Le spectre du chaos désamorcé au Ministère des Transports un dimanche, à la veille...
- Mathieu Nathanaël Njog
- il y a 20 heures
- 3 min de lecture
GREVE DES TRANSPORTS
À la suite d’un préavis de grève illimitée qui menaçait de paralyser l’économie nationale dès ce 24 août 2026, une réunion de concertation de haut niveau présidée par le Ministre des Transports le dimanche 23 août 2026 dans ses ervices a débouché sur des concessions majeures du gouvernement. Au terme d’un marathon négociateur au cours duquel treize résolutions ont été arrêtées pour répondre aux tracasseries, aux pesages abusifs et à la dégradation du réseau routier, les syndicats ont consenti à lever leur mot d’ordre.

On a frôlé le krach logistique de plein fouet. À quelques heures seulement de l’échéance du 24 août 2026, la capitale politique camerounaise a servi de théâtre à un redoutable exercice de démêlage de crise. Une réunion de concertation de la dernière chance s'est ouverte le 23 août dès 13 heures dans la grande salle de conférences du Ministère des Transports. À la clé, une menace en forme de couperet : la paralysie totale du sous-secteur des transports routiers de marchandises, brandie par la plateforme des organisations socioprofessionnelles. Un remake particulièrement redouté des perturbations massives observées au lendemain du scrutin présidentiel d’octobre 2025. Pour éteindre le départ d'incendie, le Premier ministre a dépêché une artillerie gouvernementale lourde autour du Ministre des Transports, Jean-Ernest Masséna Ngallè Bibehe. Étaient installés à la table des négociations le Ministre du Travail et de la Sécurité Sociale, Grégoire Owona, le Ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, Le Ministre délégué auprès du Ministère des Transports (MINT),Zakairou Njoya et le Secrétaire d’État auprès du Ministre des Travaux Publics chargé des Routes Armand Ndjodom. Face à eux, des syndicalistes déterminés, appuyés par la présence des représentants des Ministères des Finances, des Forêts et de la Faune, de la DGSN, de la Gendarmerie Nationale, du CNCC et du BGFT.
Le temps des concessions
Au terme de discussions serrées, le Gouvernement a dû lâcher du lest sur quasi tous les fronts. Sur le dossier brûlant du décret de 2022 régissant le transport de marchandises pour compte propre, les autorités ont tranché pour la suspension immédiate de la délivrance de la licence S6. La patate chaude est désormais renvoyée à la Primature, avec la proposition de création d’un Comité Interministériel de Relecture. Une trajectoire similaire a été retenue pour apaiser les récriminations suscitées par la réforme du Conseil National des Chargeurs du Cameroun (CNCC) actée en juillet 2025. Sur le bitume, le Gouvernement s'est engagé à un serrage de vis drastique contre les tracasseries administratives et policières. Désormais, les contrôles routiers des marchandises en transit seront strictement cantonnés aux sept check-points conventionnels des corridors Douala-Ndjamena (4) et Douala-Bangui (3). Fin de partie également pour les équipes de prévention routière du Ministère des Transports, formellement interdites de percevoir la moindre amende forfaitaire sur la voie publique. Parallèlement, une note de clarification sur le contrôle des plateaux et ridelles doit être publiée sans délai, tandis que les autorités administratives du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ont été saisies pour stopper les exactions subies par les camionneurs.

Évolutions sur les corridors pétroliers et portuaires
Le volet marchand et douanier a lui aussi connu une accélération marquée. Transmis sous 24 heures aux services du Premier ministre, le décret d’extension de la Convention Collective Nationale des Transports Routiers devrait prochainement voir le jour. Dans la foulée, le Ministre du Commerce a ordonné à la SCDP d'appliquer sous 24 heures l'Arrêté de février 2024 régissant les opérations dans les dépôts pétroliers, complété par l'arrêt pur et simple de la pesée des camions-citernes dans les stations de pesage. L’infrastructure n’a pas été oubliée dans ce Grand Accord de Yaoundé. Entre la suspension des pèses-essieux mobiles sur l’axe routier Édéa-Kribi, l’exclusivité du contrôle de gabarit réservée aux stations fixes multifonctions, et la promesse d'expédier à la Primature sous 24 heures la cartographie des points noirs du réseau routier pour réhabilitation urgente, les transporteurs ont obtenu des garanties concrètes.
Suspension du mot d'ordre
Devant la portée de ces engagements paraphés par les Ministres Jean-Ernest Devant la portée de ces engagements paraphés par les Ministres Jean-Ernest Masséna Ngallè Bibehe, Grégoire Owona et les figures syndicales telles que Pierre Sime (SNTRC), Pierre Nyemeck Ntamack (CGSTC) et Ahmadou Bassiro (SNCRC), Mbah Abdoul Aziz (SYNATROCAM), Oumarou Sahabo (SCTRC), Jean Louis Mevoungou (SYNTRAPTCAM), Sibafey Bougeka (SYNACOPHYCAM) et Hervé Martiam Ngakam (SNCP-PLC), la plateforme syndicale a acté la levée immédiate du mot d'ordre de grève. Les volants ne seront pas bloqués ce 24 août. Mais au-delà de la signature du communiqué conjoint, les usagers de la route et les acteurs économiques attendent désormais de voir si la méthode forte des comités interministériels saura durablement assainir les corridors nationaux.
Mathieu Nathanaël NJOG
Grand Reporter / Anaglyphe & Analyste spécialisé des questions économiques



.jpeg)
Commentaires