Le rapport 2026 souligne la nécessité de structuration des économies des pays en Afrique Subsaharienne
- Mathieu Nathanael NJOG

- il y a 22 heures
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ECONOMIE AFRICAINE
Le nouveau rapport sur l’«État des lieux de l’économie africaine » que vient de publier la Banque mondiale avec certaines collaborations relève ce qui a été les points forts et les points faibles au cours de l’année 2025 pour se projeter sur les perspectives 2026.

Après plusieurs chocs mondiaux successifs, la reprise économique s’essouffle. Pour preuve, les prévisions de croissance pour 2026 ont été revues à la baisse par rapport à celles publiées en octobre 2025. Les pays de cette région sont tributaires des conséquences géopolitiques du conflit au Moyen-Orient, le poids élevé du service de la dette ainsi que des faiblesses structurelles persistantes pèsent sur les perspectives de croissance et limitent la création d’emplois. Dans ce contexte, le rapport sur l’économie africaine que la Banque Mondiale et certaines collaborations ont publié en avril 2026 souligne que le défi de la croissance en Afrique est avant tout structurel, comme en attestent la faiblesse des investissements, le faible niveau de productivité et une création d’emplois insuffisante. Comme solution, il préconise une approche pragmatique, fondée sur un écosystème, qui vise à aligner les instruments de politique publique sur les capacités des pays afin de stimuler les gains de productivité et favoriser une transformation structurelle durable. Ces dernières années, les pays du Golfe se sont imposés comme des investisseurs majeurs en Afrique, leurs engagements en matière d’investissements directs étrangers dans de nouveaux projets en Afrique subsaharienne ayant dépassé les 100 milliards de dollars (environ 50 000 milliards de FCFA) pour la seule période 2022-2023.
En revanche, si la crise qui est en cours persiste, elle risque de freiner cette dynamique, à mesure que les fonds souverains réévaluent leurs expositions et leurs priorités d’investissement. Ce qui pourrait retarder la mise en œuvre de grands projets dans les secteurs de l’énergie (notamment l’hydrogène, le solaire et l’éolien), des infrastructures (ports, entrepôts et centres de données), de la logistique, des mines et de l’agriculture. En outre, le conflit a également accru les risques pesant sur les flux d’envois de fonds, qui constituent une bouée de sauvetage essentielle pour de nombreux ménages africains. Ce qui pourrait entrainer dans les pays tributaire la baisse de la demande de main-d’œuvre, le ralentissement des embauches et l’augmentation des rapatriements affectent des secteurs tels que l’hôtellerie et la construction. Pis encore, le conflit au Moyen-Orient entraîne une double crise énergétique et alimentaire pour les pays africains, à un moment où les gouvernements sont déjà confrontés à des obligations croissantes liées au service de la dette, ce qui limite leur capacité à faire face à la crise ou à financer leurs priorités en matière de développement. Parallèlement, la baisse des financements extérieurs — en particulier la réduction de l’aide au développement — accentue ces pressions, notamment pour les pays à faible revenu.

Des risques de chocs géopolitiques de plus en plus importants
Ces défis s’inscrivent dans un contexte mondial d’incertitude politique accrue, d’intensification des tensions commerciales et de risque de resserrement soudain des conditions financières internationales, notamment sous la forme d’une hausse des primes de risque. Il se trouve que conjugués, ces chocs externes pourraient affaiblir les exportations et restreindre davantage l’accès au financement. Les approvisionnements de carburants aussi vont en pâtir. Et les prix de l’énergie vont varier en fonction Les mesures prises par les gouvernements en fonction de leur marge de manœuvre budgétaire et de leur dépendance aux importations. Or, les subventions non ciblées aux carburants étant régressives et difficiles à supprimer, une réponse plus efficace consiste à renforcer la protection sociale ciblée et temporaire, en réorientant les ressources allouées aux subventions vers le renforcement de la préparation aux chocs et de la capacité d’intervention, tout en mettant en place un soutien rapide et évolutif — notamment des mesures à court terme visant à améliorer l’accès à l’emploi, en particulier dans les chaînes de valeur agricoles rurales. Le ralentissement accentué de l’inflation en Afrique se heurte à des risques de chocs géopolitiques de plus en plus importants.
Ce ralentissement accentue l’inflation en Afrique et se heurte à des risques de chocs géopolitiques de plus en plus importants. Surtout qu’avant le conflit, l’inflation était en recul dans un nombre croissant de pays d’Afrique subsaharienne, même si le rythme de cette désinflation variait considérablement d’un pays à l’autre. Par exemple, le taux d’inflation médian dans la région est passé de 4,4 % en 2024 à 3,7% en 2025. Il devrait toutefois remonter à 4,8 % en 2026 — principalement sous l’effet des répercussions escomptées du conflit au Moyen-Orient — avant de redescendre à environ 3,8 % au cours de la période de prévision 2027-2028. Ainsi, en 2025, près de 70 % des économies de la région (33 sur 47) ont connu un ralentissement de l’inflation. Cette période de désinflation s’explique par le recul des prix mondiaux des carburants et des denrées alimentaires, l’amélioration des balances extérieures, l’appréciation et la stabilisation des monnaies, ainsi que par le resserrement des politiques monétaires. Toutefois, des risques à la hausse pèsent toujours sur l’inflation : l’incertitude mondiale, l’appréciation du dollar en raison du conflit au Moyen-Orient et les dérapages budgétaires nationaux pourraient raviver les pressions inflationnistes et ralentir, voire inverser, le processus de normalisation de la politique monétaire.
Mathieu Nathanaêl NJOG



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