Pour un engagement en faveur de la transparence de l'action climatique des 11 pays membres
- Mathieu Nathanael NJOG

- 22 avr.
- 4 min de lecture
CEEAC CLIMAT
Le Hub Régional pour la Transparence de l'Action Climatique est en train d’organiser du 23 au 25 avril 2026 à Douala un atelier de renforcement des capacités des experts régionaux pour l'opérationnalisation et le financement des CDN 3.0 des pays membres de la Communauté Economique des Etats d’Afrique Centrale

A l’entame du 3è cycle, la dynamique d’actualisation des CDN 2.0 vers les CDN 3.0 présente une situation contraste. Des onze pays de la Communauté Economique des Etats d’Afrique Centrale (CEEAC), la moitié ont soumis leurs CDN 3.0 au Secrétariat de la CCNUC, il s’agit de : Angola, Burundi, Congo, Gabon, RCA, Rwanda, et Sao Tomé et Principe. Tandis que d’autres se trouvent à l’étape des validations techniques et/ou politique à l’instar du Cameroun. Enfin, certains pays sont encore dans les phases intermédiaires du processus de révision de leur CDN 3.0, c’est le cas de la RDC, Tchad et Guinée-Equatoriale. C’est que va révéler un test effectué à l’entame du premier module présenté par Dr Serge Okalla. Une progression hétérogène au sein des pays membres de la CEEAC qui reflète les difficultés multidimensionnelles (économique, politique et environnementale) auxquelles ils sont confrontés. Autrement dit, l’évaluation de la mise en œuvre des CDN 2.0 avait mis en évidence plusieurs défis systématiques. Ceux-ci concernent notamment l’opérationnalisation desdites CDN, la définition d’indicateurs de suivi détaillés, ainsi que la mobilisation des financements nécessaires pour leur mise en œuvre et permettre in fine un suivi efficace et un rapportage conséquent. C’est dans ce contexte que la Commission CEEAC, à travers le Hub Régional pour la Transparence de l’Action Climatique (HuRTAC) avec l’appui des partenaires techniques et financiers notamment de l’Initiative pour la Transparence de l’Action Climatique (ICAT) est organise depuis le 23 avril 2026 un atelier de trois jours sur l'opérationnalisation et le financement des CDN 3.0 des pays membres.
Une quarantaine de participants parmi lesquels les acteurs institutionnels de haut niveau, des points focaux des mécanismes de financement (FVC, FEW, CAFI, Fonds d’adaptation,…) des Ministères des Finances, des Ministères de la Planification, et des Ministères sectoriels ainsi que les techniciens et experts impliqués dans l’opérationnalisation et le suivi des Contributions Déterminés au niveau National (CDN) y prennent part afin que dans un esprit de partage d’expériences et de renforcement des capacités. « Vos contributions et vos retours d’expérience seront essentiels pour enrichir les discussions et formuler des recommandations concrètes et adaptées aux réalités de notre région… afin que cet atelier produise des résultats à la hauteur des attentes de nos Etats et de nos partenaires », a déclaré Gervais Ludovic Itsoua Madzoua, Coordonnateur de l’HuRTAC en Afrique centrale. Et pour cause, l’Afrique Centrale qui abrite des écosystèmes essentiels, notamment le Bassin du Congo, deuxième massif forestier tropical de la planète occupe une place stratégique dans l’équilibre climatique mondial. Pourtant, malgré cette contribution majeure à la régulation du climat mondial, les pays de la CEEAC demeurent parmi les plus vulnérables aux effets du changement climatique. Avec notamment des pressions accrues sur les ressources naturelles, l’insécurité alimentaire, les risques sanitaires, la vulnérabilité des infrastructures, la fragilisation des moyens de subsistances des populations, les inondations, et le glissement des terrains.

Enormes opportunités et obligation de transparence
Pour le Chef du Département de l’Environnement, Ressources Naturelles, Agriculture et Développement Rural (CERNADR) de la Commission CEEAC, représenté par Remy Mukongo Shanbantu, son Chef du Cabinet, il est clair que : « Face à ses défis, l’inaction n’est plus une option… aujourd’hui [où] nous entrons dans une phase décisive. Celle des CDN 3.0 ». Et d’ajouter : « Une phase qui ne doit plus se limiter à l’énoncer d’ambitions, mais qui doit impérativement se traduire par des actions concrètes, mesurables suivies et financées ». Surtout que dans un contexte international marqué par les engagements récents pris lors de la COP30, notamment, celui de tripler les financements dédiés à l’adaptation climatique d’ici 2035, l’Afrique centrale ne peut pas rester en marge de ces opportunités. Ce d’autant plus que l’Appel de Belém pour les Forêts du Bassin du Congo a déjà mobilisé 2,5 milliards de dollars (environ 1 250 milliards de FCFA) pour appuyer jusqu’en 2030 un modèle de résilience climatique et de durabilité qui s’aligne avec la mise en œuvre des CDN. Mais aussi, il y a le lancement en décembre 2025 de la Pan-African Finance Minister Forum For Climate Action (PAFMFCA) qui vise à mobiliser au moins 1,3 milliard de dollars (environ 650 milliards de FCFA) par an d’ici 2035 pour l’action climatique et le développement de « plateforme nationale » qui aura la capacité d’aligner diverses sources de financement derrière les priorités climatiques nationales,… A cet effet, la Commission CEEAC se dit pleinement engagée à accompagner ses Etats membres dans cette transition vers une action climatique plus efficace, plus transparente et plus financée.
Ce qui nécessite au niveau national un engagement à la fois des Ministères sectoriels, des Ministères des Finances, des Ministères de la Planification et la Banque Centrale pour démontrer que les CDN 3.0 sont : - techniquement solide, institutionnellement portées, financièrement structurées, et alignées sur les priorités nationales et régionale de développement. « C’est tout le sens du présent atelier : passer des engagements aux investissements, et de l’ambition climatique à l’action concrète », a souligné Remy Mukongo Shanbantu, son Chef du Cabinet, du CERNADR de la Commission CEEAC. Pour y parvenir, l’ICAT prône la transparence dans l’action climatique. Parce qu’elle est un moteur puissant qui éclaire dans la prise de décision et facilite l'adoption des politiques et des mesures à fort impact. En cela, elle constitue un outil d'appui pour dialoguer avec les parties prenantes, démontrer les bénéfices des politiques climatiques et mettre en évidence les opportunités pour les pays concernés, notamment celles liées à la mobilisation des financements climatiques pour faire avancer la mise en œuvre de ces changements et moderniser les secteurs économiques. Pour le Directeur de l’Initiative pour la Transparence de l’Action Climatique (ICAT), Dr Henning : « La transparence en matière de financement climatique est indispensable pour gérer efficacement les ressources financières de toute provenance à l'échelle nationale. Elle peut donc devenir un levier stratégique pour structurer une action nationale cohérente et progresser simultanément vers les objectifs de développement et les objectifs climatiques ». Et de conclure : « Cette transparence aide à transformer l'information en décision et les décisions en résultats ».
Mathieu Nathanaël NJOG



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