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Le pari de la modernisation fait face à l'épreuve du niveau d’exécution des chantiers en cours


 INFRASTRUCTURES DOUANIÈRES

Au terme d'une série d'inspections menées sur les sites de construction des futurs sièges sectoriels de Bamenda, Garoua et Kribi, le Directeur Général des Douanes, Fongod Edwin Nuvaga, a présidé ce 4 août 2026 à Yaoundé une réunion de restitution décisive avec l'ensemble des acteurs de la chaîne de commande publique. Entre impératifs d'efficacité budgétaire, contraintes climatiques et exigences de standing institutionnel, le patron de la douane camerounaise entend siffler la fin de la récréation. Objectif affiché : corriger les retards de livraison, purger les contentieux administratifs et techniques, puis garantir la réception définitive de ces vitrines de la souveraineté économique nationale avant le 31 décembre 2026.


L’atmosphère des grands jours régnait dans les états-majors de la Direction Générale des Douanes (DGD) à Yaoundé en ce début du mois d’août. Autour de la table, le gotha de la logistique administrative, les représentants des entreprises adjudicataires, les maîtres d’œuvre et les équipes de contrôle de chantier. Sur la table de travail, un dossier brûlant mais hautement stratégique : l’état d’avancement des travaux de construction des Immeubles-Sièges des Secteurs des Douanes du Nord-Ouest à Bamenda, du Sud II à Kribi et du Nord à Garoua. Pour Fongod Edwin Nuvaga, l’enjeu de cette séance d’évaluation ne relevait aucunement d’un exercice de routine bureaucratique. L'administration douanière camerounaise, engagée depuis plusieurs années dans un vaste programme de transformation structurelle et d'optimisation des recettes publiques, a fait de la modernisation de son patrimoine immobilier un levier cardinal. Il ne s'agit pas simplement de bâtir des murs, mais d'offrir aux agents de l'État un cadre de travail sécurisé, fonctionnel et digne des standards internationaux. Dès l’entame de cette réunion de restitution, le Directeur Général des Douanes a posé les jalons d’un dialogue sans complaisance. Tout en réaffirmant le caractère éminemment stratégique de ces projets pour le redéploiement opérationnel des troupes sur le terrain, le patron de la DGD a rappelé l'impératif catégorique du respect des délais contractuels. Face aux incertitudes conjoncturelles et aux lourdeurs parfois décriées dans la chaîne d'exécution, la haute hiérarchie a exigé un suivi d'une rigueur absolue, exigeant de chaque intervenant qu'il assume la plénitude de ses responsabilités contractuelles.

 

Bamenda : L'équation complexe des travaux complémentaires et de la trésorerie

Le dossier du siège du Secteur des Douanes du Nord-Ouest, à Bamenda, aura focalisé une attention particulière lors des débats. Prenant acte des lenteurs observées sur le site et ayant entraîné un glissement de calendrier, le DGD Edwin Fonfod Nuvaga a demandé des justifications claires. Pour sa défense, le prestataire en charge du projet a brossé un tableau technique nuancé. Sur le plan purement physique et financier, l'entreprise soutient que le taux d’exécution oscille désormais entre 90 % et 100 %. En clair, le marché de base initialement conclu est quasiment achevé et se trouve à la lisière d'une réception technique. Toutefois, la véritable contrainte, selon l'adjudicataire, réside dans l'exécution de travaux annexes et non planifiés à l'origine. Pour garantir la pérennité et la sécurité de l'ouvrage principal sur ce relief accidenté, la réalisation d’un imposant mur de soutènement ainsi que la construction d’un entrepôt logistique supplémentaire se sont imposées comme des urgences absolues. Ces ajustements architecturaux, bien que nécessaires pour l'opérationnalité du site, ont ponctionné une part importante des ressources financières disponibles. À cette contrainte s’ajoute la lancinante question du traitement des décomptes, dont le ralentissement pèse lourdement sur la trésorerie de l’entreprise et bride la cadence de finition. Interpellé également sur la présence de poussières et le manque d'éclat du chantier lors des récentes inspections, le prestataire a tenu à rassurer : ces résidus restent indissociables des ultimes retouches de second œuvre. Des dispositifs de protection des revêtements ont été déployés et un nettoyage systématique accompagne le déploiement des finitions.

Future siège du Secteur des Douanes du Nord à Garoua
Future siège du Secteur des Douanes du Nord à Garoua

Garoua et Kribi : Entre fin de chantier imminente et maîtrise de l'ingénierie

Si Bamenda requiert encore des réglages chirurgicaux, la situation se montre nettement plus sereine dans la région du Nord. À Garoua, la métamorphose architecturale du siège du Secteur des Douanes touche à sa fin. Les comptes rendus techniques présentés au Directeur Général des Douanes confirment que l’édifice est prêt. Le chantier est désormais entré dans sa phase d'attente administrative, préalable indispensable à la convocation de la commission de réception et à la remise officielle des clés pour mise en service. À Kribi, plateforme économique montante de la sous-région au cœur du Secteur Sud II, la problématique était avant tout d'ordre environnemental et technique. Soumis à un climat tropical particulièrement agressif marqué par d'abondantes précipitations, l’immeuble de la Douane devait apporter des garanties absolues face aux risques d'infiltration et d'humidité. Les responsables de la maîtrise d’œuvre ont exposé avec détail les solutions d'ingénierie lourde déployées sur le terrain : injection d'un béton hydrofugé à haute densité dans les structures porteuses et application d'un système complexe d’étanchéité multicouche sur l'ensemble des toitures-terrasses et surfaces exposées. Les derniers audits techniques, menés au sortir des séries de fortes pluies enregistrées ces dernières semaines dans la cité balnéaire, sont sans appel : aucune trace de fuite ni d'humidité n'a été détectée. Une démonstration d'efficacité qui atteste de la stricte conformité des travaux aux cahiers des charges.

 

Chantier du siège du secteur des douanes Sude II de Kribi

Feuilles de route et impératifs : Le calendrier serré de la DGD pour 2026

Face à ces diagnostics contrastés mais globalement encourageants, Fongod Edwin Nuvaga a fixé un cap ferme. Soucieux de ne pas laisser s'installer la routine, le Directeur Général des Douanes a immédiatement décliné une batterie de prescriptions fermes et d'instructions opérationnelles. La Feuille de route stratégique fixée par la Direction Générale comprend : - Maintien des inspections : Pérennisations strictes des missions hebdomadaires de suivi et de contrôle technique sur l'ensemble des sites. - Optimisation climatique : Démarrage sans délai des travaux de nivellement des espaces extérieurs afin d'exploiter la saison des pluies pour garantir un compactage naturel des sols. Concertation élargie : Convocation imminente d’une session extraordinaire regroupant entreprises, maîtres d’œuvre, délégués départementaux et représentants du Ministère des Finances. Rigueur contractuelle : Intensification des cadences de travail et renforcement de la surveillance administrative pour bloquer toute dérive budgétaire. Pour le patron de la DGD, l'exploitation intelligente des contraintes météorologiques actuelles constitue une opportunité : le nivellement immédiat des abords extérieurs permettra un tassement naturel et durable des sols avant le coulage des bétons de propreté et la pose du bitume. Par ailleurs, la grande concertation annoncée avec les équipes du Ministère des Finances vise à lever définitivement les goulots d’étranglement budgétaires et administratifs qui entravent la fluidité des paiements. En clôturant cette importante session de travail à Yaoundé, Fongod Edwin Nuvaga a lancé un appel vibrant à la responsabilité collective. La modernisation du réseau douanier ne saurait s'accommoder de retards injustifiés ni de compromis sur la qualité des ouvrages. L'engagement est pris devant l'État et la nation : l'ensemble de ces fleurons architecturaux devra être officiellement livré, réceptionné et opérationnel avant le 31 décembre 2026. La balle est désormais dans le camp des prestataires et des contrôleurs de terrain.

Mathieu Nathanaël NJOG

Gran reporter / Analyste spécialisé des questions douanières et économiques

Article à lire aussi sur :

SITUATION COMPARATIVE DES CHANTIERS DGD (AOÛT 2026)               

SECTEUR          

ÉTAT D'AVANCEMENT               

ENJEUX PRIORITAIRES       

Nord-Ouest 

(Bamenda)               

90 % - 100 % (Marché de base)     & Travaux annexes en cours        

Règlement des décomptes

mur de soutènement        

Nord   (Garoua)         

Quasiment achevé   

Attente de mise en service                    

Organisation de la  réception administrative         

Sud II   (Kribi)          

Maîtrisé   

Étanchéité multicouche validée  

Validation de la conformité des sols & finitions      

 
 
 

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