Le rapport sur l’économie souligne la résilience encore limitée des économies de l’Afrique Subsaharienne
- Mathieu Nathanael NJOG

- il y a 22 heures
- 2 min de lecture
ENDETTEMENT
Dans son nouveau rapport, la Banque Mondiale note que les vulnérabilités liées à l’endettement restent à des niveaux historiquement élevés, reflétant davantage un endiguement qu’une résolution des tensions apparues pendant la pandémie de COVID-19 et du cycle de resserrement de la politique monétaire mondiale qui a suivi. Globalement, cela se caractérise par le fait que l’assainissement budgétaire progresse, mais le poids de la dette et les pressions liées à son service restent élevés.

À la fin de 2025, près de la moitié des pays de la région (25 sur 48) étaient classés comme présentant un risque élevé de surendettement ou déjà en situation de surendettement — dont 22 pays sur les 25 à faible revenu et à revenu intermédiaire de la tranche inférieure. Ce constat souligne la résilience encore limitée des économies les plus pauvres de la région. A cet effet, le rapport indique que les déficits budgétaires primaires en Afrique subsaharienne devraient être proches de l’équilibre sur la période de 2026-2028, après une amélioration progressive depuis 2021. Les gouvernements poursuivent leurs efforts pour mieux aligner les recettes sur les dépenses primaires. Le déficit primaire régional est passé d’un pic de 3,2 % du produit intérieur brut (PIB) en 2020 à une prévision de 0,7 % du PIB en 2025, l’équilibre budgétaire étant attendu en 2026. Entre 2024 et 2026, le solde primaire devrait s’améliorer dans 30 des 47 pays de la région. Malgré ces progrès, le déficit global reste élevé en raison du niveau toujours élevé des paiements nets d’intérêts sur la dette publique. Dans quatre pays africains sur cinq, le montant croissant des paiements d’intérêts dépasse les dépenses publiques consacrées à la santé ou à l’éducation. Le déficit budgétaire devrait passer de 5,6 % en 2020 à 3,5 % en 2026, puis se réduire encore à 3,1 % en 2027-2028. Les paiements d’intérêts sur la dette publique devraient osciller entre 2,9 % et 3,2 % du PIB au cours de la période 2023–2026.
Corollaire d’un endettement de plus en plus maitrisé. Car, les ratios d’endettement public en Afrique subsaharienne commencent à se stabiliser après une décennie d’accumulation rapide, mais les vulnérabilités restent prononcées. Car, la région est actuellement confrontée à un contexte marqué par la gestion d’encours de dette élevés, une baisse des décaissements, un resserrement des conditions de financement, des pressions accrues liées aux remboursements et un risque renforcé de chocs externes. Les pressions liées au service de la dette extérieure s’intensifient malgré la stabilisation des encours. Le ratio du service de la dette publique extérieure par rapport aux recettes devrait augmenter, passant de 15,4 % en 2024 à environ 18,2 % en 2025. La région est confrontée à une forte augmentation des amortissements : les remboursements de principal sont passés de 37 milliards de dollars en 2024 à 59,2 milliards de dollars en 2025 sous l’effet des échéances de prêts bancaires commerciaux, de la hausse des remboursements d’obligations et de la reprise des paiements dans le cadre des restructurations. Ces remboursements devraient se stabiliser à un niveau élevé, soit entre 47 et 50 milliards de dollars par an, au cours de la période 2026-2028.
Mathieu Nathanaël NJOG



.jpeg)
Commentaires