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